CAMPAGNES D'ITALIE
qu'on pouvait avoir. Le fils aîné du duc d'Orléans , qui s'était signalé au combat de Jemmapes , donnait des leçons en Suisse dans un collège de Coire; Tabbé Caron s'occupait en Angleterre d'instruire les enfants des émigrés. Cela contribuait à propager l'intérêt ponr ceux qui souffraient et en même temps les idées royalistes. L'espérance de ce parti s'appuyait principalement sur la Vendée, qui se soulevait de nouveau ; mais Hoche, envoyé dans ce pays à la tête de cent mille hommes, y fit une guerre vigoureuse , qui se termina par la mort de Charette et de Stofflet, livrés par trahison.
Pichegru, qui commandait sur le Rhin, avait l'espoir de se faire le Monk d'une restauration bourbonienne. Il s'était toujours montré modéré dans la victoire; il avait préservé la Hollande de tout pillage, et ménagé constamment le sang des émigrés aiosi que celui des prisonniers anglais : il se jeta tout à coup du côté des royalistes, sans qu'on sache s'il fut gagné à prix d'or ou par des séductioTns de femme. Après sa retraite de l'armée, l'archiduc Charles d'Autriche remporta plusieurs avantages signalés.
L'Espagne, revenue à la politique d'intérêt, se décida, sous le ministère du comte d'Alcudia, à contracter avec la France une alliance offensive et défensive (traité de Bâte, 1795 ), et à déclarer la guerre à la Grande-Bretagne (octobre 1795). Les Anglais, toujours prompts à agir , lui enlevèrent la Trinité ; mais ils attaquèrent en vain Porto-Ricco et Téuériffe. Ils tâchaient aussi d'attirer à eux la Russie ; Catherme , tout en promettant beaueoop, n'envoya qu'une escadre^ ce dont on avait le moins besoin. Elle fit toutefois un traité de commerce avantageux pour l'Angleterre, et conclut une alliance avec cette puissance et avec l'Autriche'.
' La période du Directoire, d'an intérêt bien moindre pour les étrangers que celle qui la pré<;ède et que celle qui la suit, paraîtra sansdovte traitée trop brièvement dans ce cliapitre. La chute du Directoire se trouva renvoyée dans le volume suivant, après le tableau de Tltalie au dix-trafl» tième siècle et le récit de la première campagne de Napoléon. ( Am. R .)