‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notesChapitre 141 sur 159 · QUESTIONS BEL1G1£US£S · texte numérisé non relu

QUESTIONS BEL1G1£US£S

Ce que Wolf avait fait avec Homère et PUebuhr avec Thisfoire romaiue , le docteur Strauss prétendit le faire aveclerédt évangélique , eu le représentant comme un ramas d'idées, dMoventions, de préceptes, différents de temps et d'inteatioD. « Le Christ, ditril, n'est pas un individu, mais une idéeoa plutôt un genre, c'est-à-dire Thumanité. Le genre humala est le Dieu foit homme; il est ce fils de la Vierge visible et du Père invisible, c*est-à-dire de la matière et de l'esprit; il est le sauveur, le rédempteur, Timpeccablequi ressuscite, qui OMBle au ciel. Croyons à ce Christ , à sa mort , à sa résurrection : rhomme se justiGe devant Dieu > . »

Les Annales de Germanie propagèrent cette polémique, et combattirent l'idée d'un Dieu se connaissant lui-même et distinct de Tunivers, de même que celle d*un Christ historique, le réduisant jusqu'à n'être rien qu'un produit des pensées humaines en un temps où elles étaient dans l'enfance ; combattant aussi la durée de l'existence individuelle- après la mort, pour en conclure que la théologie doit se perdre dans Tanthropologie, la foi dans la spéculation, et que tout rapport doit cesser entre la croyance et la science.

Ainsi , pendant qu'un parti religieux combattait le eatliolicisme en ne considérant comme bon que ce qui avait existé dans le principe , d'autres soutenaient que la conception et la forme du christianisme primitif avaient été ce que réclamait le temps où il naquit , mais non la vérité absolue. I^s premiers parlaient donc au passé ; la religion nouvelle doit parler au présent et à l'avenir, en s'appuyant sur la vie sociale et sur la civilisation actuelle. Les formes et l'esprit du christianisme

* Vie de Jésus- Christ; Tubingue, 1835. Les protestants en ont lait <ie belles et vigoureuses réfutations. Salvador a employé les inémes arguments que Strauss , mais avec moins de force, attendu qu^il vou-' drait, comme juif, sauver les livres anciens. Cet écrivain avait dt^à publié un ouvra{;e sur Moïse en le considérant rationnellement, et sur le procès de Jésus en démontrant qu^il avait été régulier selon les i<>i> nationales. Cette entreprise risibic fut combattue sérieusement pat M. Duf>\u. (^C. C. \

LES PAPES. -— LES CONCORDATS. 4fô

ne sont pas identiques , et les vases dans lesquels la vérité est contenue peuvent se briser sans qu'eUe en demeure altérée.

La réaction contre les idées nouvelles partit de Funiversité de Munich , où professait Baader, propagateur des idées mystiques et de la démocratie chrétienne : il avait conseillé à la Sainte-Alliance de sanctifier ses actes en restaurant la nationalité polonaise. Il apercevait dans la Révolution française un besoin de réaliser socialement les principes évangéliqacs; et, depuis 1830, il s*est occupé ardemment des classes pauvres. Cest dans cette université de Munich que Philipps donna un droit canonique qui, comme celui de Watter, est selon Tesprit pontifical. Mais Phiiipp , Goerrer et Dôlinger, ^ tous ceux de cette école, furent dispersés. Plus tard, on sacrifia aux caprices d^une courtisane les traditions et les pratiques de ce pays.

Ce tableau sommaire des dissensions religieuses était indis* pensable pour comprendre ce qui en sera dit par la suite avec plus de détail. Ainsi TAllemagne , cet ancien champ de la divi* sion , agite de nouveau les problèmes fondamentaux ; des sectes y pullulent sans cesse , qui ne permettent pas d'espérer un rapprochement. Récemment encore , lorsque plus d'un million çle croyants et onze évéques , pensant expier par là les délires 4*une science funeste qui réduit le christianisme à un mythe , étaient accourus potir vénérer la sainte tunique exposée dans la ville de Trêves , une voix obscure s'éleva pour les critiquer, fiientdt il en sortit la secte des catholiques allemands (1844 ) , promptement divisée sous les noms de Ronge et de Czerski , ^t déjà souillée de sang. Leur but est de généraliser la liberté 4e croyances , que la paix de Westpbalie avait restreinte à line seule par État, et le traité de Vienne à trois. Les vieux luthériens ont été reconnus ; mais ils sont répudiés d'un côté par les piétistes, et de l'autre par les amis des lumières, qui les accusent tous d'hypocrisie et d'absurdité.

Mais en qui doivent croire ceux qui n'ont pas le loisir d'examiner, c'est-à-dire le plus grand nombre , le peuple ?

liC roi de Prusse ayant échoué dans sa tentative , qui avait pour but de réduire à Tunité les deux sectes légales, essaya de

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