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plus libérale ( 96 septembre 1819 ), sous forme de contrat, en conservant quelques restes précieux des franchises germaniques^ et en reconnaissant à tous les citoyens des droits égaux et indér pendants. Les opinions et le culte.y sont libres, les juges inamo-' vibles. La chambre des seigQeurs se compose d^un tiers à la nomination du roi , de treize députés de la noblesse , de neuf du clergé ou des universités, et, en outre, des représentants des communes. Les communes sont moralement associées entre elles; elles s'indemnisent, à Taide de leurs contributions, des dommages causés par la grêle ou par d'autres accidents semblables , etles indigents ont droit à des secours.
Dans la Hesse électorale, la noblesse refusa .I9 constitution , parce qu'elle établissait , pour elle et pour le peuple , une représentation conunune. Darmstadt-Hesse ( 1820 ) , le grandduché de rïassau (1818), Saxe-Cobourg-Hildburghausen, \ei principautés de Schwartabourg-Rudôlstadt, de Lippe-Detmold, de Liohtenstein et de Waldeck, obtinrent aussi des constitutions, mais elles furent toujours combattues par l'aristocratie. L'Autriche, qui avait pris les armes, non pas au nom de la liberté et de la philosophie, mais au nom delà maison régnante, n'eut donc pas de peine à remettre sur pied son système patriarcal, en donnant satisfaction à ses sujets par du bien-être matériel.
La Prusse , bien plus avancée sous le rapport des idées , était dénuée d'anciennes traditions. Les ministres Stein et Harden* berg, de 1807 à 1812, avaient modifié la propriété foncière, autorisé nobles et roturiers à vendre et à acheter ; ils avaient mis en avant des maximes très-libérales pendant la guerre de riiïQépendance. Le roi s'était engagé à donner (1815) un système représentatif fondé sur l'égalité. Mais comment le concilier avec les prérogatives de la noblesse ? Les sociétés secrètes et les écrivains populaires , qui avaient pour chef Blùcher et autres champions du mouvement national , combattaient l'idée d'une chambre haute. Le comte de Hsurdenberg, jusqu'alors ardent promoteur du parti national , s'en détacha du jour où il lui parut conduire au désordre ; et il soutint que la législation appartient au roi seul , et l'administration aux États provinciaux, qui doivent aussi concourir par leur vote à l'établisse-
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ment de Timpot. En conséquence , les sociétés secrètes furent prohibées, les universités restreintes au seul enseignement, avec une extrême liberté touchant la manifestation des opinions religieuses et philosophiques, mais à condition de ne pas aborder les questions politiques. L'administration, complètement séparée de la politique, fut admirablement réglée sous un système d'intendances , appuyées d'états qui faisaient intervenir les contribuables dans l'application de la loi; puis, andessus de tout, une force militaire puissante, prête à étoufifer tout mouvement.
Les peuples cependant, trompés dans leurs espérances, ne se tenaient point pour satisfaits. Dans les pays constitutionnels, la parole se trouvait libre, ou tendait à le devenir; la publicité, réprimée dans un endroit , éclatait dans un autre. On croyait l'opposition nécessaire , parce qu'elle existait en Angleterre; on craignait les gouvernements forts, et on aspirait à les réduire à une impuissance qui pouvait leur^rjusqu*à l'initiative du bien.
La France, au sortir d*une période extrêmement critique, recueillait les fruits de sa Révolution et les propageait. Les abus de l'ancien régime étaient détruits : plus de charges vénales , de lettres de cachet, de cours souveraines; plus de procédures secrètes. Toutes les parties de la législation et de la procédure se trouvaient uniformes dans toute l'étendue du royaume , et relevaient d'une seule autorité.
Mais cette autorité partage la puissance législative avec uoe représentation nationale, qui ne se borne plus à entraver Texécution par des remontrances après coup ; car elle a le droit de peser les dispositions de la loi dans une discussion préalable qui éclaire le public , en même temps qu'elle décharge le roi de toute responsabilité morale. U en résulte que les lois, une fois promulguées, ne rencontrent plus d'obstacles dans les coutumes, dans les préjugés.
Cette publicité rendit à la France, sur le reste de l'Europe, l'influence qu'elle avait perdue par ses revers. L'Angleterre publiait, aussi, les débats de ses chambres; mais, outre que sa langue est moins répandue , il s'agissait là d'intérêts particuliers , d!\]fiai^<^^^<&^\«cédents trop différents de ceux auxquels
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TEurope est habituée. La France , au contraire , parlait pour tous : FaboKtion de la censure , la nature des élections , les limites à apporter au bon plaisir royal , intéressaient tous les peuples, rhumanité entière; et il n*y avait pas de pays qui n'y trouvât des applications, qui n'y sentît l'expression de ses propres doléances. La France elle-même , mécontente de ses souverains , s'agitait en se tournant vers les peuples, et transmettait au dehors les ferments dont elle était intérieurement agitée.
