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d'arimie , composé presque entièremeut de gardes Uittionaiix , ie débanda, et les AutricliieiB occapèrejit Antrodoco et Aquila, les portes du royaume.
Dans cette extrémité, le parlement s'adressa au vieux roi , en le suppliant « de paraître au milieu de son peuple , et <le manifester fies intentions paternelles sans Pinterventionde Tëtranfi^er, afin qoe les lois nationales ne fussejit pas souillées de sang. » Mais les envahisseurs ne s'arrêtèrent pas, et ils firent leur entrée à tapies ( 24 féiTier ).
Comment ce peuple ^if. brnrant. exempt de besoins, qui se plaît au spectacle de la mer et de son beau ciel , et qui fait consister la liberté dans un doux loisir, aurait-il compris cette iDétapfa}'sique libérale qui commençait par un mensonge, et dont les conséquences s'arrêtaient à moitié chemin.^ Puis les révolutions poussent inévitablement à la surface d'un paxii une portion flBoigense, qui est toujours la plus active; ajoutoz-y tous ceux qui se font du mot liberté un talisman pour arriver à dominer. Pendant la courte durée du parlenient , il sVtait produit toutefois un certain nombre d'orateurs et quelques penseurs sérieux ; on y entendit des propositions sages ; les deniers publics ne furent pas lapides; on vit même plusieurs membres du gouvernement réduits à s'en aller h pied , et h recevoir les rations des Autrichiens pour gagner les pays où on les reléguait.
Cest une insulte gratuite que d'accuser de lAcheté les troupes napolitaines : elles avaient combattu courageusement h Toulou et en Lombardie dans les commencements de la Révolution ; sci elles furent battues en 1798, ce fut par la faute du général ^lack , Allemand incapable, et qui se confiait trop dans des recnies, malgré les avertissements de CoUi et de Parisi. lorsque Farmée se fut enfuie et que les forteresses eurent cédé , le peuple et les lazzaroni eussent tenu tête au général Champiouuet, sans les défections de leurs chefs. I-es sièges de Gaote et de Civitella du Tronto en 1806, les brigands de la T^labre et les tentatives royalistes de la Sicile , firent payer cher aux l ranimais la ct>iiquVte du royaume. Plus tard, les NaiM)litains réunis à oos derniers se battirent vaillamment en Kspagno et en Russie. 1*0
4S3 IKSUBBECTIOKS DE NAPLES
f|uoi se seraient-ils montrés lâches a Antrodoco seulement? Il ne faut pas oublier que la jalousie des royalistes avait fait écarter du service un grand nombre d'anciens officiers, et que les gouvernements successifs avaient sans cesse introduit de brusques changements dans la discipline et dans la tactique. ■Ainsi Tannée napolitaine avait été organisée à Tespagnole jusqu'en 1780 : on voulut alors la reconstituer, en empruntant ik la fois quelque chose aux deux tactiques prussienne et française ; on fit tout à la française sous Murât ; enfin , lorsqu'elle fut réunie à Tarmée de Sicile , le système anglais succéda ; et ces continuels changements furent autant d'épreuves fâcheuses pour cette armée.
On avait cru d'ailleurs qu'une révolution tout intérieure et unanime n'aurait pas à recourir aux armes ; le peuple répétait dans ses chants que sa plus grande gloire était de n'avoir pas coûté une goutte de sang. Ou voulait, en restant désarmé, montrer toute sa confiance dans une cause sainte , et éviter tout prétexte d'intervention , en ne donnant pas lieu de craindre une invasion au dehors. De la cette précipitation à s'armer quand le péril se fut manifesté ; puis l'insuffisance des approvisionnements, les jalousies, l'inexpérience d'un gouvernement nouveau en face d'un ennemi déterminé , et bien appuyé sur ses derrières , sufûsent certes pour expliquer les défaites qu on éprouva , sans les imputer à des trahisons, et encore moins à la lâcheté.
