‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notesChapitre 23 sur 159 · PARTAGE DE LA P.OLOONE · texte numérisé non relu

PARTAGE DE LA P.OLOONE

Le grand Frédéric mettait en avant des arguments de la même force ; mais Catherine ne se donna pas, comme eux, la peine de fouiller dans ses archives et de torturer l'histoire ' ; et le comte de Salm lui ayant dit que le roi son maître craignait la désapprobation publique ^ elle lui répondit : Je prends le blâme sur moi.

Le traité de partage fut signé à Saint-Pétersbourg le 25 juillet (&août) 1772. Il attribuait à la Russie les deux gouvernements de Polotsk et de Mohilev, c'est-à-dire 45,157 milles géographiques, avec 1,800,000 âmes; à l'Autriche, les treize villes du comté de Zips , jadis hypothéquées par le roi de Hongrie Sigismond, et l'ancienne Russie Rouge ; en tout , 1,360 milles géographiques et 3,300,000 habitants. Ce territoire, très-important à cause des salines qu'il renferme, mettait la Pologne sous la dépendance de l'Autriche pour un objet de première nécessité. Et comme on disait que ces salines appartenaient autrefois à la Hongrie, dans le pays de Halicz et de Vladimir, on forma de ces provinces le royaume de Gallicie et de Lodomirie, détaché toutefois de la Hongrie. Ainsi la plus grande part , mais la moins fertile, échut à la Russie ; la plus productive , à l'Autriche; la plus petite, à la Prusse (490,000 habitants seulement). Mais elle était pour elle très-importante en ce qu'elle arrondissait ses États, et lui fournissait une communication entre les provinces prussiennes et le Brande* bourg.

On conçoit la douleur dont la Pologne fut saisie ; mais les cabinets spoliateurs ne répondirent à ses plaintes que par des reproches sévères ; et « aûn que nulle illusion ne vînt alléger, pour cette malheureuse nation , le poids des faits accomplis , un, terme lui fut fixé pour s'y soumettre. Ce délai passé, Leurs Majestés se déclaraient dégagées de toute renonciation , et dé-

' Nous ferons observer ici que Catherine II fouillait dans ces archives, comme Frédéric II et Marie-Tliérèse, pour établir aussi par des écrits soi-disant historiques ses droits sur la Pologne. Les Polonais y répondirent , et CCS pièces, publiées dans le temps, ont été reproduites depuis dans plusieurs ouvrages. On peut consulter sur tous ces événements VWsloire de Pologne, de Léonard Chodzko. (Am. R.j

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