‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notesChapitre 3 sur 159 · GRANDE-BRETAGNE. — ÉPOQOE GÉORGIENNE · texte numérisé non relu

GRANDE-BRETAGNE. — ÉPOQOE GÉORGIENNE

en Europe une foule d^idées politiques. Il ne faut done pas s'étonner qu'il en soit résulté une sorte dldolâtrie pour la constitution britannique.

Nous avons dit comment s'étaient établies les lois en Angleterre, et combien le peuple y tenait opiniâtrement à sa nationalité, au point de repousser toute innovation qui le rapprocherait des autres. Tandis que le droit britannique dictait les décisions des tribunaux , on étudiait dans les écoles le droit canonique et le droit romain, qui n'avaient aucune actualité sociale. Le dernier faisait partie de l'éducation littéraire, le premier était abandonné aux gens d'affaires : distinction nuisible, surtout dans un pays où la constitution appelle tant de citoyens à participer à la législation et aux affaires publiques. C'est à quoi voulut remédier Blakstone. Après sept années d'études opiniâtres pour débrouiller le chaos des lois de sa patrie, il entreprit un cours de droit à Oxford ( 1759); et la jeunesse, à qui il ouvrait un horizon tout à fait nouveau, l'accueillit avec enthousiasme. C'est alors que l'on reconnut l'utilité d'une chaire de droit national; et Blackstone, qui y fut appelé, publia ses leçons sous le titre de Commentaires sûr les lois anglaises. Les Anglais y apprirent à se connaître eux-mêmes ; l'admiration que l'on éprouvait déjà pour la constitution anglaise s'accrut chez les étrangers , et Ton cessa d'y voir seulement un monument formé de pratiques et de coutumes. Blackstone n'examine pas les améliorations possibles ; il accepte ce qui est , iDontre les rapports civils et politiques tels qu'ils sont, en indique les origines et les commente, mais sans prétendre les réformer. Son livre est donc un monument d'érudition, un manuel précieux , mais non pas un essai de philosophie légale. C'est ce qu'il déclare ouvertement : « On a disputé longuement, dit-il, et sans con- « dure, sur l'origine des différentes formes de gouvernements; « mais tel n'est pas mon but : de quelque manière qu'ils aient « commencé, quel que soit le droit eu vertu duquel ils existent, « il y a et il doit y avoir dans tous une autorité suprême, incon> « testée , absolue , dans laquelle résident les droits de la sou- « vorainelé. »

Quelle diffôrtuce avec les idées des encyclopédistes, roi

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nom desquelles il fallait tout remettre en doute, tout i^ler» non pas d'après le fait , mais en vertu d'abstractions philoso* phiques!

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