‹ Histoire de ChantelleChapitre 29 sur 104 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

CHANTELLE AU XIX e SIÈCLE.

PHYSIONOMIE DE I.A HOU DE CHANTELLE — RUES ET PUCES. — COLLEGE. — HOPITAL. — PORTE-DE-FER - - HOTEL- DE- VILLE. — MARCHÉ AU BUt- — ARCHIVES. — LA CRAND'RITE — CASERNE ET VIEUX CAPUCIN. — CHUT, AUTREFOIS CHATEAU FEODAL. — LE PRÈ-DUN. — PLACE DE L'OSCaNBRE. — ANCIEN BEFFROI- — LE REVENANT NIGOLBT. — PUCE DE L'ÉCOLE. — HOTEL DE PIÏGUILLON. - LE SIRE DE BLOT ET LE DESTRIER

— AUDITOIRE. — LE PICOIJN. — GIROUETTES — TOCR DIT MARQUIS DE LA CRANCE. — MANOIR DU COMTE DUMAS - EGLISE DE SAINT-NICOLAS — CUVE BAPTISMALE. — INSCRIPTIONS GRAVÉES SUR LES CLOCHES. — CIMETIÈRE

— U RUE DES S AT AXS. — LÉGENDES. — LE PnESBTTERE. — APERÇU DES ANCIENNES FORTIFICATIONS — LES PROTESTANTS PILLENT CUtNTELLE — BELLE CONDUITE DE TROIS NEUVES GF.NS — LES LIQUEURS ET LE SEIGNEUR DE CHAWRON. — POPUUTION ET PROGRÈS DE U VILLE DE CHANTELLE — DOURGNEUF. — LE FIE* DE SOUILLÉ. - HOPITAL CANTONAL. - PESTE DE IC3I. — ÉCHOS REMARQUABLES. — CHtPElJLE ANTIQUE. — RUE DE LA SERTLNE.— PONT ROMAIN. - EAUX SALÉES - CHARBOUUT - FONTAWE MDUCULEUSE - PITE DE U FOUGERE.

M* tt

SSà^r^VV' ^' ^. L n'existe plus à Chantelle aucune construction remontant à a f lepoque romaine : le marteau du temps a tout détruit. Le , > :' Moyen Age brille encore là dans tout son éclat : vous le retrouvez à chaque pas, avec ses flèches, ses portes ogivales, ses toits aigus, ses pignons sur rue, ses étages en saillie, ses ^ lucarnes à découpures et à pendentifs, ses balcons scupltés, . recouverts par de larges auvents. Tout le quartier de Saint- Nicolas est peuplé de ces sortes d'édifices, dans la ruelle surtout qui esl aujourd'hui interceptée et le traversait par le milieu.

•La ville de Chantelle a la forme d'un triangle parfait. Une petite place, triangulaire également, en occupe le centre ; là, viennent se rencontrer trois mutes, celles de Montmarault, de Gannat et de Saint-Pourçain. A l'orient, est l'Kglise de St-Nicolas, au nord, le château, séparé delà ville par un large fossé. La vieille ceinture de remparts, élevée jadis par les Bourbons, existe, à quelle

ques lacunes près. Ces remparts, reliés ça et là par des tours rondes couronnées de m-neaux et de mâchicoulis, emportaient un circuit de trois millo mètres. La rivière de Double qui, au nord et au couchant, leur jmsse au pied, servait en ces lieux de fossés naturels; sur les autres points, aucun autre système de défense ne venait se placer devant les murailles.

Trois portes à assommoirs, enclavées dans des tours carrées, introduisaient dans la ville : la porte de Bourgneuf, la porte de Lafonl et la porte de Bois autrement dite de l'horloge. Une poterne s'ouvrait du côté de la rivière, entre l'hôpital et le collège, et s'appelait porte du Boulevard : mais elle est plutôt connue dans le pays 60US le nom de Porte-de-fer. l.'nc autre poterne, extrêmement fortifiée, conduisait du château dans les ravins de Deneuille.

Deux faubourgs, très-allongés, suivent les sinuosités de la rivière, La Font-Xeuce cl Bourgneuf , tous les deux fort anciens, quoique leur appellation dise le contraire. Un troisième, celui de l'ancienne horloge, s'élève dans le haut de la ville. Nicolaï signale les deux derniers qui sont, dit-il, deux beaux faubourg», accompagnés de beaux jardin» et i/uantité de bons vignobles (I). Depuis environ vingt ans, trois quartiers nouveaux sr sont élevés comme par enchantement, Bel-Air, le Chiroc et les Piccaudc/lcs.

Toute la sève de notre ville se porte maintenant vers la partie méridionale.

Voici les noms des diverses rues et places. Elles sont au nombre de trente-trois, et portent pour la plupart un cachet historique. Celles qui sont précédées d'un astérisque, n'ont pas encore la cousécratiou voulue soit par la munici|Ktlité, ou par le temps plus fort que toutes les autorités elles-mêmes :

* Anne de Bcaujeu (rue) de l'ancienne hor-

loge.

Avenue du château.

Rourgnouf (rue de).

