‹ Histoire de Charlemagne (volume 3)Chapitre 15 sur 38 · II · texte numérisé non relu

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autre ancien chroniquelir ou historien de France. On avoit donc conclu , pendant une longue suite de siècles ^ que Paul Diacre s'étoit trompé dans Tendroit dont il s'agit, et qu'au lieu de Dagobertilfalloitlire ouClotairellI ( ce qui ne peut pas être non plus, puisque Clotaire III mourut en 668 ), ou Childéric II, qui véritablement régnoit en 671 , temps de la mort du roi des Lombards, Grimoald, et quelques années auparavant.

Des découvertes modernes ont justifié Paul Diacre. Adrien de Valois est le premier parmi les Français , et BoUandlste Henschenius parmi les étrangers^ qui aient vu et fait connoître que Dagobert II, parvenu à l'âge de régner par lui-même, avoit été rétabli par les Austrasiens dans une partie de son royaume : ils se fondent Tun et l'autre sur trois autorités ; celle de Guillaume de Malmesburi; celle d'un auteur anonyme de la vie de sainte Salaberge, et celle d'un autre auteur anonyme qui a écrit la vie de Memmius , évêque de Châlons [a]. A ces autorités , dom Mabillon en ajoute deux autres ; savoir , le poète Fridgod , qui a écrit en vers la vie de saint Wilfrid , premier évêque d'Yorck , et un autre historien du même saint Wilfrid , nommé Eadmer.

Mais il restoit encore à connoître un autre historien de âàint Wilfrid, contemporain et disciple de cet évêque, et qui a été la source où ont puisé Fridgod, Eadmer, et Guillaume de Malmesburi. Cet autre historien se nomme Eddius. Dom Mabillon s'applaudit d'être parvenu, après beaucoup de peine, à faire venir d'Angle-

[a] Mabillon, première partie du troisième siècle de Tordre de saint Benoit.

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terre l'ouvrage de cet auteur [a]. Saint Wilfrid, dont Eddius et après lui Fridgod, ainsi que Eadmer, ont écrit la vie, avoit connu Dagobert en Irlande, Tavoit fait passer en Angleterre^ et n'avoit pas peu contribué à son rappel et à son retour en France. Dagobert avoit conservé le souvenir de saint Wilfrid : cet évêque , persécuté dans son pays , trouva un asile auprès de lui ; Dagobert offrit à son ami Févêché de Strasbourg ; et sur le refus de Wilfrid, qui augmenta l'estime du roi pour lui, Dagobert le combla de présents et de bienfaits. C'est par cette liaison de saint Wilfrid avec Dagobert II, que les historiens de saint Wilfrid deviennent des autorités pour Fhistoire de Dagobert.

Paul Diacre étant donc ainsi justifié par leur témoignage, devient lui-même, aux yeux de dom Mabil- Ion, une autorité pour fixer le temps où Dagobert II régnoit, pour la seconde fois, en Austrasie. Puisque Grimoald , roi des Lombards , mort en 67 i , avoit fait un traité avec lui, Dagobert étoit donc rétabli dès 671 ou 670 : ainsi Adrien de Valois a eu tort de croire qu'il ne fut rétabli qu'après la mort de Childeric II, qui n'arriva qu'en 673. Ce qui a trompé Adrien de Valois, c'est que Childeric II a toujours régné en Austrasie, et que, dès 669 ou 670, il avoit même réuni tout l'empire français : mais ce qui résout ces difficultés, c'est que Dagobert régna seulement dans une partie de l'Austrasie; savoir, dans l'Alsace et sur les bords du Rhin, soit que Childeric , qui conservoit tout le reste de l'Austra-

[a] Mabillon, préface de la première partie du quatrième siècle des actes des saints de l'ordre de saint Benoît.

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sie, n'eût pu rempêclier de régner dans cette partie, ni lui enlever la faveur des peuples qui Tavoient rappelé, soit qu'Innichilde mère de Dagobert II, et qui, selon tous les historiens , avoitbeaucoupde crédit sur l'esprit deCliildéricII, en eût eu assez pour le faire consentir à ce démembrement de l'Austrasie en faveur de son fils.

Tout ce qu'on sait encore du même Dagobert , et toujours par les mêmes auteurs, c'est qu'il fit beaucoup de fondations pieuses; qu'il eut un fils, nommé Sigebert, mort avant lui, et quatre filles, dont deux sont reconnues pour saintes; qu'il fut tué vers Fan 680, dans une sédition dont on ne sait ni les auteurs, ni les causes, ni les circonstances; et qu'il est révéré comme martyr à Stenay, jusqu'où s'étendoit vraisemblablement son royaume. On appeloit martyrs alors, tous ceux qui, ayant fait du bien à l'église, mouroieut assassinés pour quelque cause que ce pût être.

