PABTAGE DE LA POLOGNE
n'est pas éclairci : « Cefut,ditrhistoriendela maison d'Autriche, une action si odieuse , que chacune des trois puissances s'efforça d'en rejeter la honte sur les deux autres. » La proposition en a été attribuée le plus généralement à Frédéric ; mais il le nia , et les découvertes successives paraissent l'en disculper. Le prince de Kaunitz et Joseph II , qui aspiraient à l'agrandissement de l'Autriche, espéraient y arriver aux dépens de la Turquie , disposée qu'elle était à payer de quelques province les secours dont elle avait besoin contre la Russie; mais lorsque la paix fut conclue entre ces puissances, Joseph et son ministre virent avec peine des arrangements qui renversaient leurs projets. Ils envoyèrent donc (1770) des troupes occuper certaines portions de la Pologne qui appartenaient, selon eux, au royaume de Hongrie, ainsi que les salines de Bochnia et' de Wielicszka , qui composaient le principal revenu du roi de Pologne. L'intention de l'Autdche étant de les garder et non de les dévaster, ses troupes se comportèrent pacifiquement dans ces contrées ; tandis que les Prussiens , que Frédéric avait fait entrer dans la grande Pologne , sous prétexte de former un cordon sanitaire contre la peste qui y sévissait , s'y comportaient non moins brutalement que les Russes.
Stanislas , attaqué de deux côtés , appela à son aide la Rusété guidés par les mêmes vues; ils ont eu recours aux mêmes moyeus d'exécution pour arriver à leurs fins : c'est-à-dire , d'abord corruption et intrigues secrètes pour entretenir Panarchie parmi les Polonais » puis protectorat désintéressé, puis l'introduction de soldats, puis le partage; enfin Tanéantissement politique et la dénationalisation de la Pologne.
M. Cantu cite plusieurs faits qui tendraient à disculper Marie-Tliérèse, pour jeter le principal blâme sur Frédéric et Catherine. Il dit, et il dit vrai , que le partage de la Pologne fut accompli à la fin de 1772 ; mais il dit aussi, et il dit vrai, que rAutriche avait envahi une partie de la Pologne dès le mois d'août 1770. Comment donc peut-il justifier, ou au moins donner pour sincères, les citations qui prouveraient que Marie-Thérèse s'opposait au partage, qu'elle le désapprouvait, et ne faisait que suivre les exemples de la Russie et de la Prusse, lorsqu'elle effectuait ostensiblement, deux ans auparavant, ce que la Prusse et la Russie exécutaient deux ans plus tard ? ( Am. R )