Carrousel (rue du).

" Cerceau (rue du) de Bourgncuf aux remparts.

* (irtsar (rue de) arrivée de Montmarault.

♦ Charlemagnc (rue) arrivée de S.-Pourçain. Chaume bouilli (rue de la).

Chiroc (rue du).

' Connétable (place du) ancienne halle.

(>oix-de-fcr (rue de la).

Croix-de-la-Mission (promenade de la).

Cul-du-sac.

Ecole (place de 1').

Font-Neuve (rue de la).

• François I» (rue) près l'église.

(I) Chap. LXX.

Génovcfains (cours des).

Grand'rue.

' Hôpital (place de l') à Bourgneur.

Marraignolles (rue des).

Mirambellc (rue de).

• Morio (place du général) Hotcl-dc-Villc.

• Morio de Phlc (place) marché de la volaille. Moitc-a-Bourbon (rue de la).

Mouches (rue des).

Nicolas (rue St.).

Oscambre (place de 1').

• Pcpin-le-Bref (rue) arrivée de Cannai.

Piccaudcllcs (rue des).

Picolin (rue du).

Plan (rue du).

Remparts (rue des).

Tannerie» (rue des)

Nous avons naguère exploré le château ; faisons maintenant, au pas de charge, uue petite excursion à traversées rues et ces places que je viens de nommer. O vous qui aimez les souvenirs antiques, hâtez-vous ; le rigide cordeau des ponts-et-chaussées à déjà passé par là avant voua, et vous savez s'il respecte les portes ogivales et les tours crénelées. La Basilique de St-Pierre se trouverait à son encontre, qu'il ne se détournerait d'un pas. Hâtez-vous, l'affreux badigeon vient à son tour, il voile, ou, qui pis est, il rajeunit les créations d'un autre âge.

Cette petite promenade est la Croix de la Mission, souvenir d'une rénovation religieuse dans des temps déjà reculés. Son petit calvaire a été renouvelé, lors du jubilé de 18.V2.

Celle place triangulaire où trois routes se donnent rendez-vous avait naguère une vieille halle, horrible construction qui a bien fait de disparaître. Elle a pris depuis quelque temps le titre national do place du Connétable. Outre cette halle, il en existait autrefois plusieurs autres, servant d tenir les marchés et les plaids de justice (1 ).

La poste du roi était établie dans la maison la plus apparente de ce quartier (2ï. Une rue passait sous le portail et allait sortir vers l'église do St-Nicolas.

Deux pas plus loin, c'est le collège, tenu jadis par les Jésuites. Les jeunes Seigneur* y faisaieul leur éducation. En 1594, la pension était do 100 fr. par an, et ,j0 pour frais d'habillement. Ce prix était le même pour les collèges do Charroux et de Moulins {3}. Les rois de France accordèrent les plus grandes immunités aux révérends Pères. La garnison de Chantelle était alors très onéreuse pour les habitants. Le passage des troupes sur notre territoire était continuel (4). Il fallait constamment loger et les gens de guerre du prince et les soldats du roi. Les Jésuites seuls étaient exemptés de cette charge, ainsi que de l'impôt du sel el de toute espèce de tailles, parce qu'ils élevaient la jeunesse. Plusieurs fois, les consuls et les collateurs de la ville s'avisèrent de les imposer au rôle. Trente-quatre sentences intervinrent, par lesquelles il fut défendu de frapper de contributions quelconques les révérends Pères, leurs fermiers et métayers, ni de délivrer aucun billet pour le logement des gens de guerre, dans les maisons, moulins et domaines à eux appartenant. Ces privilèges ne Grent que leur susciter de nouvelles et plus graves difficultés. Sa Majesté fut obligée d'intervenir, el, par un arrêt du conseil d'État du 18 juillet 1661 , mil sous sa protection et sauvegarde Jesdits pères Jésuites et leurs domestiques, mec défense aux habitants de Chantelle et tous autres de leur mêfaire, ni médire, ni de commettre à l'avenir paroles insolentes,

Ml Mcolai, chap. LXX. • (2) A M. Urtaud, rclix.

(3: Cornac de tutelle de Micbclle de Rojnaud. reuve de Jean de Mille», seigneur des Morelle», d^*.^ au clialeau de» Morclles (ti PrgcO»-Terbul de la Oeucralite de Moulin», dressé par M. d'Argouge* ; Arc A. de f Allier.

ù peine de punition corporelle, de trois mille francs <f amende, etc.. sans pouvoir en rappeler à la cour des aides, ni au parlement, ni devant cours et juges quelconques (1).

Entr'autrcs franchises encore, ils avaient obtenu du sire de Cbambord le droit de passer gratis, toutes et quantes fois il leur plairait . eux et tous les gens de leur maison, le bateau situé au moulin des Pierres. On se rappelle enfin et surtout que le prieuré de St- Vincent avait été annexé avec tous ses revenus, à leur collège de Moulins.

