‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notesChapitre 67 sur 159 · t'iTALlB · texte numérisé non relu

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droit de proposer un csrdinal, et de donner rexelusion dans le conclave. Enfin on transigea, et il fut convenu que le roi lèverait un impôt sur les biens ecclésiastiques s pour former les commanderies des ordres de Saint-Cbaries et de Saint-Janvier, et qu'il y aurait à ISaples un tribunal mixte pour les litiges entre ecclésiastiques et laïques.

Le marquis Tanucci , ministre du roi Charles III et de son successeur, était l'ami de la monarchie plutôt que celui du pays : plein de zèle pour la toute-puissance royale , inébranlable dans ses projets, quels qu'ils fussent, despotique au point de ne tenir aucun compte de l'histoire ni du caractère national, il chercha cependant à opérer des améliorations. Les nobles furent attirés à la cour, et en réalité se trouvèrent privés du pouvoir. Il fut ordonné aux juges de ne statuer que sur un texte de loi précis, et de faire imprimer les motifs de leurs décisions. Galanti , qui reçut la mission de visiter le royaume, ne dissimula pas les maux du pays dans la belle Description qu'il &i donna *.

Plusieurs francs-maçons ayant été arrêtés (1751 ), Tanucci, au lieu de les trouver coupables , fit mettre en accusation don Janvier Pallanti , président du tribunal qui les avait fait saisir. II abolit les dîmes ecclésiastiques, défendit les acquisitions nouvelles aux établissements de mainmorte, ainsi que le recours à Rome , et restreignit la juridiction ecclésiastique et le nombre des prêtres à dix, puis à cinq, par mille habitants. Il déclara que les bulles , tant anciennes que nouvelles , n'auraient de valeur qu'avec l'assentiment royal ; définit le mariage un contrat civil ; éleva les évéquesau détriment de Rome, et les soumit en tout au roi. Il déclara la guerre aux jésuites , qu'il fit transporter tout à coup sur le territoire de l'Église, au nombre de quatre

* Quatre pour ceixt. On calcula qu'il devait rapporter un million de ducats.

' 11 trouva dans le fief de Saint-Janvier de Palma, à quinze milles de Naples , que les serviteurs du baron habitaient seuls dans les maisoBS, tandis que deux mille bourgeois n'avaient pour abris que des grottes et des huttes.

cents, dit-on. Il fit assigner une pentkm « av fils de Thomme le plus grand , le plus utile que le royaume eût produit dans ce siècle et le plus injustement persécuté , » c'est-à-dire Giannone '.

Lorsque la nonciature venait à vaquer, les princes catholiques pouvaient présenter trois candidats , sur lesquels le pape choisissait. Clément XIII voulut (1759) restreindre cette faculté aux puissances de premier ordre; mais.!Naples, ne se trouvant pas comprise dans le nombre , déclara qu'elle n'admettrait plus pour nonces que des prélats qui lui agréeraient. Le gouvernement napolitain, s'étant ainsi brouillé avec la cour de Rome, se mit à chicaner sur les bulles et sur les brefs, et à en entraver la publication. Ik enleva au saint-siége la dépouille des évéchés et le revenu des sièges vacants, dont il fit des aumônes. Les diverses rétributions perçues par la chancellerie romaine furent supprimées, de même que le patronage exercé par le pape, chaque fois qu'un fief ou un fonds quelconque était annexé à un bénéfice. La nomination aux cent évéchés de Sicile fut attribuée au trône , le tribunal de l'inquisition aboli dans l'île ; et un évéque pour les Grecs unis y fut installé , sans en donner avis au pontife. Les moines mendiants furent réduits de seize mille à deux mille huit cents; on fit accorder par les évéques les dispenses pour les mariages ; enfin on supprima le tribunal de la nonciature.

La Sicile était considérée comme un ancien fief de l'Église. C'est pour cela que chaque année, la veille de Saint-Pierre, en vertu d'une convention de 1479, entre Sixte VI et Ferdinand d'Aragon, on offrait en présent, au pontife, une haquenée et G,000 ducats. Une difficulté bizarre s'était même élevée , lors de la guerre de la succession d'Espagne , au commencement du

' Giannone, écrivain napolitain , auteur de V Histoire civile du royaume deNaples. Très hostile à rÉglise,et en butte à ses poursuites, insulté plusieurs fois par le peuple de Naples , il alla chercher un asile à Vienne, où il fut protégé par le prince Eugène ; puis à Venise, croù il tut expulsé. 11 vécut errant de ville en ville, et fut renfermé dans la cifadelle de Fnmi , où il mourut après une captivité de douze ans.

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