PARTAGE DE LA POLOGNE
ooaroimement, en ne se montrant pas avec Thabit national et la tête rase ; car il n'avait pu se décider à sacrifler sa belle chevelure. Puis, lié d'un côté à la Russie, de l'autre aux Czarto* ryski , qui exerçaient une puissance absolue, il reconnut bientôt sa triste nullité sur le trône où il était assis; car il s'y trouvait à la m^rci du prince Repnin , l'ambassadeur russe , naguère son compagnon de débauches , devenu alors pour lui un contradicteur violent, prompt à lui faire sentir Téperon dès qu'il se montrait récalcitrant.
Le pa3r8 tout entier était alors divisé en confédérations de nobles , résolus à maintenir leurs droits par les armes ; la Lithuanie seule en comptait quatorze , qui prétendaient , sous la présidence de Radziwill , raffermir la république et peut-être débrôner Stanislas. Les dissidents ( 1767 ) avaient eu recours à la tzarine , qui , charmée d'une occasion de se montrer philosophe en répudiant une intolérance qu'elle-même avait provoquée , les prit sous sa protection. Mais la diète, où dominaient les républicains (on appelait ainsi les adversaires des dissidents), loin de consentir à la liberté du culte, confirma les ordonnances rendues contre eux.
Stanislas cherchait des expédients pour conserver au moins quelques-unes des prérogatives royales, et s'épuisait en condescendance envers Tambassadeur russe , qui menaçait de la Sibérie les patriotes , et Branicki leur chef.
D'une part donc, anarchie, corruption, incertitude, inimitiés au dedans , faiblesse au dehors ; de l'autre , une volonté opiniâtre , un dessein arrêté et constant d'écraser les Polonais. Le résultat pouvait-il être douteux ? Déjà tant de misères, aggravées par la famine et par la peste , avaient fait naître l'idée de partager la Pologne. Mais qui le premier osa proposer de porter le coup qui était dans la pensée de tous ' ? C'est là ce qui
* On poorrail répondre, après avoir interrogé les documents les plus authentiques, que les cabinets de Pétersbourg, de Berlin et de Vienne ont été en tout temps, en tous lieux, dans les circonstances les plus opposées en apparence, coupables au même degré vis-à-vis la Pologne. Chacun d^eux pris séparément, ou tous agissant collectivement, ont