La Maison tenue àChantollc par les Jésuites, existe aujourd'hui, à peu près tout entière, mais appartient à divers particuliers. Elle se compose de trois corps de bâtiments formant le fer à cheval, où se trouvaient les chambres des maîtres, les dortoirs des élèves, les salles des études et les classes. Une chapelle était à droite entre les deux tourelles. La plus haute a conservé à quelques-unes de se* croisées un treillis en bois, tout-à-fait primitif.

Au fond de la cour, les pauvres vous montrent avec reconnaissance une salle basse voûtée, où les bons Pères leur faisaient de larges distributions de pain.

Le collège, tenu par les Jésuites, passa, à la suppression de leur ordre, entre les mains des Oratoriens qui y enseignèrent jusqu'à l'époque de notre grande révolution. Les classes, il est vrai, avaient singulièrement dégénéré : un seul professeur donnait encore quelques leçons de latinité. Alors, institutions, monuments, rien ne trouva grâce devant nos modernes niveleurs....

L'hôpital même, chose incroyable, fut dilapidé. La république fit main-basse sur une futaie, par lui possédée à Givereat, appelée le Bois de l'Hôpital ; quelques autres de ses revenus furent adjugés aux hospices d'Ebrcui), de Gannat et de Saint-Etienneen-Forez. Une rente de 38G francs 32 centimes seulement a été conservée aux pauvres de Chant elle. Cette maison, tenue par des religieuses de l'ordre de Saint-Benoit, contenait six lits et s'élevait sur la place actuelle de l'Hôtel-dc-Ville.

Tout récemment, un fumeur de profession demandait à la dame du bureau où il venait de faire ses provisions, un peu de papier pour allumer sou cigarre. Celle-ri, d'un vieux grimoire éparpillé sur le comptoir, détache une feuille qui fixe les regards du dandy : c'était un compte-rendu, rédigé en 1768, par M. Pierre Morant de Mirambelle, pensionnaire du roi, receveur et directeur de l'Hôlel-Dieu de la ville de Chantelle. Cette pièce, miraculeusement sauvée des mains des fumeurs, seconsenc aux archives de la commune, et nous donne de précieux détails sur un établissement qui rendait autrefois tant de services à notre pays. Le mémoire du receveur de Mirambelle. toutefois, contient une erreur historique, en avançant que l'Hotcl-Dieu de Chantelle a été fondé en 1651. Son origine est beaucoup plus ancienne : une charte de 1240 1 2). •

(t| lm<. rmmmf, paç . 95 cl su.v.

(î| Arch. lmp. sect. dotnan. n-g. 1'. 1350, n° 249: - Gaff. christ. I. Il, p. fB.

nous apprend que Philippe Berruicr , archevêque de Bourges, concéda à Archambaud IX, seigneur de Bourbon, la permission do pourvoir de recteur et d'administrateur l'hôpital de Chantelle, à la condition seulement que la présentation en serait faite à lui, archevêque et à ses successeurs. En reconnaissance de cette faveur, le prince octroya à ladite maison (Domui Dei. teu pauperum de Canteld), sept livres tournois de rente. Pour justifier cette libéralité qui semble peu princière, disons qu'à cette époque, vingt sous d'argent valaient un septier de blé. Quand saint Louis fouda la Sainte-Chapelle de Riom, il offrit aux religieux qui en faisaient le service, quinze septiers de seigle, ou quinze livres d'argent ; les Pères n'hésitèrent pas à prendre le précieux numéraire.

Nicolaï, qui vivait au XV* siècle, suppose la pleine activité de cette maison : car il note que sur les revenus de notre châtellenie, le trésorier devait, tous les ans, remettre au gouverneur de l'Hôtel-Dieu de Chantelle, dix-sept septiers, trois quartes, deux coupes d'orge (1). Ainsi donc, le prince de Condé ne fonda point, mais il ne fit que réorganiser et perfectionner l'œuvre de ses généreux ancêtres. D'abord , cet asyle des malades et des pauvres fut placé sous le vocable de Notre-Dame de Pitié.

La première supérieure fut sœur Philiberte d'Alexandre, religieuse professe à l'abbaye de Cusset, nommée à ce poste par le cardinal Barbarin, grand-aumônier de France (2). Cette dernière circonstance nous donne l'explication d'un petit tribut hebdomadaire auquel, jusqu'en 1793, on a ici scrupuleusement fait honneur. Les Bénédictines de Cusset, sous la juridiction desquelles notre hôpital était rangé, tous les vendredis recevaient de la part du pitancier de Noire-Dame de Chantelle. un panier de poissons assortis, et un bouquet de fleurs pour leur chapelle.

Le noble, l'éclairé protecteur de l'établissement qui nous occu|>e, après lui avoir imprimé une aussi bonne direction morale, dût songer à la question matérielle ; sur les deux chàtellenies de Chantelle et d'Ussel, il imposa une redevance perpétuelle en grain, cent boisseaux d'orge et cent onze boisseaux de froment, mesure de Chantelle. Les autres revenus de la maison consistaient en contrats de rentes, obligations, baux à fermes sur différents particuliers de la ville. Los rentes étaient placées au denier vingt. Le Bois de t Hôpital, affermé alors cinquante livres seulement, rapporte maintenant à l'Etat des sommes considérables. Ces divers produits, tant eu nature qu'en argent, s'employaient en distributions à domicile, telles que pain, viandes, médicaments ; le reste se dépensait dans l'intérieur de l'établissement.

