‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notesChapitre 17 sur 159 · PABTA.GE DE LA POLOGNE · texte numérisé non relu

PABTA.GE DE LA POLOGNE

valeur personnelle et de ses souvenirs nationaux , se soutenir contre le nouveau système de centralisation ?

La diversité de religion avait été la source de nouvelles dls- 0ordes. Jamais dans les provinces lithuaniennes, autrefois sujettes de la Russie, les Grecs, qui y étaient en grand nombre, n'avaient pu se réunir aux catholiques. Les idées repu-' blicaines des calvinistes avaient souri à beaucoup de gens dans cette noblesse turbulente. Sigismond II confirma aux nobles grecs et protestants , ou aux dissidents, comme on les appelait, les droits politiques et l'aptitude à tous em[dois et dignités. Mais , sous Sigismond III , on commença à restreindre à leur égard la liberté du culte et les droits politiques, malgré Tintervention des puissances voisines. Lorsque ensuite Charles XII parut en Pologne, plein de zèle pour le luthéranisme , la diète, par réaction , ordonna (1717) de détruire toutes les églises des dissidents bâties depuis Toccupation suédoise ', et défendit d'introduire ce cuite dans des localités nouvelles; enfin, les dissidents se trouvèrent exclus de la chambre des nonces, et même de toutes charges et dignités.

Cette intolérance religieuse , et une corruption effrontée , avaient rendu désastreux l'interrègne qui suivit la jnort d'Au>^ guste II, et qui finit par allumer une guerre européenne. Cette guerre donna le trône à Auguste III de Saxe, prince magnifique ^ dissolu, qui eut trois cent cinquante-quatre enfants naturels, et qui pratiquait en grand la débauche comme un système politique, se servant du vice pour amollir les âmes. 11 maintint longtemps le pays en paix ; mais ce repos engourdit l'ardeur belliqueuse des Polonais, et leur réputation guerrière en souffrit. Les haines religieuses semblaient aussi assoupies ; mais la gangrène qui rongeait le pays n'en apparaissait que mieux. Pour y remédier, on songea

' Nous croyons que riniluence religieuse de Charles XII se trouve ici exagérée : l'action quMl avait pu exercer sur la Pologne s'était trouvée complètement anéantie par les résultats de la bataille de Pulta^a, en 1709. Tout ce qui s'était fait dans la diète de 1717, qui fut appelée ïa diète muette, avait été provoqué et dirigé par la main de Pierre le Grand , qui introduisit dès cette époque , au moyen de dissidences religieuses et autres, des germes de dissolution. ( Am. R. )

Page 1