Voici donc encore deux rois assassinés à six ou sept ans l'un de l'autre , Childéric et Dagobert II.

Un interrégne, par conséquent l'anarchie, suivit la mort de Childéric; les grands étendirent leur vengeance sur leurs ennemis , et TÉtat fut en combustion. Le besoin de la paix se fait sentir aux hommes , au milieu de cette rage qui les pousse en tout temps à la guerre : pour redevenir libres, il fallut rentrer sous l'empire d'un maître. Thierry étoit naturellement ce maître ; les grands de Neustrie et de Bourgogne le tirèrent de sa retraite, et lui donnèrent pour maire du palais Leudesie, fils d'Erchinoald [a]. « Leudesie, dit

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« PaLbé Le Gendre , étoit un bon homme j et les temps « étoient difficiles. » La mort de Childéric avoit été le signal de beaucoup d'autres révolutions. Au bruit de cette mort , Ulfoade , son maire du palais , et qui Favoit été sous lui des trois royaumes, s'étoit enfui dans TAustrasie, sa patrie ; Ébroin et saint Léger étoient sortis de leur cloître [a]; Ébroin, au grand scandale du peuple, pour qui un moine, quittant son habit, étoit un spectacle nouveau et indécent. Aussitôt qu'ils furent rentrés dans le siècle , la trêve qu'ils avoient faite fut rompue , et Ton vit recommencer ce combat éternel du vice et de la vertu. Ébroin vouloit régner, à quelque prix, à quelque titre que ce pût être; saint Léger vouloit préserver la nation du malheur d'être gouvernée par un tel homme. Ils se rencontrèrent en pleine campagne , et saint Léger alloit être immolé par son furieux rival , si saint Genès, archevêque de Lyon, ne fût survenu à propos avec une troupe de gens armés, à laquelle Ébroin n'étoit pas pour lors en état de résister ; car l'esprit de guerre étoit alors si universel , qu'on voyoit les plus saints personnages et les évêques les plus réguliers lever des troupes pour leur propre compte , marcher en forces , et livrer des combats à leurs ennemis particuliers, qui n'étoient pas toujours, comme en cette occasion , les ennemis de l'État. Ébroin fut froidement accueilli de Thierry, quoique Ébroin l'eût fait roi autrefois pour ses intérêts et de sa seule autorité; Thierry attribuoit , avec raison , à cette proclamation intéressée, et non concertée avec les grands, les mal

[a] Gest. Reg. Franc, c. 45. Continuât. Fred. c. 96,

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heurs qu'il avoit éprouvés. Ébroiii, n^ayant pu se faire aimer de son maître, résolut de s'en faire craindre; il rassembla tous les gens perdus de dettes et de crimes, et dont il étoit digne d'être le chef. Le maire d'Austrasie, Ulfoalde, fît une ligue avec lui, et lui fournit des secours, afin que les troubles de la Neustrie laissassent subsister son autorité en Austrasie; en un mot, Ébroin eut un parti [a\, Lecroiroit-on?la foiblesse de Leudesie, mise en parallèle avec le gouvernement terrible et cruel, mais vigoureux d'Ébroin, faisoit regretter ce dernier à quelques Neustriens amoureux du chaijgement, et prompts à oublier le passé. Le temps affoiblit les impressions les plus fortes, et l'inconvénient dumomentest toujours leplus insupportable. Cette facilité malheureuse de se tromper dans la comparaison des temps a quelquefois ramené Finconstance populaire vers des ennemis publics , long-temps et justement détestés. Craignons ces retours imprudents, craignons sur-tout ce respect secret que le vulgaire de tous les Etats conserve toujours pour l'audace et la perfidie. Nous ne pouvons trop le redire; c'est par sottise qu'on est méchant , c'est par sottise qu'on est fourbe , et c'est par une sottise plus grande qu'on attache des idées de force et de grandeur au crime impudent, des idées d'esprit et de talent à la fraude et à Fartifice. Thierry et Leudesie son maire sont poursuivis de ville en ville par Fardent et infatigable Ébroin. Ne pouvant les forcer dans un poste où ils s'étoient établis, il parle de paix, et demande à Leudesie une conférence, Leudesie oublie que

c'est Ébroin qui la propose, il s'empresse de Faccepter ; lentrevue n'étoit qu'un piéfje : Leudesie, en voulant s'y rendre, est assassiné sur la route. Ce crime eut du moins pour un moment sa juste récompense; il révolta, et détacha des intérêts d'Ébroin ceux qui revenoient à lui, dans la seule espérance que le malheur l'auroit corrigé.