Les administrateurs qui sont venus dans la suite ont modifié quelque peu les dispositions des premiers fondateurs. Les cent boisseaux d'orge du prince de Condé. par exemple, furent enlevés aux pauvres et donnés au maître d'école, à la charge par

i4'i c. LXXIII.

{*, LeUres-palentcs du roi, données le 4 mars 4554.

lui d'enseigner gratis à lire et à écrire à quatre enfants de la ville, ce qui serait (tien compris, observe le sieur de Mirainbelle, si les vues de JLl/. les conseillers avaient leur effet.

Le prieur-curé de Saint-Nicolas remplissait beaucoup mieux ses obligations. Tous les ans, au jour de saint Joseph , il célébrait une haulte messe dam lu chapelle de Sotre-Daine-de-Pitiè ; et ce, en acquittement (f une fondation faite par Jean Vivres, l' un des bienfaiteurs de T établissement ; et chaque premier dimanche du mois, avant la grand'messe, il se rendait là en procession pour chanter une antienne à la Vierge.

On regrette amèrement que l'incurie et la cupidité aient laissé dépérir une maison qui serait aujourd'hui si utile aux classes nécessiteuses de la contrée. Espérons que des cœurs d'élite, et il n'en manque pas sur notre sol, non-seulement référeront celle faute, mais compléteront même et au-delà la pensée de nos pères. La charité, n'est -ce pas, aux jeux de la foi et de la raison, l'œuvre sainte et noble par excellence?...

La Porte-de-fer. appelée par Nicolaï porte du Boulevard, la même par laquelle le connétable de Bourbon disparut à la déiobéu dans les gorges du nnulin Baron, existait il n'y a pas très-longtemps encore, entre le collège et l'hôpital. Plus redoutable que le* béliers et les catapultes, le propriétaire du moulin a fait une large brèche à la muraille. Pour adoucir très-imparfaitement la penle, il n'a pas même épargné la redoute, placée vingt pas au-dessous.

La première fois qu'une voiture s'aventura dans ces ravins périlleux, la police y mit un veto formel. L'intrépide meunier brava la défense, en disant : « j'ai franchi le premier lo mont Saint- Bernard, et il n'y avait certes pas plus de danger que là. En avant marche ! •

Depuis lors, les équipages, tant bien que mal, font leur descente et leur ascension dans ces lieux, où le pied des mulets pouvait se poser à peine.

L'IIdtel-de-Yille domine la Porte-de-fer . comme pour redire aux générations anciennes que l'intérêt social doit avoir le pas maintenant sur tout ce qui rappelle le privilège et le droit brutal.

Tout le rez-de-chaussée sert do marché au blé.

C'est spontanément, et comme par un besoin instinctif qu'eu 1842, la vente des grains s'est introduite à Chanlelle. Cn voiturierde Lacoul, le nommé Perron, expose tout simplement sous la vieille halle quelques sacs d'orge et de froment qui sont enlevés en un clin-d'œil. Le jeudi suivant, acheteurs et vendeurs encombraient la place. De là, l'édification de ce bâtiment commode et spacieux qui se dresse maintenant devant nous. Il a bien, si vous le voulez, une allure Uni soit peu hétéroclite-, mais n'y regardons pas de si près. Felicitons-nous plutôt du bien-être qu'a répandu déjà sur la classe ouvrière et agricole cet utile établissement. Les archives de la mairie, le greffe, la justice de paix sont casés sous le mémo toil. Une maison d'école, un dépôt de vins,

et des greniers d'alxmdance formeront plus tard deux pavillons et compléteront cet édifice où doivent se traiter maintenant tous les intérêts de la commune.

Diverses médailles ont été trouvées dans les démolitions des anciennes constructions, répandues sur la place. La mieux conservée (1) représente le premier Dauphin, Charles VI ; les armes sont mêlées de France et de Dauphiné.

Par une pensée charitable dont tous les cœurs savent gré à l'administration, une vaste salle voûtée a été réservée à l'un des points les plus retirés du grandiose édifice et convertie en ebauffoir public.

Pendant la saison rigoureuse, vieillards, enfants, pauvres mères de famille jouissent là, du matin au soir, d'un abri contre le froid, et peuvent se livrer, sans souffrir, sans grelotter, à divers petits travaux manuels. Ajoutons que de bonnes soupes économiques leur sont là encore chaque jour données. Ueureuse inspiration de notre siècle! avec bien peu de frais, on a trouvé le secret de soulager une foule do besoins individuels. Crèches de l'enfance, salles d'asile, refuges, ouyroirs campagnards, extinction de la mendicité, c'est de mille manières que l'esprit d'association vient en aide aux classes populaires. Que cela s'appelle philanthropie ou charité, n'importe: l'humanité y trouve son compte, cela nous suffit. Le principe chrétien épurera, fécondera plus tard ce que la philosophie n'a fait qu'ébaucher.

