‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notesChapitre 108 sur 159 · QUATHIÈME COALITION. — ROYAUME DE NAPLES · texte numérisé non relu

QUATHIÈME COALITION. — ROYAUME DE NAPLES

dans ce triomphe de son orgueil , ce qui fit dire au priuce de Hardenberg : // est implacable vis-à-vis de Cin for tune ; il ne saura pas supporter le malheur avec dignité.

Après avoir tenu quelque temps les suppliants dans Tincertitude , Napoléon déclara qu'il rendait au roi de Prusse la moitié de ses États , mais seulement en considération d'Alexandre ; comme ai la nation et le roi avaient cessé d'exister, et que la propriété légitime fût inhérente à la conquête.

La Prusse perdit donc tout ce qui se trouve entre le Rhin et TElbe avec toute la partie polonaise, indépendamment de lourdes contributions et de l'obligation de fermer ses ports aux Anglais. Napoléon était bien le maître d'imposer à Alexandre la réintégration de la Pologne, et de la négocier avec l'Autriche, qui aurait gagné à l'échange de la Gallicie* contre la Silésie; mais il se contenta du territoire dont se composait la Pologne en 1772; il en forma le duché de Varsovie, qui fut donné héréditairement au roi de Saxe et aux sieps. Un statut, rédigé par une commission de Polonais, décida jqu'il y aurait un sénat composé de six évéques, de six palatins et de six châtelains; une chambre où siégeraient soixante nonces nommés par les diétines des nobles , et quarante membres élus par les villes : ce qui laissait dominer l'aristocratie. Le servage fut aboli , Tégalité des droits proclamée, et les personnes mises sous la protection des tribunaux.

Napoléon tira .aussi de ce démembrement de la Prusse et des autres pays germaniques le royaume de Westphalie , qu'il érigea pour son frère Jérôme. Le servage et les privilèges y furent abolis ; on y conserva pourtant la noblesse , mais sans attribuer aucun droit particulier aux titres ou aux dignités. Les états furent admis au vote de l'impôt; le nouveau royaume reçut, comme d'usage, le code ainsi que le système administratif français.

Ainsi tous les États intermédiaires furent sacrifiés aux deux grandes puissances qui s'étaient attribué l'une le nord , l'autre le midi : mais Alexandre s'agrandira par Tacquisition de la Finlande; Napoléon devra sa chute à la guerre d'Kspagnc, et à son dissentiment avec Alexandre sur le partage de

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reinpire ottoman, dont il fut alors question pour la première fois ■ .

* H Dans cet aveugle panégyrique de Napoléon et de la force, qoe publie M. Tlilere sous le \x\Tt à* Histoire du Consulat et de VBmfiret on lit : <( Dans renlvrement produit par la prodigieuse campagne de •I 1805, changer arbitrairement la face de PEurope, et, au liendese •1 Imrner à modifier le passé (ce qui est le plus grieind triomphe accordé • à la main de Tliomme), vouloir le détruire ; au lieu de OMitlnuer à notre •c profit la vieille rivalité de la Prusse et de rAutriche par des avantign •« accordés à Tune sur Tautre , arracher le sceptre germanique à FAu- M triche, sans le donner à la Prusse; convertir leur antagonisme eanoe '( haine commune contre la France ; créer sous le titre de confédératioi n du Rhin une prétendue Allemagne française, composée de prÎBCft « allemands peu reconnaissants de nos bienfaits; et, après avoir renchi, « par cet injuste déplacement de la lunite du Rhin , la guerre avec h M Pnisse inévitable , guerre aussi imiK>Iitique que glorieuse , se \ùm «1 entraîner, par le torrent de la victoire, jusqu'aux bords de la Tii- •( tule; arrivé là, essayer la restauration de la Pologne, en ayant» K SCS derrières la Prusse vaincue mais frémissante, rAutriche secrèto- « ment implacable; tout cela, admirable comme œuvre militairtt H était, comme œuvre politique, imprudent, excessif, cliiniériqneL • Fin du livre XXYll. ( Ao/e de Vauteur, )

Cette note montre une fois de plus combien M. César Cantu sympathise peu avec les historiens français, et particulièrement avec M. Thien. Il serait inutile d^insister sur ce qu'il y a d'exagéré dans le dur reproche que M. Cantu lui adresse : on dirait que le passage même qui viest d'être cité a été choisi à plaisir pour réfuter son assertion. M. Thiers a po puiser souvent dans son admiration pour Pempereur desavants et ingénieux motifs pour atténuer les premières fautes de sa politique; mais H en a marqué tous les grande écarts ; son panégyrique en tout cas n'est point aveugle, et Ton vient de voir que la sévérité de ThistorieD y parle assez haut. (Am. R.)

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