‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notesChapitre 115 sur 159 · S83 CONFLIT REL1G1KU · texte numérisé non relu

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noujferU. >a|)oiéon s'irrita, le maltraita, fit tracasser aussi par la police (h*u\ qui lui étaient fidèles : on força les uns à se dé* mettre , on jeta les autres en prison ; s'ils cherchaient leur bré viaire, ou leur donnait un volume de Voltaire <. 11 fut fait défense au pape , au nom de Napoléon ( 14 janvier 1811 ), « de

• communiquer avec aucune église de Tenopire , avec auciiD

• sujet de Tempereur, sous peine de désobéissance de sa part

• et de la leur. On lui signifia que celui qui prêchait la rébellion, « et dont rame n^était que fiel , défait cesser d'être Toi^gane de

• TÉglise ; et que, rien ne pouvant le rendre sage, il verrait que « l'empereur était assez puissant pour faire ce qu'avaient fait « d'autresmonarquesses prédécesseurs, etpourdéposerun pape*

Mais la force se trouve bientôt déconcertée quand elle se met en lutte avec une idée morale. Napoléon disait à Fontanes : Akxandre a pu se dire fils de Jupiter lans que personne li contredit ; je trouve un prêtre plus puissant que moi, parce qu'il règne sur les esprits, et moi seulement sur la matière.

Au dedans c'était donc le despotisme, au dehors la copquàe : on était loin des théories de la constituante. Dans la diplomatie il n'était plus possible de compter sur la modération ni sur la parole 4e Napoléon. D'une ruine naissait une autre ruine, et les princes ne pouvaient plus se dire qu'il convenait d'agir dételle ou telle manière , puisque les règles de conduite les plus diverses aboutissaient à la même fin. Il avait manqué aux traités aver la famille royale d'Espagne , et , en la retenant prisonnière , il lui commandait d'applaudir à ses bienfaits. L'Autriche ne s'était sauvée qu'en lui donnant une archiduchesse; la Pnisst: frémissait dans un abaissement insupportable ; \es petits États d'Allemagne avaient compris que la neutralité n'était pas possible, et qu'elle les menait à leur perte. La Suisse, la Hollande, l'Italie, avaient été remaniées selon le gré du maître , et rien ne

* Le manuscrit de Sainte-Hélène dit quMl y avait cinq cents prètref arrêtés pour les difTérends avec Rome. D'autres mémoires dictés ptf Napoléon nient l'authenticité de ce chiffre, qu'ils réduisent à einquantetrois, en ajoutant : « Ils Tont été légitimement. » ^'otes sur le litre des quatre concordats.

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les ' assurait qu'il ne leur assignerait pas le lendemain une autre destination. Le monde était semé de ruines , et le voeu» commun appelait la chute de l'oppresseur commun. Dans Fabattement des princes , les peuples reprirent de Ténergie, et les sociétés secrètes s'étendirent alors avec le réveil des nationalitégy qui allaient avoir aussi leur épopée. Le nom de libéraux, qui devait faire aussi le tour du monde, fut inventé en Espagne; les certes décrétèrent la constitution la plus démocratique , et Mina la scella du sang de tous les Français qui tombèrent dans ses mains. £i) Italie , les carbonari travaillaient alors au retour des anciennes dynasties , avec des institutions tempérées. Les sociétés secrètes prirent surtout un grand développement en Allemagne, où elles cherchaient, les unes, à reconstruire Funité germanique sous la suprématie de TAutriche; les autres, à établir la division entre le nord et le sud , entre rAutriche et la Prusse : toutes réclamaient la liberté ; et les gouverne-^ ments en profitèrent pour réagir contre l'oppression française en invoquant la liberté , Tindépendance de la patrie , comme les révolutionnaires Tavaient fait vingt ans auparavant.

A Tintérieur, ce n'était pas assez de la conscription; de& enfants de quatorze ans étaient enlevés à leur famille pour en faire des mousses. Des domaines étaient donnés et repris selon le caprice.; d'autres étaient écrasés d'impôts, assis arbitraire^ ment. Le commerce était mort; mais Napoléon exerçait le mp^ uopole , ou bien il accordait, moyennant finance , des licences pour l'introduction des denrées coloniales. Les sucres et les cafés confisqués étaient jetés à la mer, au moment où l'on en sentait si durement la privation ; on brûlait les tissus , devant le peuple qui était nu. Force fut de remédier artificiellement au manque de travail : de là de grandes constructions : les magasins de la Bastille, par exemple, pour employer les bras de ceux que n'enlevaient pas la conscription. Il en était de ce nouvel empire comme de l'ancienne Kome : il fallait fournir au peuple des spectacles et du pain. Mais la famine en 1811 se fit sentir, et il en résulta des émeutes. L'échafaud , le pilori, les travaux forcés , y mirent hon ordre ; et le Moniteur ne tarda pas à aur foncer que la tranquillité était rétablie.