Les archives de notre mairie sont plus que nulles, tous nos anciens titres, nous l'avons dit au début de cet ouvrage, ayant été transférés au collège de Moulins. Nos vieux registres paroissiaux ont seuls été retenus à Chantelle.

Achevons de suivre la grand'ruo : sa largeur et sa régularité lui méritent presque ce nom. La maison (2) qui s'appuie à son extrémité, sur les remparts Ouest et Sud, servait de caserne à la garnison de la ville. Toute la façade était jadis sculptée, la porte d'entrée surtout était on ne peut plus élégante : on lui a substitué un chambranle en pierres de tailles unies; un crépissage au bouclier a remplacé la moulure renaissance. Ce qui reste encore fait regretter vivement ce qui a disparu : ce sont des chapiteaux et des colonnes en style dorique ; c'est, au milieu de l'édifice, une grande coquille, chargée d'un coquillage beaucoup plus petit. Nous ne devons pas oublier, à l'angle de la maison, cet aigle de fer à l'encollure hardie, à la tète nerveuse, autrefois dorée, portant à son bec, quoi?... l'enseigne du café Mai/eus.

La chambre du capitaine donnait sur la rue. Au fond de la cour est la salle d'escrime, remarquable par une très-vaste cheminée que supportent deux colonnes, ouvragées dans le genre de la façade. On raconte qu'un jour, au moment où les soldats s'amusaient à faire des armes, un vieux capucin parut tout-à-coup au milieu de ces gais jouteurs.

(1) A H. Btt-dc-Bcre.

$ A Mt OjerdiM.

— Bon Père, que demandez-vous?

— Votre sainte aumône pour notre communauté. On ue donne ici que dos coups <le fleuret, lui répond-on avec ironie.

— lié bien ! nous allons en prendre, murmure sans se déconcerter le vieux moine. Il jette à terre sa besace et son bâton, saisit un fleuret, salue courtoisement ses adversaires, se met en garde, pare tous leurs coups, leur pousse des pointes avec tant d'art et d'adresse, qu'il finit par les mettre hors de combat, les uns après les autres. Toute la troupe était ébahie et ne pouvait en croire ses yeux .

— Apprenez, leur dit l'intrépide religieux en relevant fièrement sa longue barbe grise, que j'ai fait mordre la poussière à plus d'un fanfaron comme vous. U avait été, dans sa jeunesse, mousquetaire du roi. Mais, ajouta-il en soupirant, depuis vingt ans j'en fais pénitence. Priez Dieu, mes amis, qu'il me fasse miséricorde.

Le duc voulut voir ce brave capucin qui avait donné une si bonne leçon à ses gens d'armes, et le renvoya comblé de ses libéralités.

La Fonl-Xetwe doit son nom à une fontaine découverte, il y a bien longtemps, par les habitants de ce quartier : ce nom est un témoignage de reconnaissance envers la Naïade qui continue à dispenser ses eaux à la présente génération.

Le voyageur qui entre à la Fonl-Nettce par la route de Chezelles, a laissé à sa gauche le joli domaine de Gizat. Pourrai Uil se douter que c'était un manoir féodal? Il n'en reste plus de vestige, plus môme aucun souvenir. Je l'aurais ignoré moi-même si un vieillard ne m'eut raconté que son aïeul avait monte la garde devant le château de Gizat. Ce castel des temps anciens, avec la propriété qui l'entoure, a été récemment vendu en parcelles. Ou ne voyait la que des arbustes rabougris et des pâturages noyés par les eaux. C'est maintenant un vignoble qui a décuplé la fortune des habitants.

A quelque distance de là, au point de jonction de Cuantelle-la-Vieille à Chantelle, il est un petit val qui porte un nom céleste, le Pré-Dian. Certaines histoires fantastiques se rapportent à cet endroit isolé : mais elles ne sont pas assez définies, pour que nous puissions en faire ici le tableau.

Sur la même ligne, mais avant de rentrer dans la cité que nous devons continuer à décrire, on remarque un très-joli vignoble, entouré de murailles (1). Au centre, est un kiosque chinois d'où l'on découvre admirablement notre ville et son grandiose monastère. De larges allées, des fleurs do choix, des arbres fruitiers de la meilleure espèce font de ce lieu quelque chose d'enchanteur et de modèle. Le propriétaire a, là, réalisé le but du poète : misa/il utile dulci.

\U Ul. Chutel, noiairc.

Revenons sur nos pas. Nous voici sur la place de l'Oscambre, vaste parallélogramme en plan incliné, de 35 mètres de large sur 130 de long. Cette place, naguère entourée à l'Est de remparts formant dans le milieu un angle saillant, a été régularisée et nivelée en 1848. Il fait beau la voir, le jour de la foire des rameaux, toute couverte de bœufo limousins. Elle est pins belle encore le jour des Saintes Reliques, quand des milliers de spectateurs la couvrent dans toute son étendue, garnissent toutes les croisées des maisons environnantes, se montrent même sur les toits, comme dans les villes orientales. C'est le Champ-de-Mars de Chan telle : son nom doit venir du vieux mot ost. armée, et la finale signifierait campement, champ des exercices.

