‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notesChapitre 45 sur 159 · DE LA BÉVÛLUTIOK FRANÇAISE · texte numérisé non relu

DE LA BÉVÛLUTIOK FRANÇAISE

reul ie roL » Cette assemblée pouvait beaucoup en secondant les réformea que Louis XVI acceptait, et en coupant court aux désordres financiers; mais elle nuisit au contraire, en donnant la conviction que les classes privilégiées avaient en haine Tégallté. L*énomii|é de la d^te causa un scandale généra). Le ministre , obligé de restreindre ses plans , ne proposa que la taxe du painer timbré et une subvention territoriale y imp^t di* rect substitué àtl*autres , qui devait être payé en nature , et sans privilège' ni exemption .

Ces mesures scÂdevèrent une opposition acharnée, que leur suscita im personnage puissant. La maison d*Orléans grandi»* sait en ftce de la couronne ; et le Palais-Royal , autour duquel se pressait la classe boiigrgeoise , portait ombrage au château de Versailles. C'était la bourgeoisie qui avait soutenu le Régent, et elle favorisait alors Louis- Philippe- Joseph son petit-ftls >, qui avait raf^rté d'Angleterre quelques idées politiques , et encore {dus de vices. H était Irrité contre la cour, et particulièremenr contre Marie- Antoinette» Comme son aïeul , ce prince se lança dans les spéculations, changeant en bazar le jardin de son palais , qu'il fit entourer de galeries avec des boutiques , afin d'avoir, disait-on , tous les vices pour locataires. Mais il bravait les quolibets des Parisiens. C'étaient de nouvelles distractions qu'il cherchait en faisant de l'opposition au gouvernement ; car il aimait la politique comme un amusement, et il ne l'aurait pas affrontée comme un péril. 11 s'attirait de la sorte cette po^ pularité qui devait le conduire à l'échafaud.

L'Angleterre, dont il avait pris les usages, exploitait son mauvais vouloir comme un principe de troubles pour la France, et lui laissait peut-être entrevoir un diadème au fond de tant de changements si mal calculés. Ses partisans affichaient de vive voix et par écrit un ardent patriotisme, et la désapprobation incessante des actes de la royauté. Il se fit élire grand

' Le régent eut pour fils unique Louis ( 1703-1752); celui-ci eut <^{$alement pour fils unique Louis-Philippe ( 1725-1785) , lequel nVut aussi qu^un fils, LouivPhilippeJosepli ( 1743-1793 )» père de Louisriiilippc, roi des Français ( 1773-1850 ).

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maître des francs-maçons, aûn de «se procurer im nouveau moyen d'influence. Û était appuyé par la Fayette, qui avait rapporté d'Amérique la réputation de héros libâral, tout en conservant les airs et les manières aristocratiques. Araârteain a Versailles , il proclamait , lui marquis , les droits de Thomme, et conservait , au milieu des intrigues et de la corruption , cette candeur qu'on n'a qu'une fois. Le peuple , qui voyait en lui le représentant de la liberté et des idées nouvelles , (Nrit parti dans les débats de l'assemblée des notables , sifflant les inem* bres favorables au cabinet,. applaudissant le^ opposants. Contraint de se prononcer entre l'assemblée et le ministre, le roi congédia ce dernier; Les séances continuèrent san» amener rien d'important, et se terminèrent à l'amiable, c'est-à-dire sans résultat. Mais le peuple avait pris goût à ces discussions , et n'en désirait que plus une représentation véritable.

L'archevêque de Toulouse, Loménie de Brienne, que le roi haïssait parce qu'il passait pour athée, fut, paï l'influenee de la reine, appelé à présider le conseil des finances. Au Heu de porter au parlement toutes les décisions des notables pour les faire engistrer à la fois , il les présenta l'une après l'autre. Le parlement se déclara incompétent pour enregistrer de nouveaux impôts, et prétendit qu'il était nécessaire d'en référer aux états généraux. Puis lorsqu'on recourut au lit de justice > , îl ^ çlara nul tout ce qui y avait été fait. Ce fut, à vrai dire , le premier jour de la Révolution. Louis XYI exila le parlement à Troyes. Alors, excité sous main parle duc d'Orléans, soutenu par l'opinion publique et par la nombreuse jeunesse de la bazoche et du barreau, ce corps accusa le roi de despotisme, examina les droits de la couronne , sema parmi le peuple des idées de résistance ; et le peuple l'applaudit comme son égide contre le despotisme , comme un pouvoir réfonnateur, tandis que ce corps s'opposait à toute réforme. Au bout de deux mois on en vint à une capitulation honteuse pour les deux partis ; car le roi

' Louis XVI rouvrit par ces paroles : Messieurs, il rCapparlient point à mon parlemenl de douter de mon pouvoir, ni de celui que Je lui ai confié.

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