‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notesChapitre 18 sur 159 · PABTAGE DB LA POLOGNE. 17S · texte numérisé non relu

PABTAGE DB LA POLOGNE. 17S

à changer la constitution : deux partis surgirent, opposé» Tun et Fautre à Tunanimité du vote, et toulant y substituer la simple majorité. L*un, dirigé par Potocki , craignait que l'on n'accrût le pouvoir du roi, qui conférait les emplois; il voulait en conséquence y obvier en attribuant les nominations à un conseil permanent et souverain : du reste, il remettait les réformes au prochain interrègne. Les Czartoryski, descendants des anciens ducs de Lithuanie , dont la clientèle était nombreuse dans le pays, auraient désiré une monarchie forte et héréditaire, peut-être parce qu'ils y aspiraient ; ils auraient voulu par ce motif diminuer l'autorité des grandes charges et des grandes femilles , et accroître celle des tribunaux. Dans ce but, ils se firent les appuis de la cour, et ils attirèrent dans leur parti les personnages les plus marquants. Mais Jean Branicki , grand maréchal de la couronne , dévoila leurs intentions , et se fit le chef d'un autre parti qui s'appuya sur la France. 11 ne restait aux Czartoryski qu'à se ménager des ressources sous main. Leur neveu Stanislas Poniatowski , qui se trouvait à Saint- Pétersbourg , était à même de connaître les sentiments de ce cabinet. Dénué de courage et d'instruction >, mais insinuant et gracieux , avec une belle figure , il élevait ses espérances jusqu'au trône ,. se fiant à cet égard aux prédictions des astrologues, et plus encore à la promesse que Catherine, qui l'aimait, lui avait faite de te faire élire roi de Pologne.

( 1763) Lorsque Auguste III, qui avait toujours vécu dans la dépendance de la Russie , abandonna la malheureuse Pologne pour aller mourir en Saxe, un déplorable interrègne commença dans le pays. Les Czartoryski, se hâtant d'opérer des réformes pendant la vacance du trône , abolirent les grandes charges , abaissèrent les familles puissantes, affaiblirent les seigneurs en limitant leur pouvoir sur les serfs, supprimèrent les privilèges des

' Quant au manque d^instruction , ce jugement est inadmissible : Stanislas possédait non-seulement beaucoup d'instruction et d'éloquence , mais il releva , il protégea à tel point les sciences, les lettres et lesi écoles, que son règne fut une sorte de renaissance sous ce rapport, et qu*ll conserve le nom de siècle de Stanislas- Auguste. ( Am. R. )

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