Remontons par la rue du Plan. Au milieu de ces quatre rues qui se croisent plus haut, vous êtes, sans trop voub en apercevoir, sur la place de l'Horloge. Hélas! le vieux beffroi des Bourbons qui, durant des siècles, avait mesuré le temps à nos pères, a cessé d'exister lui-môme. La dernière heure a sonné pour lui. Il fallait quelques mètres pour laisser librement circuler les diligences ; et le conseil municipal qui était amateur du progrès, n'a rien trouvé de plus ingénieux que de jeter bas la tour gothique Ce fut en l'an de grâce 1843. Voilà quelle en était la forme: une masse carrée, aux larges assises taillées en pointes de diamant. Une toiture également quadrangulaire, trèslarge à sa base, montait en se rétrécissant par degré. Au sommet, paraissaient quatre colonnes supportant un dôme légèrement aigu. Sous ce dôme, était placé le timbre des heures. Une vieille girouette fleurdelysée marquait sûrement les variations de l'atmosphère. L'édifice entier avait 25 mètres d'élévation. Dans l'épaisseur de la tour, on avait ménagé pour les voitures un passage de trois mètres de largeur sur quatre de haut. La voûte avait la courbe d'un arc semi-circulaire. Au milieu de la voûte, on voyait une rainure large et profonde qui laissait monter et descendre une herse. Deux rebords de 25 centimètres carrés en calcaire très-dur, faisaient saillie de chaque côté de la rainure. Un peu en avant de la herse, s'ouvrait un assommoir par où l'on pouvait lancer des pierres, de l'eau chaude, de la poix fondue, de l'huile bouillante. En arrière et contre l'une des saillies dont nous avons parlé, venaient battre et s'appliquer deux portes en membrures de chêne doublées de fer. J'en ai vu les gonds énormes, au nombre de six, jusqu'au dernier moment scellés dans la pierre. En deçà des portes, et masquées par elles, seulement quand on les tenait ouvertes, de petites ouvertures rondes pratiquées dans la muraille par où des flèches et des fusils de siège pouvaient se mouvoir aisément, commandaient les rues latérales qui longent les remparts. Enfin, deux meurtrières, où dans nos jeux d'enfance nous pouvions nous blottir à notre aise, partaient des flancs extérieurs de la tour, traversaient obliquement la maçonnerie, et allaient aboutir, en s'évasant, à l'entrée même de la voûte. Leurs feux pouvaient se croiser et balayer les assaillants qui seraient venus de front attaquer ce dangereux passage. Ajoutons qu'au moyen-âge des créneaux et des mâchicoulis décoraient le front de cette tour, à la base si complètement fortifiée.

l u timbre figurait autrefois à l'une des tourelles du Donjon. L'horloge de la -ville existait-elle simultanément? Nous en doutons, et nous croyons même que la toiture n'a été mise sur la plate-forme qu'après la démolition des fortifications, ordonnée par François I". Quoi qu'il en soit, placé sur ce point le plus culminant de la ville, ce monument produisait le plus bel effet : on eût dit l'un de ces grands minarets de l'Orient d'où le Huelzin annonce les heures. Ce que l'on a élevé pour en tenir lieu est une ignoble construction qui a... mais chut ! point de médisance.

A quelques pas de l'ancienne horloge, se remarque une très-vieille maison ayant pignon sur rue (1), bâtie indubitablement par un chef de maîtrise des forgerons. C'est ce que témoignent les instruments divers, gravés sur l'une des cheminées, une mailloche, des tenailles et une enclume. La voie du reste où elle est assise, s'appelait autrefois la nie des Serruriers.

Cette rue que nous baptisons du nom pompeux de Pépin-le-Bref, puisque ce puissant fondateur de la race Carlovingicnnc, vainqueur de Chantelle, l'a traversée pour aller assiéger la capitale de l'Auvergne, conduit au jwtit-ffang, lieu sinistre et que n'oseraient aborder les bonnes et les enfants, aussitôt que se fait le crépuscule.

Chaque pays a ses légendes. Le nôtre doit avoir aussi les siennes. Autrefois donc, un fils dénaturé, dans ce site isolé, assassiua son père. Pour ensevelir son forfait, le misérable jeta dans le plus profond des eaux, parmi les algues et les nénuphars, le cadavre palpitant du vieillard, auteur de ses jours : mais vaine précaution ! le châtiment s'attache toujours au crime !!!

Chaque année, au jour anniversaire de sa mort, Rigollet (c'est le nom de la victime) apparaît sur la bonde de l'étang, ot d'une voix lugubre, jette aux échos le nom de son meurtrier. L'histoire n'ayant pas gardé le souvenir de cette date néfaste, il en résulte que chaque soir est, ou doit être le moment de l'apparition du spectre. Grande terreur pour le voyageur attardé qui est obligé de passer dans ce vallon solitaire pour se rendre à Chantelle 1 Ce site, du reste, prête merveilleusement au drame, dans les temps surtout que des bois épais entouraient la pièce d'eau qui de nos jours a fait place à la végétation la plus luxuriante. Peut-être dans cette image fantastique nos pères aurontils voulu personnifier le ruisseau (Ris-Vollet) dont le nom a de l'analogie avec le personnage que la tradition fait errer sur ses bords.

