‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notesChapitre 46 sur 159 · DE LA REVOLUTION FRA>Ç\1SE. 39J · texte numérisé non relu

DE LA REVOLUTION FRA>Ç\1SE. 39J

renoDça à demander Timpot, et le parlement prolongea la |>eroeplion da vingtièiiie.

La manvaiae réussite des afXairer de Hollande Qt perdre à la Franee la considération que lui avaient value , au commence* ment da règne de Louis XVI , ses succès militaires et diplomatiques. L*<Hgoeil national fut en outre blessé des cris de joie qo*eo poussèrent ses ennemis. On avait bien triomphé de T An* gi^enre dans la guerre d* Amérique; mais on n*en faisait guère un mérite an cabinet, car on savait qu*il avait été poussé malgré loi à jouer le rôle de libérateur.

Louis XVI annonça, en séance royale , Tintention de convoquer les états généraux, et présenta à Tenregistrement deux édita, dont Tun créait un emprunt de 420 millions à réaliser en quatre années , et dont Tautre rendait les droits civils aux protestants ' , nonobstant ropposition des notables. Le parlement les enr^istra; mais il se rétracta ensuite quand le duc d*Orléans eut protesté. Le roi exila le prince , que la persécution rendit plus populaire , et que Ton considéra comme « une illustre victime du pouvoir arbitraire ; » mais , habitué aux plaisirs et incapable de soutenir un rôle, il négocia son rappel , qu'il obtint, et fit au roi force protestations , sans pour cela suspendre le cours de ses intrigues.

Cest alors que le roi , qui n'avait pas su profiter du coup d'État de son prédécesseur, s'apprêta à en frapper un nouveau. Ce coup d'État consistait à réduire les membres du parlement à soixante-seize , distribués en six bailliages qui seraient devenus cours d'appel , et d'une cour plénière composée de Télite de la^ magistrature, à laquelle auraient été portés pour l'enregistrement les actes de l'autorité royale., L'ordonnance n'était pas encore promulguée , que déjà on en publiait une copie. On vit alors pleuvoir les protestations ; le roi fit arrêter en plein parlement les divulgateurs de la mesure , et ordonna en lit de justice l'enregistrement des édits.

Il décréta ainsi le despotisme , mais sans s'être assuré des moyens de le soutenir. La noblesse se mit du côté de la résis-

' Sauf Tadinission aux charges judiciaires et IVnseignciuent public.

IKHî PBÉLUDE

tance. Le parlement opposa à Tarbitraire royal une déclaratkm des formes constitutives de la monarchie : « La France , dit-il, est une monarchie gouvernée par le roi , conformément liux lois; elles établissent: 1" le droit au trône de la maison ré* gnante , de mâle en mâle, par ordre de primogéniture; 7^ le droit de la nation de consentir librement les subsides , par For- * gane des états généraux ; 3° les coutumes et les capitulatîdDS des provinces ; 4° Tinamovibilité des magistrats; 5» le droit des cours de vériûer, dans chaque province, les volontés du roi ^ d'en ordonner Fenregistrement , seulement en tant qu'elles sont conformes aux lois constitutives de la province et aux lois fondamentales de TÉtat ; G*" le droit de tout citoyen de n*étre traduit que devant ses juges naturels ; 7*" enGn le droit, qui est la garantie des autres, de n*étre arrêté que pour être remis immédiatement aux juges compétents. »

Cétait avertir la nation de ses droits ; et la cour avait excité là une résistance qu'il fallait ou ne pas provoquer, ou abattre. Le conseiller d'Éprémesnil fut arrêté dans une séance solennelle , et devint le héros du moment. Plusieurs magistrats refusèrent d'entrer dans les bailliages , appelés à remplacer les parlements déclarés vacants. Des manifestations bruyantes , des scènes de violence éclatèrent en plusieurs endroits ; des clubs se formèrent à Paris : partout ce furent des* réunions où Ton s'entretenait des abus à détruire, des réformes à intro^iuire, de la constitution à fonder. Le gouvernement ordonna des arrestations. Les soldats envoyés pour calmer les esprits avec des baïonnettes rencontrèrent de la résistance, surtout en Bretagne et dans le Dauphiné. Louis XYI , qui s'amusait à chasser, et qui ne prévoyait pas qu'il existât des volontés plus fermes que la sienne, fut contraint de retirer les deux édits. Ce fut alors qu'il se décida à convoquer les états généraux pour le commencement de mai 1780, eu invitant tous les ordres à lui adresser leurs avis sur la meilleure manière de les composer.

L'archevêque de Toulouse, en butte à toutes les haines, résigna le portefeuille , et Necker fut supplié de le reprendre.

Son ouvrage De l administration des finances (1784) avait r\èpTo\ïù>é'y il b'était répandu en «'onséquence , et les doctrines

Page 1