Ces dispositions des peuples effrayaient les gouvernements , dont la politique conservatrice s'étudiait à faire servir le contre-poids de la légitimité pour modérer les ébranlements du régime électif. Comme il arrive toujours au sortir d'une crise, on n'avait senti d^bord que les douceurs du repos^rétabli ; mais on s'aperçut bientôt des dommages que cette crise laissait après elle.
Le premier, c'était le maintien du pied de guerre , qui forçait d'entretenir, en temps de paix , plus de troupes que pendant les luttes acharnées du siècle précédent. L'Autriche en conservait trois cent mille , la Prusse deux cent mille ; TAugleterre seule réduisit son armée de trois cent \ingt-einq mille hommes à quatre-vingt-dix mille , parce que son budget passait sous le contrôle du parlenient; les autres puissances cherchaient dans de grands armements leur sécurité et leur liberté d'action.
Ce système militaire résultait aussi de la mauvaise répartition de territoires fixée par les traités de paix , lesquels avaientintroduit plus ou moins d'ennemis au cœur de leurs provinces , et placé au-dessus d'eux un rival puissant, les menaçant tous. L'Europe entière se trouva donc régie militairement. Ce fut dans lès bayonnettes que reposa cette force que les constitutions voulaient voir attribuée à l'opinion ; et , pour satisfaire les soldats , fotce fut de maintenir l'état de guerre, même pendant la paix. De là des entraves à tout le bien qu'on avait espéré : les sujets furent pressurés pour l'entretien de l'armée ; il fallut venir en aide aux finances obérées par des expédients temporaires, et contracter de nouvelles dettes , au lieu d'éleiudre les anciennes.
Ainsi les gouvernements se trouvèrent à la merci des ban-
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qmn s ee qui finonn toutes les chanaes dsFipoliiS rindépcsidaiiee et U moralité dss psqples, d boslemsii idées de crédit* ea oMigeaiit de reee^oir, poor «00^ qoi ÎDsprait d'autant imûiis de ccinfisMe -qull s^ anip d*État , aauf FAngleteRe , qui ii*aAt fiaitJiaiiqueKOUla.
napoléon avait habitué ^nz gnsdes dépeuses; ■aiisfri' ques^met toent d'une utilité imniartdla, d'antm, kfm vanité, n'étaient destioéea qu'à éUonir. Ea tnvcnaiAkiiqi conquis, il décrétait des popit8<, des canaiiz, ôm «se triomphe, des colonnes, des palaip. £a I&IS, il otèmi rârection , aor.k mont Cosis , d'u» ïïaooBaaeat en lliiBBnrà ceux qui avaient pris part à l^Jbataills deMeisehea,d4i devait coûter vingt-cinq milliena. U e«t ttsû que la pl^put* ces projets restèrent inexécutés; maislespenj^setaiaiP' kaient, et ai c^ encore les gouverneoBents durent on vndMi l'imiter. Des royaumes entiers se trouvèrent ehargés d'Jsfîb, pour embellir les résidences prindàres. Les routes renM dégradées, les fleuves à rabandon, pour qu^on pût dorer des palais ; et des princes qui naguère s*étaient contentés d*habiu* tiens commodes, déchaînèrent sur leurs peuples tous les fléaux d^une vanité ruineuse.
La Révolution avait, procuré aux gouvernements une foret immense, en concentraatdansleurs mains les pouvoirs qui,anDt, se trouvaient répartis entre divers corps. Ils avaient pris, pendant la guerre , une attitude énergique que les circonstancA commandaient; et les peuples s'étaient résignés à d'énormn impôts , au papier-monnaie, aux réquisitions , aux autres rila^ ges de ces temps (d'exception où TÉtat est tout , et où Tindividu n*est rien. Les gouvernements trouvèrent à la paix leurs moyos d'action fortifiés , police , administration , crainte du pouvoir, partout des passe-ports, des permis de port d'armes, une surveillance active , Tobéissance militaire par imitation ; et céi au détriment de cette liberté individuelle dont ou jouissait saas Tapprécier avant la Révolution. La société fut considérée cooiidi une force gouvernementale , où tous les pouvoirs en sous-ordre dérivent du pouvoir central. C'en fut fait de Tesprit de famiUei de corps , de cvVé , àe v^vrv^ ^ ^^\^v»«^ ^ ^^ ^^. ^»^vv i^bTir ,