Bien vite revenons à Chantelle. Descendons la rue Anne-de-Bcaujcu. A gnuche, c'est \ajikice de r Ecole. Cette dénomination que rien n'explique au premier abord, est cependant toute naturelle. Le collège, situé plus loin, était exclusivement pour les sciences et pour le latin. Les classes élémentaires se faisaient dans ce quartier qui en a pris le nom. Le professeur, très-anciennement habitait la maison qui débouche à

(1! A M. Paul Petit

l'Est (1) sur ladite place ; plus tard, il se transporta vers le point opposé (2). La place de l'Ecole était alors incomparablement plus vaste qu'on ne la voit en ce moment ; deux rues la traversaient par le milieu. Le préau qui servait aux enfants pour leurs récréations, allait jusqu'à la grande rue. Les bâtiments des classes étaient placés intermédiairement, mais plus près de la grand'rue.

En 1744, un marchand-apothicaire, occupé à préparer ses remèdes, mit le feu à la maison la plus apparente qui donne Bur la place de l'Ecole, au Nord (3). Toute une aile fut réduite en cendre (4) ; elle n'a plus été relevée depuis. L'incendie se communiqua, et les salles des classes furent elles-mêmes consumées. Une petite chapelle contiguë, appelée l'oratoire, périt également dans le sinistre.

Une des chambres de l'hôpital fut mise provisoirement à la disposition du maître et des élèves. Ce provisoire a juste duré cent ans. Le local incendié, couverti dans la suite en remises et en cuvage, montre des vestiges d'anciennes cheminées à l une des murailles primitives. L'école dont nous venons de parler, bien que n'ayant aucun rapport avec le collège, était cependant dirigée par un des l'ères de l'Oratoire.

Toujours sur la même ligne, nous remarquons un toit d'une hauteur colossale (ô) . Mcssirc Henri Rollat do Puyguillon, écuyer, et noble dame Marie de Fomberg, son épjuse, l'habitaient en 1730. Dans les salles de ce manoir antique, se voient deux écus uniformes. Les couleurs ne sont pas marquées, mais nous pouvons les blasonner ainsi : Trois pals, une tortue en pal, la tete en haut brochant sur le tout. L'écu timbré d'un casque de profd, avec une licorne pour cimier, et soutenu à droite par une licorne, et, à gauche, par un chevalier, tête nue, appuyé sur sa rapière. Au château de la Borde, près Fourilles, on voit exactement le mémo écusson : ce qui indique que ces deux résidences ont été édifiées jadis par le même seigneur. Ces armoiries n'appartenant point aux llollat de Puyguillon qui portaient d'azur à trois fasoes de sable, étaient celles peut-être de la famille de la Borde. Quelque antiquaire plus habile saura mieux que nous les attribuer.

L'hôtel de Chauvigny était conligu à celui que nous venons de décrire. Une grille en fer a remplacé le portail et la tour qui se trouvaient à l'angle. Le dernier membre de la branche dite de Salles, fixé à Chantelle, noble homme, Sébastien de Chauvigny. sieur de Blot, écuyer, époux de Marie-Madelaine de la Boulayc, y mourut le 21 mai 1771, âgé d'environ 33 ans (6). Nos vieillards se rappellent que son corps resta deux jours exposé sur un lit de parade, dans une chapelle ardente, et qu'on lui fit des

11» Au aerrurier Laurent.

(2) Remises de H. Labu&sicre-McilheuraL

(3) A M. Chevalier, ancien notaire. C'est le berceau de la famille Guillomet.

(4) THre» provenant de l'étude de M* bdavauvre. |3> A M. Labuwierc Jean, où loge le chapelier.

(fi| Acte* mortuaires de la paroisse de Saini-.Nicobs de Chantelle.

obsèques, comme à un prince. Il fut enterré dans l'église de St-Nicolas, au-dessous de la balustrade. Cet homme était d'une bonté et d'une charité remarquables. On cite qu'un jour, se promenant avec sa fille, âgée de 5 & 6 ans, ils furent accostés par un mendiant auquel l'enfant ne fit aucune attention : • Ma fille, lui dit M. de Chauvigny, ne savez-vous donc pas que les pauvres sont pour nous l'image de Jésus-Christ? Embrassez la terre d'abord, pour votre pénitence do n'avoir point rendu le salut à ce brave homme; puis, allez vous-même lui remettre cette aumône. » Tous les jours, au dessert, à l'intar, du reste, de moult anciens et jiretuc seigneurs, il faisait entrer son cheval dans la salle à manger, parla porte vitrée qui existe encore. Lui-même, il lui servait un pain et une bouteille de vin, auxquels le destrier faisait, dit-on, parfaitement honneur.

