H4 SECONDE COALITION. — CAMPAQNB DEBITER
Burles calculs de puissances dont les forces s*équillbi«nt. L'idée d'un avantage commun , le prestige d'une confiance fondée sur les mêmes opinions, préparèrent les premiers rapprochements. Les divergences d'opinion quant aux moyens d'atteindre le but commun fit naître la mésintelligence^ qui s'accrut à mesure que les événements, en changeant le point de vue, bouleversaient les objets et trompaient les espérances. Elle éclata enfin, quand des armées indépendantes devaient opérer de concert. Le désir na« turel de jouer le premier rôle dans lo succès et dans la gloire excita les passions rivales des chefs et des nations. L'orgueil et la Jalousie , la ténacité et la présomption , naquirent du conflit des ambitions et des avis opposés. Les contradictions continuelles aigrirent de plus en plus les esprits; et c'est un heureux hasard quand une pareille union se dissout sans que les deux partis tournent leurs armes l'un contre l'autre '. »
La révolution du 18 brumaire avait été vue de bon œil, comme un retour à l'ordre et à l'unité , par les puissances étrangères, qui ne voulaient plus traiter avec un gouvernement dont les chefs changeaient tous les trois mois. Déjà plusieurs avaient deviné dans Bonaparte le génie organisateur. Lorsqu'il adressa des propositions de paix à l'Angleterre , les whigs soutinrent qu'il convenait de les accepter ; mais Pitt répondit, dans un admfrable discours , qu'on ne pouvait pas se fier à une révolution qui, en dix ans, avait commis plus de crimes que la France n'en avait peut-être accumulé depuis qu'elle existait; pas plus qu'à un homme qui, n'ayant jamais respecté une promesse, avait violé les traités faits avec les rois étrangers , et ses serments envers son propre gouvernement. Malgré les répliques de 'Sheridan et une lettre très^modérée de Bonaparte, l'opinion de Pitt triompha. Il obtint un crédit de trente-neuf millions et demi de livres sterling pour faire la guerre contre ce consul , qui trouvait à peine dans les caisses publiques cent soixante mille livres d'argent comptant ; et la guerre générale fut déclarée. La Russie et l'Autriche s'apprêtèrent à y prendre part, et un vaste plan de campagne se pré[)ara>
' Campagnes de t799 , tome 11 , p. 275.