PABTAGB DE LA POLOGNE
grandes villes et de [Nrovinces entières. Les régiments de la garde furent placés sous la dépendance entière du loi , comme aussi rhôtel des monnaies et les postes; on mit à la disposition de la couronne quatre domaines des plus riches. Les Czarto* ryski tentèrent surtout d'abolir le Liberum veto. Tout cela, ils le firent en quelques semaines , sans chercha d'appui dans la volonté de la nation , pendant que la Prusse et la Russie, intéressées à prolonger le désordre , voyaient toute réforme de mauvais ceil '.
Chacun des deux partis , d'accord pour repousser un roi étranger, mettait en avant sa créature. Mais comment espérer que plus de mille électeurs arriveraient à un vote unanime au milieu de tant de passions? Après tout, que servait-il de disenter, lorsque Catherine avait déjà résolu ? Soixante mille Russes aux frontières, dix mille aux portes de Varsovie , devaient assurer la Ubre élection de son amant ( 1764) : des Turcs, des janissaires , des Hongrois, des Prussiens , remplissaient la ville et jusqu'aux galeries de la salle. Stanislas fut donc élu. Issu d'une famille italienne très-noble , mais peu puissante *, reoommandable seulement par ses manières et sa beauté, les malheurs dont il eut à payer la couronne lui ont rendu la postérité indulgente ^. Il mécontenta les Polonais le jour même de son
' Non-seulement la Prusse et la Russie ne voyaient pas de mauvais œil ces réformes, mais elles poussaient sous main les CzartorysU à les faire , d^abord comme moyen de jalousie et d^envie entre les partis , et puis pour prouver Tinfluence de la Prusse et de la Russie , dans la facilité avec laquelle elles ont aboli ces réformes par les mains des Czartoryski eux-mêmes. ( An. R. )
' L'origine des Poniatowski est toute polonaise , selon les autorités polonaises les plus authentiques. Le premier Poniatowski , père du roi Stanislas, était fils naturel du prince Sapiegha, grand général de Litimanie. ( Am. R. )
^ La postérité est indulgente pour les rois malheureux qui cherchent à remplir leur devoir, qui montrent du courage , du dévouement , de la vertu , et qui succomhent dans des luttes réelles ; tandis que Stanislas- Auguste cédait à tout , pleurait et rusait constamment. Il fut témoin des trois partages de la Pologne, et son seul courage fut de régner misérablement durant trente et un ans. (Am. R. )