Ébroin , abandonné de tous les grands , ne s'abandonna point; il inventa un nouveau stratagème plus grossier encore à la vérité; cardans les temps barbares , on aime autant à tromper que dans les siècles les plus raffinés, et on trompe à moins de frais. Toute S9n adresse consista dans Fimpudence ; il publia que Thierry étoit mort ; il montra au peuple un fantôme qu'il appela Clovis, et qu'il dit être fils de Clotaire III. Il faut avouer que si le peuple fut trompé en cette occasion , il voulut bien Fêtre. Il étoit notoire que Clotaire III étoit mort sans enfants ; il étoit notoire que Thierrv étoit plein de vie , chacun pouvoit s'en assurer par soimême; ce prince n'étoit ni caché ni éloigné ; cependant l'amour de la nouveauté entraîna la multitude vers cet enfant, dont on n'avoit jamais entendu parler; c'étoit sur ce goût de la nouveauté, si naturel chez un peuple malheureux , qu'Ébroin avoit compté.

Saint Léger étoit le plus grand obstacle à ses desseins ; il le fait assiéger dans Autun. Le vertueux prélat ne voulut pas que son troupeau pérît pour lui, et que la ville fût saccagée à son occasion : après avoir soutenu avec courage un assaut, il se remit généreusement entre les mains de ses ennemis , avec tous les trésors qui pou voient tester leur cupidité. « C'est à moi et à mes

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« biens qu'ils en veulent , dit-il , assouvissons leur haine « et leur avarice, sauvons ce peuple. » Ce procédé noble ne les désarma point. L'armée d'Ébroin qui assiégeoit Autun [a] avoit trois généraux, dont deux étoient des évêques, qui espéroient, pour récompense, l'évêché d'Autun , et que cet intérêt rendoit inaccessibles à la pitié : on creva les yeux à saint Léger, et on Tégara, loin de tout secours humain, dans une grande forêt , où l'on vouloit qu'il mourût de misère [6]. Le général laïc (c'étoit Waïmire, duc de Champagne ) fut le seul qui parut touché d'un sort si cruel et si peu mérité ; il apprit, au bout de quelques jours, que Léger vivoit encore, il alla lui-même le tirer de sa vaste prison et le mettre en lieu de sûreté. Il seroit injuste de dissimuler que les deux évêques, dont l'un étoit Didier, évêque de Châlons-sur-Saône, l'autre Bobon, évêque de Valence, étoient désavoués parle clergé, et que tous deux avoient été déposés pour leurs crimes : tels étoient les hommes chers et nécessaires à Ébroin. L'évêque "^de Valence s'empara de l'évêché d' Autun.

La terreur saisit les esprits , quand on vit saint Léger lui-même ainsi accablé. On ne trouva plus d'autre moyen de terminer les troubles que d'offrir la mairie à Ébroin : alors son fantôme lui devenant inutile , il le fit rentrer dans le néant, d'où il l'avoit tiré, et prit les rênes du gouvernement sous Thierry. Parvenu à l'objet de son ambition , il parut ne vivre que pour la vengeance, et tout y servit de prétexte. Ceux qui avoient mis Thierry sur le trône étoient, selon Ébroin, évidem-

[a] 676. [^] Vit. S. Leodeg. c. 8, 9, 10, 11 , 12, i3.

ment complices de l'assassinat de Childéric. Ceux qui avoient poursuivi la vengeance de la mort de Childéric sétoient, en cela même, montrés contraires au couronnement de Thierry; les ennemis d'Ébroin ne pou- \ oient échapper à Tune ou à l'autre de ces deux accusations contraires de lèse-majesté : on peut croire que leurs confiscations tournoient au profit d'Ébroin et de ses amis. Saint Léger, dont Ébroin avoit découvert la retraite , subit alors son second martyre [a] : on lui coupa les lèvres et la langue, et deux ans après on acheva de lui ôter la vie [è]; le comte Guérin , frère de Léger, avoit été lapidé. C'est avec peine qu'on voit saint Ouen au nombre des persécuteurs de saint Léger, et des amis d'Ébroin ; celui-ci continua d'exterminer ses ennemis , à titre d'ennemis ou de Childéric ou de Thierry : c'est ce que l'abbé Le Gendre appelle les perdre en habile homme j, et se faire honneur de leur peite. Voyons où aboutira cette habileté. Les Neustriens , accablés de ce joug affreux, s'enfuyoient , les uns en Aquitaine, les autres en Austrasie. L'Aquitaine, à l'occasion de ces troubles, se détacha de la France; l'Austrasie, avertie par le malheur de la Neustrie, refusa constamment de reconnoître Ébroin pour maire ; elle en créa deux sous le titre de ducs ou princes : c'étoient Martin et Pépin , tous deux petits-fils de saint Arnoul , et enfants de deux frères. L'ardent Ébroin courut les combattre , et les vainquit ; Pépin prit la fuite; Martin s'enferma dans la ville de Laon, réputée alors imprenable [c]; Ébroin, qui

[<:] Gngt. Franc, c. 46, 47- Secund. Continuât. Fredég. c. 97, 98.

abusoit de tout, lui envoya deux saints évêques, Egibert, évêque de Paris, et Rieule, évêque de Reims, qui lui promirent, avec serment , et sous leur garantie personnelle, la vie et la liberté, s'il vouloit introduire Ébroindans la place. Ébroin, en y entrant, ne manqua pas de faire assassiner Martin : la vertu des deux prélats , et la scélératesse d'Ébroin , doivent persuader qu'ils furent trompés dans cette occasion [a].

