‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notesChapitre 151 sur 159 · CONSTITUTION ESPAGNOLE · texte numérisé non relu

CONSTITUTION ESPAGNOLE

tioD ne tarda guère à se déclarer. Riego , qui se donnait des airs de maître à la tête de Tarmée et des exaltés, fut destitué; (juiroga se rangea du côté du roi. Les clubs furent fermés, Farniée de Léon fut licenciée; mais des terres, des pensions furent assi$i;iiées aux militaires pour les attacher au nouvel ordre de choses. Après avoir ainsi calmé les démagogues, on sévit contre les absolutistes, contre le clergé et la noblesse , que Pabolition des privilèges et la vente des biens ecclésiastiques avaient irrités. Ce fut au milieu de ces circonstances que la fièvre jaune se déclara à Barcelone , où les moines mendiants firent preuve d*un dévouement héroïque.

Ferdinand n'était porté ni par caractère ni par habitude à gouverner constitutionnellement : aussi se livra-t-il bientôt à des actes illégaux. La confiance en lui diminuant de jour en jour, il fallut rappeler Riego, qui reprit le commandement au rhant grossier de la TVâr^afo; Tassociation des Comuneros jun de punir quiconque abuserait de Tautorité, fût-ce le roi luimême : pouvoir de fait qui resta -le plus fort , parce qu'il avait pris naissance dans l'armée.

L'exemple de l'Espagne devint contagieux ; et, de même que naguère il y avait partout des Napoléons , on vit partout surgir des Quirogas et des Riegos.

En Portugal il n'existait point de vieille haine contre les nobles , parce que la noblesse n'y est pas née de la conquête, mais de la délivrance du pays, et que la mémoire des premiers rois y est restée chère aux populations. Mais les plus braves soldats avaient péri lors de la conquête du royaume par Philippe 11; et. depuis l'avènement de la maison de Bragance, la noblesse, transformée en hiérarchie de cour, s'obtint par la brigue plus que par les services. Il ne se forma point de classe moyenne dans ce pays, car l'industrie ne réussit point chez un peuple moins porté au travail qu'attaché au souvenir de ses exploits aventureux.

Pombal, dans sa manie de réformes, ne créa rien de solide, et la dévote Marie défit Tceuvre du ministre philosophe. Tandis qu'ailleurs le peuple s'élevait, le gouvernement nobiliaire et l'oisiveté sociale s'immobilisèrent dans cette contrée ; les rois ) \>ouvaku\.XowX,a.ttendu que les Portugais s'étaient habitués, des

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Torigine, à voir en eux la personnification de leur nationalité. Si le chef y était nui, il n'y avait rien à espérer^ et c'est ce qui arriva. En 1807, don Juan s'enfuit au Brésil; et, taudis que la Dation se soulevait de toute son antique énergie , il la livra aux Anglais. A la chute de Napoléon, don Juan refusa de re> venir, et il érigea le Brésil en royaume (1 0 septembre 18 1 5) ; puis, à la mort de sa mère Marie ( 16 mars 1816), il s'intitula rd du royaume uni du Portugal, du Brésil et des Algarves, sous le nom de Jean YI. Il maria l'une de ses filles à Ferdinand VU, une autre à l'infont d'Espagne don Carlos, et donna pour femme à don Pedro, son fils, Marie-Léopoldine d'Autriche ; mais don Miguel, son autre fils, était le favori de la cour.

Le congrès de Vienne , qui négligea tant de choses importantes , ne s'occupa point de cette extravagante union d'un petit royaume avec un immense et riche pays séparé de lui par une distance énorme. Ce dernier ne pouvait manquer d'acquérir de Ja consistance comme siège du gouvernement , tandis qu'en Portugal se propageaient les idée^ libérales, tant par le mécontentement intérieur que par le contact de l'Espagne et la présence des Anglais. L'armée se formait à la discipline sous l'inflexible Beresford ; mais sa sévérité hautaine aigrissait les Portugais , déjà irrités de se voir dépendants du Brésil , et de prodiguer leur argent au luxe effréné d'une cour insoucieuse et éloignée; de voir leurs ports rester déserts, et les Français profiter seuls de ceux du Brésil.

Une conspiration se forma dans l'armée, selon l'usage; et le colonel Sepulveda invita les soldats à se soulever (24 août 1820), « du droit qu'ont les hommes de lutter contre la misère. » En un jour la révolution fut faite , et aussitôt les constitutionnels entrèrent à Lisbonne en triomphe (l®*" octobre). Ce fut un mouvement populaire et unanime, exempt dès lors de réactions. I<a régence , qui gouvernait en l'absence du roi , consentit à la convocation des cortès, qui n'avaient rien de contraire à la monarchie. Mais bientôt le suffrage universel qui fut établi amena à l'assemblée des exaltés, des agitateurs, par qui la constitution se changea en une révolution plus que populaire ; et les cortès se trouvèrent ainsi séparées du peuple.

