‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notesChapitre 22 sur 159 · PABTA6£ DB LA POLOGNE · texte numérisé non relu

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sie , qui à son tour envahit le territoire. Le prince Henri , frère de Frédéric, se rendit à Saint-Pétersbourg pour s'entendre avec Catherine : Joseph s'y rendit aussi. On parvint à apaiser les scrupules de Marie-Thérèse, en lui faisant entendre que c'ét9it le seul moyen d'éviter l'efiEusion du sang ^ ; et il parut à ces avides négociateurs que le seul moyen de satisfaire leurs mutuelles prétentions était de se partager la Pologne.

Exemple inouï de trois puissances d'intérêts divers , s'unissant pour démembrer un État dont l'unique tort était de ne pouvmr leur résister ! L'arrangement ne fut connu qu'au moment où il devint public , avec les pièces à l'appui de droits qui n'avaient d'autre poids que celui des armes. Marie-Thérèse déclarait , dans son manifeste, que le pays dont elle s'emparait avait très-anciennement appartenu h la Hongrie; que si ses prédécesseurs ne l'avaient pas réclamé , c'était bonté et pure générosité de leur part; que si plusieurs d'entre eux , comme Rodolphe II , les avaient cédés , ils avaient agi sans droit , attendu que le droit canonique invalide les cessions faites par un roi , comm^ celles qui sont consenties par un mineur; qu'il fallait donc rendre grâce à la Providence , qui avait offert à la maison d'Autriche l'occasion de recouvrer des droits si évidents et si bien fondés.

I Elle disait au baron de Breteuil , ambassadeur de France : « Je sais que j^ai imprimé à mon règne une tache honteuse ; mais on me pardonnerait si Ton savait à quel point j^y répugnai, et combien de circonstances se réunirent pour faire violence à mes principes et à mes résolutions, contraires à toutes les intentions de Tinjuste ambition russe et prussienne. Après y avoir pensé beaucoup , ne voyant pas moyen de m^opposer seule aux projets de ces deux puissances, je crus, en mettant en avant des demandes et des prétentions exorbitantes , qu^elles refuse^ raient, et que les négociations seraient rompues : mais mon étonnement et ma douleur furent extrêmes, quand je reçus le cousentement absolu du roi de Prusse et de la czarine. Je n'eus jamais un plus grand ctiagrin; il en fut de même de M. de Kaunitz, qui s'était constamment opposé de toutes ses forces à ce cruel arrangement. » Lettre du baron <ie Breteuil au vicomte de Vergennes , en date du 23 février 1775, rap- |K)rlée par Flessan. Histoire de la Diplomatie française , t. Vil, p. 12i.

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