Cet assassinat de Martin étoit encore une des habiletés d'Ebroin; mais Pépin restoit, et de grandes destinées étoient réservées à sa race. La fortune parut se déclarer pour lui, en le faisant survivre à Ébroin, qui, pour fruit de tant d'habiletés^ et pour prix de tant d'assassinats, fut assassiné lui-même par un de ceux qu'il avoit opprimés [b],

La Neustrie n'eut plus de pareils ennemis à opposer à la grandeur toujours croissante de Pépin; le foible Varaton, que les Neustriens élurent à la place d'Ébroin, se hâta de faire la paix, et du moins les peuples respirèrent, ce qu'ils n'avoient pas fait sous Ébroin. Varaton fut supplanté par Gislimard son propre fils : celui-ci fit la guerre à Pépin, et le vainquit; mais une prompte mort délivra encore Pépin de ce nouvel adversaire, qui s'annonçoit comme redoutable.

Varaton n'imita point ce prudent Dioclétien, qui, sollicité par son ambitieux et inconstant collègue Maximien, de reprendre avec lui la couronne impériale,]qu'ils avoient depuis longtemps abdiquée l'un et l'autre, lui écrivit pour toute réponse : « Mon ami, venez voir les

[a]6Sl. [6] 682.

«belles laitues que j'ai plantées dans mes jardins de Sa- « lone. » Varaton , à la mort de son fils , reprit la mairie [^]; et sous ce maire pacifique la Neustrie reprit sa tranquillité.

Il eut pour successeur Bertaire son fjendre [^], homme imprudent et altier , qui n'avoit d'Ebroin que ses injustices, et qui ne fît qu'irriter les grands, sans les faire trembler : ceux-ci traitèrent secrètement avec Pépin , contre lequel Bertaire avoit renouvelé la guerre par hauteur et par humeur. Pépin livra bataille à Thierry et à Bertaire [c] , dans un lieu nommé Tertry , €ntre Saint-Quentin et Péronne. Il remporta la victoire la plus complète et la plus décisive; Bertaire fut tué dans sa fuite par des gens mêmes de son parti, et Thierry , tombé entre les mains de Pépin , crut n'avoir fait que changer de maire [d].

Toutes ces guerres d'Ébroin et de ses successeurs contre Pépin n'avoient pour objet que la mairie; l'intérêt de la royauté n'y entroit pour rien, car Thierry étoit censé reconnu pour roi en Austrasie aussi-bien qu'en Neustrie; il étoit censé avoir réuni toute la France, comme avoit fait , avant lui , Childéric son frère ; TAustrasie n'avoit combattu que pour avoir son maire particulier, comme Childéric le lui avoit promis, et sur-tout pour ne pas obéir au redoutable Ebroin.

Grimoald avoit péri, comme nous l'avons vu, pour avoir cru qu'il pouvoit mettre la couronne dans sa maison , parceque l'autorité y étoit. Pépin se souvint de

[a] 683. [6] 684. [c]6Sj.

[d] Gest. Franc, c. 48. Continuât. Fred. c. 100.

cet exemple, et quoiqu'il réunît seul lautorité dans les trois royaumes, quoique, par le sort des armes, son roi fût son sujet et son prisonnier , quoiqu'il eût tous les droits que peuvent donner la guerre et la puissance, il s'abstint de ce titre de roi ^ si avili depuis longtemps , et encore réservé à cette race abâtardie de Clovis ; mais il ne voulut pas non plus qu'on pût se méprendre sur la nature et l'étendue de son autorité ; il ne se contenta plus de ce titre de maire, qui serabloit annoncer un pouvoir communicable , et partagé suivant l'ancienne division du royaume en Austrasie et Neustrie ; il créa un titre nouveau pour une puissance nouvelle, et se qualifia duc et prince des Finançais. C'est, pour ainsi dire, le dernier âge de la mairie; c'est son plus haut degré de puissance et de gloire, ou, si Ton veut, c'est sa destruction.

Une administration ferme et sage sembla justifier ces innovations ; les souverains étrangers recherclioient Talliance de Pépin , lui envoyoient des ambassadeurs , recevoient les siens, redoutoient en lui un conquérant, respectoient un grand roi , et ne songeoient pas même à Thierry. La France dut à Pépin une considération qu'elle n'avoit pas eue depuis Clovis.

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