M4 ÉPItODI DU APrAlKIS M SOBOI.

La France É'éuit posée eomne la MenMuiée da gn»!» ■Min : les idées qu'elle avait tépandMt, toit pssr les Ism, ■oit par la Rétolulion, lut avaient eoo^piia puHMrtlaagfMpMUL Maintenant une domination orgneilleiiae nh—geiil cène aflb» Uon en eolère^ et son nom ne repréacutoil phm qK*anepMi et pillage. On avait vu oagoèce les raie obifgén dt pooMr àb goerre les années déeoongées ; maJntwian» les penplea enM naient les vols efXravér. Napoléon m oonaaissait ploa qm k logique de la victoire, et ses ennemie attcndafeatle moMrt de lui oppœerla même logique. SI, d*Me part, Flnvasinà TEspagne faisait tout craindre de aon «niHtiM , dto de Tautre- comment on pouvait résisten Ilr s*éCait nfipand» le peuple d*étranges bruits d*une folie sangoioaire, dontflili disait atteint ; rexcommunication lui avait enleré le eamÉn de restaurateur de la religion ; les âmes tinsorées s*enqnÉriH(t avec anilété des nouvelles du pape. La voii d*ini Tieomte éavt, celles de deux tribuns éliminés, d'un gentiltioniine de CliMÉfcy voya^ntenRU8sieyd*une femme exiléede Paris, ae firent éeieter dans ce silence de la peur. L'opinvôn publique, cette psiieance qui se soustrait à tous les despotismcs , ménae à celui ée la gloire, grandit peu à peu. Une comète, qui se niontraaknt làt interprétée pat la superstition des peuples comme un india extraordinaire de la chute de l'homme extraordinaire ; mab la mots de patrie et d'indépendance , qui retentisaaient partost, étaient aussi des indices qui devaient l'effrayer lui-même.

ÉPISODE DES AFFAIRES DE SOEDE. — LA LmBRTÉ REVENDIQUÉE CONTRE L*ElIPBREDm..

Après avoir réuni à ses États Rome et les pays situés sur is rive droite du Rhin , la Hoîlande et les viilea hanaéatiqaei (9 juillet 1810), TÉtrurie avec Parme et Plaisance , NapoléoB rêva plus que jamais l'empire d'Occident.

L'expédition manquée de Walcheren avait fait tomber ca

LA LIBEBTÉ REVENDIQUÉE COKTBE l'EM^EBEUB. ^i

Angleterre le ministère de Castelreagh et de Caiming , et porté aux affaires étrangères lord Wellesley , frère de Wellington , caractère modéré; George III était tout à fait en démence , et la régence avait été donnée au prince de Galles. On en conçut quelques espérances de paix. Mais tandis que Napoléon répétait que TAngleterre était sur le bord du précipice, elle se montrait, au contraire, en pleine prospérité : elle se préparait des armes dans toute PEurope ; elle étendait ses colonies, qui , avec TAmérique iudépendante, offraient de nouveaux débouchés à ses manufactures. Ses marchandises se glissaient en contrebande dans les ports les mieux gardés , avec d'autant plus d*audace que les bénéflces étaient plus considérables; et il n'y avait que les acheteurs qui eussent à souffrir. Des insultes qui se multipliaient rendaient un rapprochement de plus en plus difficile ; et comme la Fraqce ne pouvait se mesurer sur mer avec sa rivale, elles se rencontraient dans la péninsule ibérique, champ de carnage continuel et d'iufructueuses victoires. Le roi Joseph lui-même, malmené par son frère, offensé du projet qu'il affichait de réunir plusieurs de ses provinces à la France, prétait Toreille aux propositions d'indépendance que lui adressait l'Angleterre.

Ruiné dans le midi, Napoléon dirigeait ses vaste-s projets vers le nord , et songeait à reconstruire une puissante souveraineté Scandinave. Le Danemark, si outrageusement traité par TAiigleterre, lui restait fidèle ; et l'on voyait se préparer dans la Suède , qu'il avait pour ennemie, des bouleversements étranges, mais qui *ne lui donnèrent qu'un instant de satisfaction.

(I77l)<justave m , l'un des princes qui ont le plus marqué dans le dix-huitième siècle , ferme dans ses desseins, habile à les ourdir, à les dissimuler, à profiter des troubles de ses voisins, entreprit de briser la vicieuse constitution oligarchique du royaume, et cette révolution si prompte ne coûta pas une goutte de sang. « Le roi, qui s'était levé le matin, comme disait Sheridan, le monarque le plus entravé de l'Europe, se trouva en deux heures aussi absolu que le roi de France ou le Grand Seigneur. Le peuple vit avec plaisir la puissance passer des mains d'une aristocratie insolente dans celles d'un roi qui possédait l'estime et Tamour de la nation, »

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