La Sicile subit le même sort que Naples ; Messine snccomKi la dernière , et l'occupation autrichienne s'y prolongea Ionstemps. Alors vinrent les persécutions, les juntes d'enquête; C^anosa, redevenu ministre de la police, exerça une inquisition implacable : la bastonnade fut appliquée publiquement; il remplit les prisons, et les espions pullulèrent ; des bandes se formèrent dans les provinces, et cette restauration absolutiste fut aussi prodigue de sang que la révolution en avait été avare. Parmi les militaires , beaucoup perdirent leurs grades, d autrt's furent jetés dans les forteresses autrichiennes; et le roi prit a sa solde dix mille Suisses , à des conditions exorbitantes. On crut meXXt^ \î^ ^^wsfe^ ^xi^ ^'^^^utaine en frappant de droits
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énormes les productions de la presse étrangère : ce qui ruina le commerce de librairie , jusque-là très-Qorissant.
Ferdinand, redevenu absolu, décréta que Naples et la Sicile, obéissant à un seul roi, seraient administrées séparément, chacune avec ses impots, sa justice, ses Onances et ses employés particuliers ; et que les lois et décrets seraient examinés par des consultes séparées à Naples et Palerme. Il mourut au commencement de 1825 , après soixante-cinq ans de règne.
La révolution de Naples ne serait pas tombée si vite , si elle eût marché d'accord avec celle du Piémont. Les idées du temps s'étaient aussi répandues dans ce pays , irrité de Tentétement du roi à faire revivre le passé '. La confiance publique et la bonne administration avaient cessé à la fois. On avait laissé la féodalité se relever, et les employés inutiles pulluler; de façon qu'il y avait, à côté des habitudes à la française, la résistance à toute innovation : pas d'hypothèques , de réformes administratives, pas de hiérarchie judiciaire ; des juges mal payés, forcés de prélever sur les plaideurs un salaire légal , auquel s'ajoutait un supplément illégal de longueurs et de corruption. Les ordonnances royales s'immisçaient dans les affaires privées, pour imposer des délais ou des transactions aux créanciers , pour suspendre les procédures contre les banqueroutiers, pour casser ou altérer les contrats, pour revenir sur des causes déjà vidées. Ajoutez une noblesse de cour privilégiée, une police arbitraire, une armée dispendieuse autant que mal disposée à ce qu'il y a de plus difficile , c'est-à-dire à passer rapidement de l'état de paix à l'état de guerre. Il ne restait plus de barrière au pouvoir absolu ; on avait laissé tomber jusqu'au droit qu'avait le sénat d'enregistrer les édits royaux, au point qu'un ministre put dire : « Ici il y a un roi qui commande, une noblesse qui l'entoure, et un peuple qui obéit. »
Le roi Victor-Emmanuei , tout entêté qu'il fût à regarder comme non avenus les vingt ans de domination française,
' L'édit du 21 mai 1814 abolit toutes tes ordounances émanées des Français , sauf celles qui concernaient les impôts. Les constitutions de 1760 furent remises en vigueur.
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montrait pourtant des intentions si bienfaisantes, qu il était respecte de tuus ses sujets. On savait que ses ministres avaient déjà élaboré un statut inspiré par de nobles et larges pensées, et que s'il n'était pas mis ù exécution , il fallait s>n prendre à r Autriche, dont le voisinage paraissait blesser rindépeDdanee du rovaunie.
Et, de fait, depuis que rAutriche avait réuni TËtat vénitien à la lioinbardie. et établi des souverains de son sang à Parme, a Modène. en Toscane, le Piémont, malgré Facquisition de Gènes. nVlait plus l'Ktat prépondérant en Italie. Gènes, au contraire, Taffaiblissait pldtôt : car ses patriciens haineux regrettaient leur vieille domination; les gens éclairés souffraient impatiemment Tabsolutisme ; le peuple se rappelait Pépoque républicaine, où il ne payait point d'impôt. Et comme il y avait à défendre la ville moins contre l'étranger que contre les citoyens, il était besoin pour cela de plus de soldats que n>n fournissait TEtat génois.
