ET DU PIÉMONT
AT pas aux cabinets de mettre en problème si les trônes seraient « mieux garantis ou par l'arbitraire, ou par le système consti- « tutionnel. Conformément à Tarticle secret de la convention « faite avec rAutriclie au moment de la restauration , les oblia gâtions prises ont été remplies. Désormais, le roi et la nation « sont résolus à défendre jusqu'à la fin l'indépendance du « royaume et la constitution'. »
On ne croyait pas que l'Autriche osât jamais mettre à exécution des menaces qui pouvaient retomber sur sa .tête. Mais le grand mal venait de l'intérieur, où le parti dominant entravait tout : il distribuait l'éloge ou l'infamie, molestait pour des opinions , des actes passés ; l'unique liberté consistait à parler comme lui , et l'unique loi était sa volonté. Les élections de Sicile donnèrent un tiers de nobles, un quart de prêtres; à l^apies, au contraire, le parlement se trouva composé de six nobles, dix-neuf prêtres, treize propriétaires, douze magistrats, autant d'hommes de loi , huit militaires , six médecins , six fonctionnaires, deux négociants, et un cardinal. Dans son discours d'ouverture, le roi déclara qu'il « considérait la nation comme une famille y dont il connaissait les besoins et désirait satisfaire les vœux. «• Mais le parlement se mit à élaborer des innovations mal conçues , et trouva en face de lui l'assemblée générale de la charbonnerie , plus forte que le gouvernement luimême. Une armée fut envoyée en Sicile , sous les ordres de Florestan Pepé (octobre), pour ramener à l'obéissance les deux vallées qui , par leurs jalousies invétérées , voulaient la séparation. Les Palermitains , qu'il bloqua dans leur ville, se déci« dèrent à traiter; mais le gouvernement napolitain rejeta les conventions, et envoya le général Colleta, liistorien de celte révolution, pour en finir par la rigueur, ce qui ne fit qu'irriter les esprits.
Tous les libéraux étrangers avaient les yeux fixés sur l'Italie , toute frémissante alors d'espérances. Les uns offraient de l'argent, d'autres leurs personnes et leurs épées. On applaudissait, soit
* Note envoyée par le ministre des affaires étrangères, au nom du roi des Deux-Siciles, à toutes les cours de TEurope.
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par la presse, soit par la tribune, à une révolution accomplie sans troubles et sans effusion de sang , où le roi et le peuple agissaient d*accord, et dans laquelle le monarque n'avait fait qu'étendre sa propre famille. Les gouvernements absolutistes n'en redoutaient que plus la contagion , et le prince de IVIetternich déclara à Fambassadeur napolitain que Tunique moyen de salut pour le royaume était de rétablir les choses sur l'ancien pied ; que les hommes bien pensantsdevaient aller trouver le roi, pour le supplier d'annuler tout ce qui avait été fait; que s'il en était besoin, cent mille Autrichiens iraient les aider à étouffer la révolte. Mais TAngleterre voyait d'un œil jaloux l'intervention autrichienne; la France sentait bien que c'était lui enlever l'influence que lui assuraient des liens de parenté : cette puissance sMnterposa donc, en promettant que les alliés ne s'opposeraient point à la révolution , si l'on consentait à substituer la constitution française h celle d'Espagne. Mais on persista à vouloir une chambre unique, une députation permanente, et la sanction forcée du roi.
L'alliance perpétuelle des quatre puissances constituait une espèce de direction suprême pour les affaires internationales de l'Europe ; son but était toujours de prévenir tout changement, même intérieur, dans les différents États, qui pQt menicer les institutions monarchiques. Effrayés par tant dMndicesde mécontentements , et par cette espèce d'incendie constitutionnel qui se propageait, les cabinets se persuadèrent que la tranquillité européenne était compromise. Le roi de France cjrutde son côté Toccasion bonne pour reprendre quelque influence; et il proposa un congrès , qui se réunit en effet à Troppau ( 13 octobre ). Le roi de Naples entra en correspondance avec cette assemblée, et demanda au parlement l'autorisation de s'y rendre, comme médiateur de la paix entre TEurope et son nouveau gouvernement. Le peuple s'opposait à ce voyage; mais le prince renouvela ses serments à la constitution avec tout l'épancliement de la sincérité, et on le laissa partir au milieu des bénédictions (décembre 1820 ).
L'empereur Alexandre s'était montré l'ami de la liberté des peuples, au nom de laquelle il avait combattu en 1814, non mo*\us (\\vo^v^st ««i\^tQ\ds calculs de l'égoïsme qui devaient
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