PAUTAGS DE LA POLOGNE
telligmioes , aux manœuvres secrètes. Chaque interrègne fut une révolution et un état de guerre, où le sang coula souvent, où les étrangers faisaient assaut de corruptions et de honteuses brigues, tant pour favoriser leur candidat que pour écarter odui de leurs riraux. Les princes étrangers appela à ce trône , et qui n'avaient ni les qualités ni les vices de la nation , se trouvaient en lutte avec ses représentants : ils entretenaient en conséquence des intrigues continuelles avec les autres puissances^ pour des intérêts contraires à ceux du pays. Ce fut la perte de la souveraineté , qui ne saurait se soutenir quand une autre puissance se mêle des afMres du dedans.
Le pouvoir suprême de l'État était la diète; mais comme ses décrets devaient être unanimes ( nemine corUradicente) , il snfOsait, pour tout entraver, d'un seul noble disant : Sisto acHvitatem ■. Pour remédier à ce morcellement de la souveraineté, il se formait des confédérations de nobles pour un objet déterminé , et chaque confédération se donnait des lois et des statuts , comme si elle eût été un corps souverain : diverses entre elles , toutes étaient d'accord en ce point , que la majorité des suffrages décidait. Le remède était plus dangereux que le mal ; car lorsque toute la noblesse d'un cercle, d'un palatinat, d'une province se réunissait , elle prétendait avoir la prépondérance dans la diète : l'État se trouvait partagé en autant de petits États, et la guerre civile restait organisée.
Les grands cherchaient à placer leurs créatures dans les tribunaux ; ce qui était très-important dans un pays où les propriétés étant inaliénables , mais surchargées d'hypothèques , fournissaient des occasions fréquentes de procès.
C'était l'époque où les institutions féodales succombaient partout en Europe sous le principe monarchique triomphant. Comment donc la Pologne, sans tiers état , sans finances , ni commerce, ni subordination, aurait-elle pu, à l'aide de la seule
' C'est le fameux Liberum veto ; il est encore en vigueur dans le sénat russe , espèce de cour suprême et non d^a|){)el , où le disscntmient d^un seul membre, dans une section , suffit i)our faire renvoyer Taflaire devant toutes les sections réunies.
««iF