LE LIBERALISME
reot à donner la suprématie au travail matériel , et à dépasser de beaucoup le vieux libéralisme.
I/économie politique dut prendre une importance capitale, car elle tient dans ses mains l'avenir ; elle chercha la répartition la plus équitable des produits entre ceux qui concourent à les créer; celle des charges publiques entre les individus qui retirent profit de l'État; celle de l'influence politique, comme garantie des deux précédentes, et qui résulte d'un bon système électoral et municipal : de -là la juste répartition de l'impôt, la libre concurrence, l'abolition de tout monopole.
La Révolution , détruite dans les gouvernements , restait dans le peuple à l'état latent, et encore menaçante. Cette révolution avait pu se faire maudire par ses actes; mais elle avait proclamé de ces vérités qui ne s'oublient plus lorsqu'une fois elles ont été entendues, parce qu'elles sont fondées sur la nature et sur la dignité de l'homme. Dans ce grand épanchement de lumière bienfaisante ou funeste, mais universelle et soudaine, les hommes changèrent, et portèrent plus haut leurs espérances. Cétait donc une folie , c'était renier la Providence , que de vouloir replacer le monde dans la condition où il était avant tant de livres , tant de discussions, tant de sang répandu.
A chacune des phases de la Révolution , ceux qui en prenaient les rênes se hâtaient de déelarer qu'elle était finie , que tous ses effets étaient d)tenus, toutes ses espérances accomplies; puis ils se trouvaient tout à coup entraînés dans le gouffre qu'ils avaient cru fermé. Lors de la paix de Paris , on proclamait aussi que la Révolution était terminée , tandis qu on n'avait fait que couper la main sous laquelle elle avait été quelque temps comprimée : aussi reprit-elle son cours triomphant. Si, sous Napoléon, on avait agi plus que pensé, lorsque raction fut interrompue, on pensa; lorsqu'on eut cessé de demander de l'héroïsme , on demanda des droits. Les rois , avertis par tant d'événements, avaient renoncé, en vue d'intérêts supérieurs, aux idées vulgaires de conquêtes et de représailles; mais, enivrés d'une victoire plus prompte qu'ils ne l'attendaient , ils étaient peu préparés à donner à l'Europe une assiette nowN^W^^t \^ mmocité fit la loi au grand nombre ; la force
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dicta ses ordres à Fesprit; oo mflangfa natkns, usages, dvilisations, religion « et Foo disposa «IntraimiieDt de ees peoples dont on avait réelamé le oeneours.
Au moment de la Restauration , la ecmstitiitkMi anglaise attirait tous les regards; on Fadmirait en raison des efforts dont elle avait rendu la nation capable. On avait en recours à Fassassinat contre un czar atteint d'aliénatkm mentale, tandis que la folie du roi George n^avait altéré en rien les relations entre le peuple anglais et la couronne. La tribune anglaise avait fait entendre les«euls accents qui eussent retoiti depuis rassemblée nationale, en défendant les drmts des peuples et la cause de Fhumanité, et en protestant contre celui qui disposait arbitrairement du sort des peuples. Les Anglais victorieux tendaient à propager leur constitution , et les alliés n*y répugnaient pas alors. On l'imitait en Allemagne, en Espagne, en France. Puis les Anglais eux-mêmes désiraient élargir la forme tout aristocratique du svstème qui les régissait. Déjà, en 1817, on comptait par centaines de mille les affiliés des associations radicales, qui se reconnaissaient à une carte portant ces mots. Sois prêt, 9ois ferme! et qui juraient de faire tous leurs efforts pour obtenir le vote universel , avec une représentation libre et égale, et des parlements communs. U fallut, pour réprimer ce mouvement, suspendre Vhabeas corpus. Mais la constitution de ce pays porte en elle-même les remèdes nécessaires : elle se prête aux réformes; et les pétitions, la liberté de la inresse, permettent aux opinions et aux ressentiments de se faire jour, tandis qu'aill«irs, réduits au silence, ils se tradui sent en sociétés secrètes et en complots.
En Allemagne , dès que Fardeur patriotique fut calmée, on vit apparaître les inconvénients et les fautes énormes des derniers traités. Point de garanties pour la liberté individuelle et pour la manifestation de la pensée ; point de diminution des années, point de relations commerciales établies, aucun égard aux )*eligioDâ ; rien qui garantît la dotation des cultes, pas plus que la justice; le despotisme bureaucratique, légué par Foccupation étrangère , n'y avait pas été restreint. Les princes avaient promis des constitutions ; mais , au milieu des tergi-
LE LIBSAAUSMB
^eTTstic^ns àe U difte . les uns aUéfoèmit qv'ils n'araint Èà aonme époque. Ws aoira doDMrent des cliailes; mâs a firt UDe pure émanation du trône^ et non im partie entre le »«l^ rain et les ««jets. Dans les pars qui avaient été réunis fiigt au à la France, cntaines idées s'étaient enraonéo : le eode ISa^ léon y arait été introduit, et divers procrès awnicBt cléréaias. Ik s'arrançêrent donc peu de ectle mooareliie pore, d'artait phis absolue que le dcspotisone administratif réduisait ao sflnee les anciennes représentations.
Cependant les pars méridionaiix de rADcmagne, à Fcnfftioi de TAntriche, eurent de»constitatîoas ; et les princes qii, das le congrès de Vienne , avaient répogné le plus an innofUioii, de peur qu^elles ne les asserrissfiit à TinHoenee de TAotrick et de la Pnisae, se décidèrent cnsoite, pour y échapper, kk plus larges concessions.
Le grand-duc de Saie-Weinar n^aceorda qœ des étals pn>fîncîaiK en 1816 : ils forent aussi rétablis dans le loiauaie de Saxe, dans le Mecklemboorf et aiHems. Dans la oonstitsM deMaximilien-Joseph.roide Baricre (16 mai 1818 ), quiae fut pas débattue , mais octrovée. la propriété, les pcsnaaes, la pensée, b presse, obtinrent des jsaranties. Elle établit deni chambres : une chambre de sénateurs, où entrèrent les enoàs officiers de la couronne, seize chefs de Fancienne noblesse de Tempre . deux archcTéques, et un éréque nommé par le roi. le président du consistoire protestant, quinae sénateurs héreditaiics et douze à vie . tous à la nomination du roi ; et uie chambre de districts . composée de députés élus pour six ans, dont uo biii' tième de nobles, un huitiènie d*ecelésiastiques ^ et le reste pris dans les Tilles et les bourgs. Les élections ont pour base le statut municipal, qui est très-compliqué; et, pour être éligible.ilfsut a^oir huit mille florins de revenu , ce qui fut que des districts entiers restent sans représentation.
Bade obtint une constitution plus large ( 32 août 1818;; il
e«t des ministres responsables . la liberté de la presse , et deiu
chambres. Frédéric de^Vurtembe^g en donna une que ses sujets
Tvàisèfvnt . en réclamant les droits primitifs qu'il avait abolis
<l^c^V'na\f«ieBX. Ssciwc^esseur, Ginllauroe , en accorda uœ