CONFÉDÉRATION DU RHIN
Renningson , où il périt plus de trente mille hommes , ne fut (|u*uii massacre inutile sur la neige; puis les deux armées, lasses de carnage , se reposèrent tristement. Mais on voyait que Napoléon aussi pouvait être battu, et qu*une seule défaite suffirait pour entraîner sa ruine.
L'empereur, qui s*était enfoncé à cinq cents lieues de sa capitale, demanda de nouvelles levées. Pour assurer ses communications, il (it attaquer Dantzick par le maiéclial Lefebvre, qu*il créa duc , quoiqu'il fût de la plus basse naissance et dépourvu de toute éducation.
La bataille d'Heilsberg resta aussi sans résultat ; mais quatre jours après, les Russes furent battus à Friedland ( 10 juin 1807], à grand renfort d'artillerie, avec une prodigieuse effusion de sang. Le général Victor, qui eut Thonneur de la journée , fut promu à la dignité de maréchal ; mais plus de trente nndlle blessés gémissaient dans les hôpitaux , et Napoléon , comprenant qu*il n'avait plus affaire à des Autrichiens et à des Prussiens, se décida à entrer en arrangements. Napoléon et Alexandre, Tun âgé de trente-huit ans, l'autre de vingt-neuf, comblés de puissance , et faits pour s'estimer mutuellement parce que tous deux régnaient despotiquement, eurent une conférence à Tilsitt (23 juin). Les deux empereurs y remanièrent le monde à leur gré. Napoléon ne s'inquiéta point de la Porte , qu'il avait mise en avant, et laissa Alexandre se consolider dans la Moldavie et la Yalachie. £n échange, le czar sacriGa la Suède, qui lui était restée fidèle , et laissa Napoléon disposer de la Poméranie suédoise , à la condition qu'il ne s'opposerait pas à la conquête de la Finlande par la Russie. Alexandre domina ainsi sur la mer Noire, la Baltique et le Danube ; acquisitions réelles, en retour desquelles il reconnut les titres de Napoléon et ceux des autres princes ses satellites; il entra dans tous les projets du conquérant sur la formation d'un grand empire d'Occident, tandis que l'Orient serait abandonné à Alexandre, et que l'Allemagne demeurerait comme vassale entre eux deux.
Le roi de Prusse s'humilia devant son vainqueur ; son héroïque épouse aussi tenta de le fléchir. Napoléon se complut