COMTE DE MARIE>DOB.N
GÉNÉRAL DE DIVISION , GRA.ND-ECrïEB DE LA COIRONNE , COHHA-NDELR DE L'ORDRE ROÏAL DB LA COVBOHNE DE WESTPDJAI.IE .
OFFICIER DE Lt LÉGtON-l>'H0YNErH , GIIAND-CROIX DE 1,'oElDBK DE
l'éléphant,
COKMANOEWl DE LORDRE Dl MÉRITE MILITURR DE Bl> 1ÈRE ,
NÉ
LE l(> JANVIER 1771 • A CH lNTELLE-LE-f.il ITEAl BÉPARTEMENT DE L ALLIER , MORT ASSASSINÉ A CASSEL, LE 25 DÉCEMBRE 1811.
On dit que cette tombe est souvent visitée, qu'elle est couverte de fleurs et du couronnes sans cesse renouvelées. C'est le vieux soldat d'Austerlitz et de Marengo, qui vient offrir une larme à son ancien général ; c'est la veuve reconnaissante qui conduit •à son jeune enfant et lui apprend que sous ce marbre, repose un homme dont toute la vie fut vouée au bonheur de ses semblables.
Heureux celui qui s'est rendu célèbre, moins encore par l'éclat de ses actions que par des vertus pures et désintéressées ! Sa mémoire sera Mnie et son nom traversera i/foriettsement les siècles.
Pour rappeler à toujours les particularités d'un si triste événement, le roi Toulut qu'une plaque de marbre noir, entourée d'uae grille d'airain, fût placée à l'endroit mDme où son Grand-Ecuyer avait reçu le plomb mortel.
Ainsi fut brisée, à quarante ans, la carrière d'un homme qui pouvait rendre encore tant de services à son pays. Napoléon qui en avait de bonne heure apprécié la valeur, Napoléon, ainsi que nous l'avons vu plus haut, n'avait fait que le prêter momentanément à son frère. 11 voulait le rappeler en France, en lui conservant tous ses titres et toutes ses dignités.
Etrange retour des choses d'ici-bas I un seul instant a suffi pour renverser tant et de si Ihwix projets. Un seul jour nous fait souvent expier les joies et les félicités d'une vie tout entière.
Quel vide n'a point fait à notre petite cité une fin si prématurée ! Quel guide éclairé, quel protecteur puissant nous avons perdu ( Du moins, que les exemples d'honneur et de loyauté qu'il nous a légués en mourant, soient pour chacun de ses compatriotes une leçon toujours vivante et un illustre encouragement à bien faire.
Voilà, sans nul doute, une vie qui sort de la ligne ordinaire. Pourquoi cependant la célébrité qui l'environne est-elle moindre que celle de tant d'autres personnages dont le mérite est évidemment inférieur ? Pourquoi, par exemple, Bur l'Arc de triomphe de l'Etoile, ne figure pas le nom d'un général qui a été jugé capable d'organiser un royaume?
Les raisons, les voici : Morio a servi dans une arme qui prépare les victoires, mais qui ne les remporte pas. Le génie opère en silence, et le monde n'apprécie bien que le bruit et l'éclat. En outre, c'est sur un théâtre étranger que notre héros a joué son rôle principal. Les rayons de sa gloire n'ont donc pu nous parvenir qu'affaiblis par la distance. Mais si le talent réel est modeste, s'il ne recherche point les applaudissements du vulgaire, c'est aux esprits sérieux à savoir le reconnaître, à lui rendre la justice et l'hommage qui lui sont dus.
Déjà, sur une observation de notre part, le ministre de la guerre a fait étudier les litres que pouvait avoir notre compatriote à ce que son nom fût gravé sur la porte triomphale qui domine la capitale.
Ici, sur notre terrain, il me reste un double vœu à exprimer : mes concitoyens ont trop de patriotisme pour ne point en tenir compte.
Morio tiiMi est la gloire et l'illustration de Chantelle. Ses cendres reposent sur une terre étrangère; qu'elles soient transférées et placées avec honneur dans sa \ille natale.
Partout on s'empresse d'ériger des monuments de marbre et de bronze à la mémoire des hommes qui se sont distingués par leur génie et leurs vertus. Je voudrais que sur l'une de nos places publiques se dressât la statue du comte Morio. A la vue de cette glorieuse image, l'étranger se sentirait pris d'admiration pour notre pays. Les jeunes générations interrogeraient leurs pères, et on leur dirait : « Mes amis, ce personnage que vous voyez là muet en votre présence, était comme vous, un simple enfant de Chantelle. Il a rendu des services à sa patrie : les honneurs et les dignités sont venus à l'envi, récompenser tant de dévoûment et de zèle. Soyez, comme lui, laborieux, honnêtes et braves; et \ous mériterez un jour le respect et la reconnaissance de vos concitoyens. »
LE GENERAL Baron MO RIO dr V [S LE
l ilOtl l lith Imp '. . -t".\ei ft.n