Les esprits généreux caressaient donc le rêve de refouler r Autriche au delà des Alpes, et de mettre le Piémont à la tète de rilalie réciMUTée. Ces idées étaient entretenues par le bruit répandu que l'Autriche voulait forcer le roi à recevoir gami>on allemande, et à prendre part à la guerre contre IS'aples; on lui prétait même le dessein de mettre la main sur le rovaume par un maringe, au détriment de Phéritier présomptif, le prince dillarignan.
L*exemple devint contagieux aussi pour le Piémont : on en vint à parler tout haut d'indépendance menacée, de constitution. d^unité italienne; et les sociétés secrètes nouèrent des intelligences avec celles du ^lilanais. L'occasion parut belle à s;tisir quand les Autrichiens , qui couvraient la frontière , prêts a étouffer la première étincelle, se mirent en marche sur Napics A coupsOr. se disait-on, les héros populaires tiendront lon<;temps tête à l'ennemi ; les monts sont les barrières de la liberté, et les brigands même qui s'y retranchent sont indomptables. L'insurrection , pendant ce temps, s'étendra sans obstacles dans le Piémont; Milan la secondera; la Romagne et les |)etits États ne tarderoïvX \>as îi s\i\sx^. et toute l'Italie supérieure se trouver.)
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constituée avant que les Impériaux puissent revenir pour l'attaquer. La France elle-même favorisera, au moins sous main, le mouvement des Italiens; car il est extrêmement important pour elle que FAutriche n'entre point à main armée dans un pays aussi rapproché de sa frontière.
Mais quelle constitution adopter ? Celle d*£spagne , de France, ou d'Angleterre ? Pourquoi ne savait-on qu'imiter toujours , au lieu d'asseoir l'édifice sur des bases historiques et nationales ? Pour décider du choix, on députa trois émissaires à la vente de Paris, où se groupaient les libéraux d'Espagne, les radicaux d'Angleterre, les carbonari d'Italie : ce fut la constitution espagnole qui eut la préférence. Mais le gouvernement français en prit ombrage, et il en donna avis au gouvernement piémontais, qui fit arrêter au retour le prince de la Cestema, et tint dans sa main tous les fils de la trame. Mais la résolution lui manqua pour les rompre; d'autres les renouèrent; il en résulta des retards et des ressentiments.
Tandis qu'a Turin les hésitations du prince de Carignan arrêtaient tout, la révolte éclatait parmi les militaires à Fossano et à Alexandrie (10 mars). Bientôt le fsrï Italie ! est dans la bouche de tous les soldats ; ils répètent qu'il est temps d'affranchir le roi de la domination de l'Autriche; et l'armée entre dans Turin au cri de f^ice la constitution! mort aux ^allemands! La proclamation du général Santarosa était conçue en termes respectueux pour le roi. Elle exprimait le désir de le mettre en état de suivre les mouvements de son cœur vraiment vitalien, et de donner à son peuple les moyens de faire connaître, avec une honnête liberté, ses vœux au chef de l'État, comme il convient entre un père et des enfants. Le roi, qui savait la déclaration de Troppau , et la résolution des souverains alliés, opposés fermement à toute innovation , déclara qu'il n'autoriserait rien qui pût fournir aux étrangers un prétexte pour envahir un pays qui lui était cher; et, fidèle à sa résolution, il descendit loyalement d'un trône qu'il ne voulait pas souiller par le parjure.
Le duc de Gênes, héritier de la couronne, se trouvait alors à IVIodène; il désapprouva aussitôt la constitution, et qualifia de lébellion toute atteinte portée à la plénitude de l'autorité royale.