‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notesChapitre 157 sur 159 · ET DU PIÉMONT · texte numérisé non relu

ET DU PIÉMONT

de Tautorité, pour travailler les autres provinces. » Dès que )'armée piémontaise aurait passe le Tésio, Milan, Brescia, ]es vallées et les campagnes devaient se lever à ce signe, s'emparer des caisses et des places fortes , entre autres Peschiera et la citadelle d'Anfo ^ I.e vice-roi avait eu si grand'peur, qu'on l'avait vu déménager ses meubles et vendre sa vaisselle. Mais la rapidité des événements, le défaut d'accord, l'hésitation des chefs du mouvement , les craintes que Turin avait eues, dans le premier moment, de perdre son rang de capitale, firent que la Lombardle ne bougea pas; il ne lui resta plus qu'à subir ce martyre sur lequel Pellico a fait verser tant de larmes. Alors commencèrent ces procès où l'accusé se trouva livré à l'arbitraire d'un juge spécial , sans défenseur, sans qu'on lui mît sous les yeux ni les interrogatoires ui les dépositions des témoins. D'un interrogatoire à l'autre, il restait des mois entiers dans la solitude d'un cachot. Parfois il arrivait que l'un de ces juges, qui avaient pour chef Salvotti, prenait le masque de la bienveillance, et disait à l'accusé : « Voyez , votre sort est dans mes mains. Ici nous ne sommes pas dans un pays où la publicité compromet tout. Avouez ce que du reste nous savons déjà, et l'empereur vous fera grâce. Si vous vous obstinez à nier, il dépend de moi de vous perdre, de vous déshonorer, de dire que vous avez tout révélé, que vous avez trahi vos compagnons, et de tourner contre vous cette opinion publique qui vous tient tant au cœur. »

Beaucoup ne purent résister à de pareils artifices , et, soit gé« nérosité, soit en vue de disculper leurs amis, soit pour repousser une accusation , ils se laissèrent aller à de petites concessions qui en amenèrent d'autres ; et on put recueillir assez de révéla-

* Ce sont les expressions de l'écrit intitulé la simple Vérité, opposée aux mensonges de E. Misley dans son libelle : LMtalie sous la domination autrichienne, p. 30. Ce livre, écrit par le fameux juge Zajotti, affirme qu'au lieu de huit mille personnes arrêtées , il n'y en eut que soixante-quatorze. La sentence du 21 janvier 1824 donne comme chef le comte Frédéric Confalonieri» qoi resta prisonnier au Spielberg jusqu'en 1837, en sortit à la mort de François T*", et vécut jusqu'en décembre 1846. A ces faits, outre Pellico, nous renvoyons aux ouvrages de Maroncelli, de Frigani , d'Andryane , de Parravicini, et autres. ( C. C.)

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