FRÉDÉGONDE. BRUNEHAUT
I^E royaume de Clovis , partagé d'abord entre ses fils, déchiré par l'effet inévitable de ce partage même , réuni ensuite sous Clotaire P^, fut partagé pour la seconde fois entre les quatre fils de ce prince [a], Chérebert fut roi de Paris; Gontrant, d'Orléans et de Bourgogne; Sigebert d'Austrasie; Cliilpéric, deSoissons. Ce second partage ramena les mêmes troubles que le premier a voit causés; l'ambition de ces princes ne pouvoit se contenir dans les limites qui leur avoient été assignées. Chilpéric surtout, le plus inquiet des quatre, cherchoit sans cesse les occasions de s'agrandir aux dépens de ses frères; il leur fit souvent la guerre , sur-tout à Sigebert : mais leur ambition ne devint insatiable, ni leur haine implacable, que quand deux femmes violentes les animèrent l'un contre l'autre.
Chérebert et Contran n'avoient fait que s'avilir par leurs mariages avec des servantes, ou des filles de cardeurs de laine ou de bergers : Sigebert et Chilpéric, par leurs mariages , firent leur malheur et celui de leurs peuples [&]. Sigebert épousa Brunehaut ou Brunichilde,
[a] 56i. [h] Greg. Tur. 1. 4, c. 25, 26, 1. 6, c. 1^. Fiedeg. Epilom. c. 56. Gest. Franc, c. 3o. -
fille d'Athanagilcle, roi des Visigôths, qui possédoient alors l'Espagne [a] : cétoit un mariage assorti, et qui sembloit devoir être heureux; mais le germe de méchanceté que Brunehaut cachoit sous un extérieur séduisant ne tarda pas à se développer [b], Gogon , maire du palais d'Austrasie , qui Tavoit été chercher en Espagne , fut sa première victime : la place qu'il occupoit, et plus encore son mérite, lui donnoient beaucoup de part au gouvernement : ce fut par-là qu'il déplut à Brunehaut, qui vouloit gouverner seule. Elle ne cessa d'irriter Sigebert contre lui, jusqu'à ce qu'elle en eût arraché Tordre de faire mourir ce ministre.
Quant à Chilpéric , il avoit , d'une femme nommée Audouère ( dont les historiens ne marquent point la condition ), trois fils, Théodebert, Mérouée, et Clovis [c]. Audouère eut encore une fille; Chilpéric étoit absent lorsqu'elle naquit; Frédégonde , une des femmes d'Audouère, lui persuada de tenir elle-même sa fille sur les fonts, et elle se servit ensuite de ce prétexte pour la faire répudier , en alléguant l'alliance spirituelle qu' Audouère avoit contractée avec Chilpéric; car, selon les idées du temps , on ne pouvoit épouser l'homme ou la femme dont on avoit tenu les enfants sur les fonts de baptême. Ce prince, qui se laissoit dès-lors séduire par les artifices et les charmes de Frédégonde , prit tous les scrupules qu'elle voulut lui donner; il quitta Audouère, et renferma dans un monastère au Mans : il ne se livra pourtant pas encore entièrement à sa passion pour Fré-
[a] 565. [6] Greg. Tur. 1. 4, c. 27. Gest. Franc. 3i. Fredeg. Ep. e. 59. [c] Gesti Franc, c. 3i.
clégonde ; il voulut suivre Texemple de Sigebei t , et fit demander Galasonte ou Galsuinde, sœur aînée de Brunehaut [a]. On ne la lui accorda pas sans peine; on prit, pour assurer le bonheur de cette princesse, des précautions qui hâtèrent sa perte : on voulut que Chilpérie jurât sur les reliques des saints , en présence des ambassadeurs d'Espagne, de a'avoir point d'autre femme que Galasonte tant qu'elle vivroit [b].
Cependant Frédégonde enchaînoit de plus en plus Chilpéric par des refus perfides : « Je ne puis être à vous, « lui disoit-elle, tant que Galasonte vivra : un serment ti inviolable vous unit à elle seule, tant qu'elle respire. » Chilpéric entendit trop bien ce que ces refus et ces scrupules vouloient dire : on trouva Galasonte étranglée dans son lit , et Frédégonde monta sur le trône (i).
Les frères de Chilpéric eurent horreur de ce crime* Brunehaut poursuivit ardemment la vengeance de la mort de sa sœur. Sigebert, gouverné par Brunehaut, comme Chilpéric par Frédégonde , jura une guerre éternelle à Chilpéric; les intérêts politiques secondoient les projets de vengeance: on vouloit punir Chilpéric, parcequ on vouloit le dépouiller.