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A ramMnce de ces éfénements , le Brésil s*ébran1a à son tMtf. et b coDStitiitioii fiit proclamée à Bahia. Don Pedro persuada à 90O pm de Faeccpter (10 février 1831) ; et le roi, avec 9 bonhomie, s*écm : « Pourquoi ne m'en a-t-on pas prévena phB tôt? * Les nècres le portèrent en triomphe. &Iais bientôt on loi inspira des doutes, des soupçons; et il prit le parti de fîiir en Enropt, laissant une régence difficile à don Pedro-, qui binlôt » troufa amené à déclarer le Brésil empire indépendant.

Jean VI étant débarqué en Europe , jura la constitution (4 juillet, qui difféfait de celle d'Espagne en ce qu'elle établissait dm d«ens d*election, limitait à quarante jours la durée da «vce aasptiisif du rai, et ne soumettait pas à sa sanction les rés^itutMDS eminrey de la première assemblée constituante des

ÎV51 SRttTlONS PE NAPLES ET Df PIÉMONT

l ^.T..:au::2 1 si N>nne part dans les opinions et dans tous les «'«>f.^\vxri:2s de Of m«>nde: c'est une infirmité humaine que Tuii > f:»: ::::ct:2H^ Ji runoNir. en disant que les mêmes circonstances :.c.: :r.ùr.r i ua jour donne les mêmes semences sous des cieu\

l '.^5umK'L\Yi de Tespiit libéral dans la péninsule ibérique fc?Ai;:;2;.t «s rtïecs jvar toute l'Europe.

Fn Irj sf, U l AHi-.lardie et la Venetie étaient soumises à lAu- :r.yr*^ ; fi> en Ji\»*;t forme un rv\v3ume divisé en deux gouveme- *•■«■. ^5 ^uVt> aàr:::rjs:rait conmw les provinces héréditaires, ei :-jt ;, -.: eti ro>^ de ^vaquète, sans constitution, sans même relah.7 :>> r.î.-'yiis pn\/:e^que la Re\olutioo et Tempire françiis JL»,*. r/.: Aîv -s^ 1 e rwte de la Péninsule avait ses princes parti- *%:- ^r<^ jes u3S,uu-ïens, les autres nouveaux, quelques-uns lein- |x^^^:.■YS» îv^us Çv-Ht^wniaient pcliriarcalt'ment. Les couverneitwts rfVv\uî:oûnairvs ayant supprime les anciennes represeu- :;t ;;iS. .. r^c Tes.':>A'^a* \;èk*X^vvs«* .^^UiX nouveau en ce

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pays. Tant de lignes de douanes sur un territoire morcelé empêchaient le commerce, et ces échanges qui procurent la richesse; les avantages accordés à la concurrence étrangère étaient pour les manufactures nationales une cause de langueur. Des lois discutées, des jugements publics et à plusieurs degrés, la sûreté des dettes nationales, la modération des impôts, la liberté de la pensée, étaient des besoins vivement sentis.

A Naples , Ferdinand XV s'inWtulail Ferdinand I^^ , comme premier roi du royaume des D.eux-Siciles ; et le duc de Calabre, son héritier, avait été envoyé en Sicile comme son lieutenant. Le roi, remis sur le trône par la Sainte- Alliance, dans laquelle il était entré, ne venait pas, comme Timplacable Caroline, altéré de la soif du sang : il aurait plutôt désiré faire oublier le passé, détestant tout ce qui se rattachait aux dix années précédentes , jusqu'à éviter de passer dans les rues ouvertes par les Français. Les nouveaux codes avaient apporté peu de changements au commerce et à la procédure; le divorce fut aboli, et la puissance paternelle fortifiée. On introduisit dans le code pénal les crimes de lèss-majesté divine , et quatre degrés dans la peine de mort, selon que le condamné était envoyé au supplice vêtu de jaune ou de noir, chaussé ou pieds nus ; le jury fut aboli, et les juges de Taccusation devinrent en même temps les juges du procès. La noblesse y conservait tout le luxe de ses titres, mais qui n'entraînent point de privilèges ; et il n'existait plus que le souvenir des anciens bras et sièges : ainsi le pouvoir royal s'y déployait dans une complète indépendance.

Un vaste pays, connu sous le nom de Tavoiière de la Fouille, restait inculte, et offrait une libre pâture à de grands troupeaux sous la garde de pasteurs nomades et presque sauvages; ils y vivaient sans liens , sans famille, obéissant à leurs chefs plutôt qu'au gouvernement. Parmi eux s'étaient recrutés , pendant la révolution de 1799, ces bandes féroces qui prétendaient relever la foi par rassa.ssinat. Les Français avaient émancipé le Tavoiière et distribué les terres à de petits propriétaires, qui par intérêt s'attachèrent aux étrangers. A la chute du système français, Ferdinand remit ces terres dans leur ancien état ; de sorte que les expropriés formèrent un groupe de mé-

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contents , désireux de révolutions dans Fespoir de recouvrer ce qu'ils avaient perdu.