En fane de l'hôtel du sire de Blot, s'élève l'auditoire, ou palais do la Châtellcnie. Les distributions seules en ont été modifiées. Au rez-de-chaussée étaient les appartements du geôlier et du portier ; à l'étage supérieur, les salles où se préparaient et se rendaient les jugements. Le blé des cens et des dîmes, revenant au prince, était déposé dans les combles : les fermiers-généraux en venaient, chaque jeudi, faire le recouvrement. Enfin, les basses constructions donnant sur la rue, servaient de cachots pour les criminels, et de remises où les animaux, pris en délit, étaient détenus en fourrière. Une brigade à cheval était établie près de la, pour faciliter dans le pays la perception des fermes du roi. DomiuiqucFrançois SanclUB en était capitaine en 1703 : icelui natif du royaume d'Espagne, province d'Estramadure, fils do Rodriguez Sanctus et de Léonore Fernandez (1).

Il existe au centre de Chantclle, une maison s'élevant comme une lie au milieu de IroiB rues qui l'isolent de toutes parts. Une tour du XV* siècle montre une porte d'un fort bon style, ornée d'un écusson mutilé ; au-dessus, on peut lire cette inscription :

Dieu protège la France.

Cette demeure appartenait jadis à une famille qui a rempli pendant près de trois cents ans, les fonctions de la plus haute magistrature dans notre cliâtellenie, la famille Colin. Un de ses ancêtres fit creuser, à l'angle de cette maison, un puits où tout le monde venait librement puiser. Du puits Colin, est venue la rue du Picolin. Et maintenant, doctes antiquaires, creusez-vous la tête, pour découvrir les véritables éthymologies !

Entendez la girouette qui grince là-haut. Vous en rencontrez à chaque pas dans la ville. Toutes sont ornées d'emblèmes héraldiques, tourmentés depuis des siècles par les orages de l'atmosphère et surtout des hommes. Les tiaes à fleurs de lis qui les

(!> Elude de V' Bonmlon; acle* de 1703.

supportent ont été cependant jusqu'ici respectées. A l'entrée de Bourgneuf, l'un de ces riches écussons présente trois étoiles, surmontées d'une couronne. La maison qui fait angle, aux rues Anne-de-Beaujeu et de St-Nicolas, offre des attributs guerriers : une épée en pal, la pointe en l'air, accostée, à droite d'un fer de lance, à gauche, d'une hache contournée.

Rentrons maintenant par l'étroite et tortueuse rue de St-Nicolas. Cette maison, à la tourelle la plus élevée de la ville, logeait autrefois haut et puissant seigneur messire le Lièvre de la Grange marquis de Fourilles, dont le petit-GIs, aujourd'hui sénateur, possède dans notre voisinage de si belles terres. Le grand salon était tendu de riches tapisseries qui n'ont disparu que depuis ces dernières années. A la cheminée, se voit l'écusson du seigneur qui a jadis élevé ce manoir:

Un chevron, accompagné en chef d'un cep de vigne à deux branches, d'où pendent de chaque côté deux grappes de raisinB, en pointe d'un trèfle. Deux courroies, avec ardillons, Boni attachées aux flancs de l'écu. — Support, un dragon.

Cette demeure, acquise de quelque vieux serviteur des Bourbons, fut vendue d'abord & M. Boirot, seigneur deChatenaye, et passa tour a tour entre les mains de MM. Gauthier de la Richerie, receveur des aides, Dumon, trésorier de France, puis à une branche de la famille Morio. Tout ce quartier appartenait à M. de la Grange (I). ainsi que le beau jardin des Marmiynollcs (2) qui jadis, fournissait à la table de nos princes des légumes et des fruits renommés. Quand ce seigneur vendit le manoir de St Nicolas, il se réserva la tour des Marmignolles qui, d'après un acte reçu Artaud, dépendait encore, en 1764, du marquisat de Fourilles.

Dans cette cour profonde, obstruée d'un vrai puits de Jacob, est la maison du comte Dumas (3). Un vitrail armorié, d'or, au sautoir de gueides, vous dit trois fois quel était son ancien maître. C'est lui, à coup sûr, qui a donné son nom à la montée humas, située sur la route de Sl-Pourcain, de même que les deux mamelons qui l'avoisinent ont été appelés de nos ducs, le Grand-Bourbon, et le Petit-Bourbon.

L'église est un horrible morceau, indigne d'une ville comme Chan telle. Primitivement ce n'était qu'une chapelle, butie pour la commodité des habitants, parce que le donjon dans l'enceinte duquel était située l'église paroissiale, fermait le soir. La nef de la sainte Vierge a été construite vers le milieu du XV||« siècle, la chapelle est de la (indu XV*; à la voûte sont les armes du fondateur: trois coquilles de pèlerin. Enfin, pour régulariser tant bien que mal ce lourd et disgracieux édifice, l'autre nef latérale, ainsi que le chevet du chœur, ont été ajoutés en 1831 .

|t| La maison du Pcyroux, la pharmacie Plancliard.

|2| Aujourd'hui à M. Lamotlc du Paris qui a fait de cet enolos un endroit merreiUeux. <3\ \ M. le docteur Choîsy qui j a cat« ses vigotron*.

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