[b] Greg. Tur. 1. 4, c. 28. Gest. Franc, c. 3i. Fredeg. Epit. c. 60- (i) L'abbé Le Gendre, qui semble avoir cause' avec Brunehaut,
assure qu'elle avoit du brillant dans la conversation; que Gaisuinde, sa sœur, n'étoit pas, à beaucoup près, aussi belle, mais qu'elle avoit une physionomie d'esprit et un air h se faire aimer; qu'Audouère, première femme de Chilpe'ric , étoit une beauté fade; il l'appelle : cette belle statue. On pourroit à la vérité savoir ces détails par les hiiloriens; mais ces historiens sont des chroniqueurs qui ne détaillent et ne peignent rien,
Le lot de chacun des frères étoit devenu plus considérable [a], Chérebert, dont Grégoire de Tours ne dit que du mal , dont Fortunat ne dit que du bien , et dont on ne sait presque rien , sinon qu'il fut excommunié par son évéque pour un mariage incestueux, Chérebert étoit mort sans enfants mâles : ses trois frères avoient partagé son royaume, et même la ville de Paris [b]. Chacun d'eux s'étoit engagé, par serment, à ne point entrer dans cette ville sans Faveu des deux autres , sous peine de perdre sa part et de Paris, et du royaume de Chérebert .
Sigebert prend les armes , et alors commence la longue et funeste rivalité de Frédégonde et de Brunehaut , qui produisit tant de malheurs et de crimes , sans qu'aucune de ces deux femmes , également habiles et méchantes , succombât jamais sous les coups de sa rivale.
Contran tenoit la balance entre les deux frères et les deux femmes.
Chilpéric eut dans cette guerre tous les revers qu'il méritoit. Théodebert, son fils aîné, attaquant des provinces du partage de Sigebert , fut pris et tué de sangfroid; son corps dépouillé resta sur le champ de bataille [c], confondu parmi les morts. Si Chilpéric sentit vivement cette perte, Frédégonde s'en applaudit en marâtre [d].
Rien n'arrêtoit les succès de Sigebert. Chilpéric , forcé de fuir devant lui, jusqu'à l'extrémité de ses Etats, va s'enfermer dans Tournai avec sa femme et ses enfa] 570. [h] Greg. Tur. 1. 6, c. 24. [c] SjS.
[d] Greg. Tur. I. 4? c. 4^ t 4^- Gest. Franc, c. 32. Fredeg. Epitom. c. 71.
fants. Sigebert entre dans Paris , malgré le traité de partage du royaume de Ghérebert; Brunehaut vient, avec ses enfants, y étaler son triomphe, y établir son trône : a Imprudente, dit Adrien de Valois, qui ne voyoit pas « qu'elle alloit se livrer entre les mains de ses ennemis, « si le sort venoit à changer. »
Sigebert, toujours animé par elle, court assiéger son frère dans Tournai. Saint Germain, évêque de Paris , témoin de ces violences, en tombe malade de douleur ; il écrit à Brunehaut pour la prier d'inspirer des sentiments plus doux à son mari, et n'obtient rien. Tournai est investi; Chilpéric et Frédégonde n'ont plus de ressource, ils touchent au moment d'expier la mort de Galasonte. Au milieu de ces périls si pressants , Frédégonde accouche d'un fils à Tournai : cet enfant ne sem bloit naître que pour tomber entre les mains de ses ennemis ; Frédégonde ne Favoit désiré que pour être mère d'un roi. Grégoire de Tours [a] dit que voyant ses espérances trompées elle entra dans une si violente rage , qu'elle eût tué son fils de sa propre main , si Ghilpéric ne l'en eût empêchée ; elle tourna donc cette rage contre Sigebert. Tous les Neustriens reconnoissoient l'empire de ce prince : il va recevoir leurs hommages à Vitry ; mais tandis qu'on l'élève sur le pavois , deux assassins , envoyés par Frédégonde , le laissent expirant entre les mains de ceux qui le portoient : ils poignardent ensuite, par l'ordre de Frédégonde, Charégisile, chambellan de Sigebert. Ce second coup les fait remarquer ; ils sont massacrés sur-le-champ ; et leur secret
WL.4,c.45.
eût péri avec eux , si Frédégonde ne Teût publié ellemême, pour faire admirer et redouter les ressources de sa politique.
Ce coup hardi produisit la révolution la plus subite : les Austrasiens, qui étoient devant Tournai, levèrent le siège, et ayant rejoint ceux qui étoient à Vitry, tous se retirèrent en désordre. Chilpéric et Frédégonde les poursuivent, et ayant surpris à Tournai Sigilla, qui avoit été dans la plus grande faveur auprès de Sige- Lert , ils exercent sur lui des cruautés dignes d'eux ; ils lui font appliquer des fers rouges à toutes les jointures , et le font couper ensuite par morceaux.
Les Neustriens rentrent sous Fobéissance de Chilpéric : plusieurs Austrasiens s'y soumettent ; Brunehaut est investie dans Paris, et Childebert son fils, âgé de cinq ans , alloit tomber entre les mains des meurtriers de Sigebert, sans le zèle et Fadresse du duc Gombaud , seigneur austrasien, en qui Brunehaut, dans ce grand revers, mit toute sa confiance. Il sauva Childebert [a] , en le descendant par-dessus les murailles de la ville , dans une corbeille, à la faveur de la nuit: tui homme affidé le reçut au pied de la muraille et le porta dans Metz , où les Austrasiens relevèrent sur le pavois ; ils le mirent sous la protection de Contran , roi de Bourgogne , son oncle.
