QOESTIONS RELIGIEUSES. — LES PAPES. — LES CONCORDATS
Cest le propre de toutes les réactions de pousser les espérances bien plus loin que les faits ne peuvent aller. Aprà avoir subi Finfluence de la Révolution jusqu^à se servir de ses principes et de ses instruments pour abattre celui qui l'avait te^ rassf « , on se flatta de remettre le monde dans l'état où il était avant. Mais il y a des ruines que le temps fait, et que nul oe peut relever. ]\Ialheur à qui s'obstine à recrépir le vieil édifice, au lieu de proflter des débris pour en construire un nouveau!
Le pape fiit remis en possession de ses États, moins Avignon: mais la religion avait éprouvé de tels ébranlements, qu'il fallait du temps , de la longanimité et de la prudence , pour la ramener dans les cœurs, non moins que dans Tordre social. Cependant le poDtife, comme pour protester contre le passé , rétablit, par un de ses premiers actes , la compagnie de Jésus : il secondait en cela le vœu des princes, comme l'avait fait un de ses prédécesseurs lorsqu'il Tavait abolie, et il chargeait ainsi de toutes les vieilles haines une société qui n'avait ni la force ni l'intelligence d'autrefois. Il rétablit dans Rome les académies de la religion catholique ,' et nomma de nouveaux cardinaux. H diminua l'impôt foncier de quatre cent mille écus , abolit les servitudes et les réserves , et , en dépit des frayeurs des rois . il accorda Thospitalité à la famille Bonaparte.
Rien qu'il eût été déclaré, en 1814, que « le pouvoir spirttue\ recouvYçmX \qws ses droits , et la position qu'avait brisée
la conquête française, » il n*eu fut rien. Cependant les persécutions que le pontife avait endurées lui avaient concilié certains adversaires, notamment les Anglais, qui s'étaient trouvés un moment faire cause commune avec lui. Ce furent eux qui Tappuyèrent lorsqu'il revendiqua les chefs-d'œuvre d'art enlevés à Paris , et qui dépensèrent deux cent mille francs pour les faire transporter et replacer à Rome ; ils lui rendirent aussi ( don encore plus précieux ) grand nombre de ses sujets qui gémissaient dans les bagnes d'Alger. EnGn , ils consentirent à accréditer un ministre près la cour de Rome ( mars 1818). Plus tard, le roi George écrivit une lettre pleine de déférence au cardinal Gonsalvi, ministre d'État. Quand elle arriva, ce prélat venait de mourir; mais Léon XII en prit occasion pour mettre sous les yeux de l'Angleterre les sentiments de la cour et de l'Église romaine. Bientôt après parut une déclaration des évéques catholiques, et de leurs coadjuteurs en Angleterre , sur les bases de la véritable foi et les limites de l'obéissance due au pontife, dans laquelle ils repoussaient les calomnies répandues contrôle saint-siége ( 1826 ). Elle était accompagnée d'une Adresse des catholiques anglais à leurs compatriotes, où ils se plaignaient que, dans un pays de si grande liberté , des exceptions rigoureuses atteignissent les catholiques ; qu'ils fussent passibles de peines très-graves pour professer leur foi, et exclus, comme pairs ou comme citoyens , de la chambre, du conseil privé, du ministère, des emplois, des chaires universitaires, des bénéfîces, qui pourtant avaient été institués par les catholiques; qu'ils ne pussent assigner aucun fonds ou aucune rente au service de leur propre église ou d'écoles catholiques; enfin qu on les condamnât, du berceau à la tombe , à la calomnie , à l'insulte, au douleureux sentiment • de leur infériorité.
Le péle-méle inipolitique de nations, effectué par le congrès de Vienne , mit le pape en relation avec d'autres pays non catholiques; la tolérance y gagna de part et d'autre. Ainsi Rome s'entendit avec la Russie pour qu'il y eût en Pologne huit évéques et un archevêque siégeant à Varsovie. Les débats furent longs quant aux Pays-Bas ; l'on arriva à conclure un concordat