Ix)rsque le roi, réfugié en Sicile, demauda au parlement de cette Ile de gros subsides pour recouvrer ses États de terre ferme , il le trouva récalcitrant. Alors il fit ressource des bieos communaux, et mit des droits très-lourds sur les contrats. Le parléhient protesta , et les chefs de ropposition furent arrêtés; mais la chance des armes ayant tourné contre lui, le roi, lorsqu'il revint dans l'Ile à la suite de sa malencontreuse expédition, subit les conditions qui lui furent imposées, et accepta, sous la pression de T Angleterre, la constitution de 1812.

Aux termes de cette constitution, la représentation nationale se divisait en deux chambres. Le roi était inviolable et les ministres responsables; du reste, libertéentière pour les personnes, pour la presse, pour les opinions, et inamovibilité pour les juges. La loi électorale favorisait les petits propriétaires; les fonctionnaires, excepté les ministres , étaient exclus de la représentation nationale. L'organisation municipale fut largement assise.

Mais les barons, propriétaires de la plus grande partie du territoire, se rendirent presque les arbitres du pouvoir judiciaire, grâce à leur influence sur les magistrats ; et, pour alléger leurs charges, ils refusèrent au roi des subsides dans les circonstances les plus urgentes. Devenu plus fort en 1815, le roi voulut recouvrer Tautorité illimitée. La Sicile n'était plus protégée par les Anglais, qui n'avaient plus d'intérêt à favoriser ses libertés. Les gouvernements étrangers disputaient aux peuples les institutions données ou promises ; TAutriche redoutait rexeroplf d'une constitution en Italie. Ce fut au mois d'août 1816, époque fixée par le parlement sicilien pour le recouvrement de l'unpot, que Ton profita de cette circonstance pour en dégoûter le peuple; et, grâce à la connivence de l'ambassadeur anglais Castlereagh, la constitution sicilienne fut abrogée, sous prétexte que le roi n'y avait pas prêté serment. Le fait était vrai ; mais il aurait envoyé son fils , lieutenant du royaume , pour la jurer en son nom. Les prières et les protestations furent vaines : la prison rt Vex\\ téi^wdvvent aux récalcitrants. Il resta pourtant concédK

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que les impôts ne pourraient être augmentes sans le consentement du parlement, ce qur iînpliquait qu*au moins il existait encore de droit.

Les jalousies s'introduisirent dans farmée entre les Siciliens et lesmuratistes; la conscription renouvelée accrut le nombre des brigands, qui n'avaient pas cessé d'inquiéter le royaume , surtout vers les frontières de l'État pontifical. La cbarbonnerie , devenue suspecte, proscrite, et obligée de se cacher, se recruta de gens sans aveu , et servit d'armes pour assouvir des passions privées. On crut faire merveille en lui opposant les cbaudronniers ( calderari ), champious du pouvoir absolu, qui eurent pour chef le prince de Caoosa , ministre de la police ; mais ses afGliés allèrent jusqu'aux assassinats , ce qui entraîna sa destitution.

Cette secte s'était répandue en Italie, en se cachant sous différents masques. Le bruit se répandit même quMl s*était formé , sous les auspices du célèbre comte de Maistre, une socitUé de san-fédistes, où figuraient des princes et des prélats, dans l'intention de réunir toute l'Italie sous l'autorité du pape , avec une constitution.

Quoi qu'il en soit, la persécution continua cx)ntre les cnrbonari ; mais les prisons se transformèrent en vente». TiCS mouvements de l'Espagne firent battre les cœurs italiens ; les gouvernements s* en aperçurent, mais ils n'osèrent ni seconder teN désirs contraires aux conventions arrêtées à Vienne, ni \¥% étouffer en appelant les Autrichiens.

Bientôt à Noia et à Avellino quelques soldats et des carlKmari se mirent à crier : fuirent le roi et la comlitutlonl (2 juillet 1820). Le gouvernement s'était défié des anciens militaires , et il reconnut alors l'incapacité de ceux en qui il avait m\% sa vahï' fiance. Au milieu des hésitations Tiasurrection s'^lendil , mais sans violence ni atteinte aux propriétés, l/artnéie, tout entiirn? passa sous le drapeau de l'iasurrection, etdemanda une constiiii' tion : le roi la promit. Omme l'KHpagne avait préféré la cofistitU' tion de ]8]2, à ce seul titre qu'elle avait été rcÂ'ffnnnt par \tr% puissances , les Napolitains ausM auraient fait nnuicfnt^ti de s'en tenir à la constitution fticihenne, qui avait en la san/iion de

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