‹ Histoire de cent ans de 1750 à 1850, tr., avec notesChapitre 96 sur 159 · X. Les évêques nommeront aux cures · texte numérisé non relu

X. Les évêques nommeront aux cures

Leur choix ne pourra tomber que sur des personnes agréées par le gouvernement.

XI. Les évêques pourront avoir un chapitre dans leur cathédrale , et un séminaire pour leur diocèse , sans que le gouvernement s'oblige à les doter.

XIL Toutes les églises métropolitaines, cathédrales , paroissiales et autres non aliénées, nécessaires au culte, seront mises à la disposition des évêques.

XIll. Sa Sainteté , pour le bien de la paix et l'heureux rétablissement de la religion catholique , déclare que ni elle ni ses successeurs ne troubleront en aucune manière les acquéreurs des biens ecclésiastiques aliénés, et qu'en conséquence la propriété de ces mêmes biens, les droits et reveims y atta-

108 MESniBS BBPAftATAlCEft DU P1«HUK COHSOL.

ce consul dévot; mais le coDbeil d*Êtal ne savait plot dira mn ■. Bonaparte dompta la résistance Intérieufe^ en partMà Taidedes restrictions contenues dans les articles organiques, ai partie a Talde de remprisonnement et de la d^N)rtation« Le eoDieil da clergé constitutionnel fut dissous; les révolotionDaires itaUeas, mais plus encore les royalistes, qui comptaient sur la raptme du pape avec le consul, dans l'espmr qu'elle 8erait.aiie occasion de désordres et de réactions, voyant Tordre s*aaarer désormais, se résignèrent en silence. La France eut on ministre des cultes ( Portails ). et un légat a iatere. Le jour de BAqnes 1 802 , une salve d*artillerie salua la première ftte dirétiennè célébrée depuis 1789 , et le peuple entendit aveeentbfmsiasnie le son des cloches , si longtemps muettes; il aceonrat en foole aux rites solennels , et se nourrit avec bonheur de la parole. divine. La littérature s'anima de cet esprit réparateur. Le Ticomte de Chateaubriand, longtemps errant sur le spl étranger, entreprit alors de-réveiller ces harmonies mystérieuses que le cid et la terre ont avec Texistence humaine, et de les substituer, dans la poésie, à ces réminiscences païennes qui ne pïedaisaient plus que des images décolorées ; son Génie du ChrUtianisme eotvai

cbés, demeureront incommutables entre leurs mains on ceUes de kon ayants-cause.

XIV. Le gouTemement assurera un traitement convenable aux évéques et aux curés dont les diocèses et les cures seront compris dans la'circonacri|h tion nouvelle. *

XV. Le gouvernement prendra également des mesures pour que les catholiqnes français puissent, s'ils le veulent, faire en faveur des^ttaes des fondations.

XVI. Sa Sainteté reconnaît dans le premier consul de la république française les mêmes droits et prérogatives dont jouissait prés d*eUe randen gouvernement

XVII. Il est convenu entre les parties contractantes que , dans les cas ôà quelqu'un des successeurs du premier consul actuel ne serait pas catholique» les droits et prérogatives mentionnés dans Tarticle cf-dessus, et la nomination aui évècbés, seront réglés, par rapport à lui, par uiie nouvelle contehtion.

' « 11 parla pendant une heure et demie... Comme il ne demanda patqud était Tayis du conseil, chacun se tut. » Lettre demonseigneut à Cimsalvi » en date du 8 août.

grand succès. Ce n'était pas une discussion pour les philosophes, mais une œuvre poétique pour les hommes à sentiment, pour la jeunesse et pour les femmes. L'auteur ne cherchait pas à prouver les vérités de la foi , mais à montrer quelle source de beau elles recèlent pour les arts et les lettres ; confibien la morale du christianisme est pure , combien ses dogmes et son culte ^ont solennels et dignes d*amour. Pour les grands et pour les riches , les maux de la Révolution étaient désormais réparés; mais la classe la plus nombreuse, à laquelle ordinairement les compensations n'arrivent guère , ressentait un profond besoin de Dieu; elle avait soif d'entendre une voix qui la comprit et compatît à son sort, qui n'eût pas seulement de l'ironie pour les misères de rhomme. Voltaire avait combattu le christianisme par le sarcasme, Diderot avec l'arme du raisonnement, Rousseau avec d'éloquents sophismes : Chateaubriand entreprenait alors de le défendre par les charmes de l'imagination et par la puissance des affections ; il prenait à tâche de détruire cette sorte de honte qu'il y avait à croire , à adorer Dieu , à Texemple de tant de sages et de héros.

Quoi que l'on puisse dire de cette façon d'aborder la religion d'un point de vue tout humain, l'effet de ce livre, qui substituait le Christ à Voltaire , attestait dans les esprits une direction nouvelle. 11 fut combattu par les philosophes pour les idées, par les grammairiens pour la langue , aussi étrange, disait-on , que les pensées. Les esprits forts se moquèrent de ses défauts, ou tant de vigueur se révélait pourtant , comme ils auraient fait de ceux d'un écolier. Mais il eut pour protecteurs Lucien Bonaparte, le Mécène de l'époque , et Fontanes, le journaliste officiel, qui préparait la restauration monarchique à l'aide de la restauration littéraire.

A la même époque , Delille flétrissait , dans son poëme de la Pitié, les saturnales révolutionnaires , et donnait des regrets à Louis XVI et à la reine : ce poëme fut recherché avidement, parce qu'il était défendu. Michaud écrivait le Printemps (fun Proscrit; Portalis publiait un livre sur F Usage et fabus de C esprit philosophique ; la Harpe, philosophe converti , critique sec et sans imagination , qui travaillait a ramener le goût à l'aide

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de règles mathématiques, flagellait la Révolution dans son Cowrs de littérature, et il fallut lui imposer silence. Le mérite de Voltaire , comme poète , fut mis en discussion; les questions littéraires furent traitées avec un intérêt tout nouveau dans le Mercure par Chateaubriand, Fontanes, Bonald. Ils avaient pour adversaire le journal des Débats, dont les feuilletons jouissaient d'une grande vogue. Marie-Joseph Cbénier fit une satire contre les nouveaux saints. Il se moqua de ceux qui préféraient le Pange Ungua à Horace, le Dies irm à Ovide. Il professait le culte de Voltaire et le mépris des institutions anciennes ; il vanta beaucoup, dans un discours ■, les services rendus par la philosophie du dix-huitième siècle.

Mais la cause était gagnée dès qu'elle était nrise en discussion.

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