L'évasion du jeune Childebert enlevoit à Chilpéric et à Frédégonde le fruit de la mort de Sigebert, et leur imposoit la nécessité de ménager Brunehaut : on se contenta de la reléguer à Rouen , d'où elle suscita bien des affaires à ses ennemis [è].
[rt] Greg. Tur. I. 5, c. 2. Fredeg. Epitom. c. 72. [6] 596
Cliilpéric avoit envoyé Mérouée, Taîne des fils qui lui lestoient de la reine Audouère, pour s'emparer. çUi Poitou, qui étoit du partage du jeune Childebert.. Mérouée n'ignoroit pas la haine de Frédégonde pour tous les enfants d'Audouère; il savoit tout ce qu'il avoit à craindre d'une femme de ce caractère : il paroît qu'il voulut se faire un appui contre elle de tous ceux qui dévoient la haïr; il va donc d'abord à Tours, et au lieu de prendre la route du Poitou, il tourne vers le Mans, où il voit la reine Audouère sa mère , qui , depuis sa répudiation, y étoit renfermée dans un couvent; il va ensuite à Rouen, où il voit Brunehaut, Faime, l'épouse^ quoique veuve de Sigebert, son oncle. Prétextât, évêque de llouen, fort attaché aux intérêts de Brunehaut, plus attaché encore à ceux de Mérouée son filleul, fit ce mariage , qui paroît avoir été concerté entre Audouère, Mérouée, Prétextât et Brunehaut.
Chilpéric, à cette nouvelle , vole à Rouen, donne des gardes à Brunehaut, et emmène Mérouée.
Le courroux de Chilpéric eût pu se borner à cette expédition, si Frédégonde Feùt permis; mais c'étoit pour elle une trop belle occasion de perdre un fils d' Audouère. Divers seigneurs austrasiens qui, à la mort de Sigebert , s'étoient donnés à Chilpéric , retournoient tous les jours vers Childebert : Godin, un de ces seigneurs, voulant y retourner avec un gage qui le rendît important, s'étoit emparé de Soissons , où il avoit pensé surprendre Frédégonde; mais il avoit été lui-même surpris, défait, et tué. Frédégonde, liant habilement cet incident avec celui du mariage de Mérouée , fit envisager le tout à Chilpéric, comme l'effet d'une conju-
ration dont elle accusoit Mérouée et Brunehaut d être Tame, et Prétextât d'être un des principaux instruments. Chilpéric, Fexéeuteur le plus soumis de toutes les volontés de Frédérande, fît arrêter son fils, le força de se faire ordonner prêtre, et Fenferma dans un monastère. Mérouée s'échappa quelque temps après de sa prison, et se sauva dans Féglise de Saint-Martin de Tours.
Brunehaut étoit toujours gardée à Rouen ; les Austrasiens la redemandèrent, et Chilpéric la voyoit dans ses Etats avec tant d'inquiétude , qu'il fut charmé de la renvoyer. Mérouée se mit en chemin pour Faller joindre, mais les Austrasiens refusèrent de le recevoir; il resta errant et caché dans la Champagne , sans asile , sans secours et sans desseins [a]. Deux traîtres entreprirent de le livrer à Frédégonde : c'étoit Gilles , évêque de Reims, et Gontran Bozon, seigneur austrasien, qui, dans le temps des succès de Sigebert, dont il étoit un des généraux, avoit fait tuer Théodebert, frère aîné de Mérouée. Depuis la mort de Sigebert et le rétablissement des affaires de Chilpéric, il s'étoit réfugié au tombeau de Saint-Martin de Tours, poiu^ échapper au supplice que Chilpéric lui destinoit; il étoit secrètement appuyé par Frédégonde, qui lui savoit gré de Favoir défaite d'un des fils d'Audouère, et qui vouloit se servir encore de lui pour faire périr Mérouée. Gilles et Gontran Bozon persuadèrent à Mérouée qu'ils lui feroient livrer la ville de Térouenne. Mérouée, sur leur parole , s'engagea dans un village où Chilpéric, averti par ces
traîtres, vint Fenvelopper. Mérouée, se voyant près de tomber entre les mains d'une marâtre impitoyable et d'un père sur qui la nature pouvoit moins que Frédé- {jonde, pria Gaïlen, son confident, de le percer de son épée; Gaïlen lui donna cette horrible marque de son attachement. Quelques uns disent que Frédégonde fit courir ce bruit, mais qu'en effet Mérouée fut massacré par ses ordres ; et l'affreuse mutilation qu'elle fit souffrir depuis à Gaïlen , et dont il mourut, ne détruit point cette idée.
Elle avoit fait faire le procès à Prétextât, dans un concile qui se tenoit à Paris : Chilpéric s'étoit rendu l'accusateur de cet évéque. Outre le mariage de Mérouée avec Brunehaut , dont il étoit difficile de le disculper , il lui reprochoit encore la conjuration chimérique dont j'ai parlé ; il soutenoit que Prétextât avoit fait des largesses au peuple pour le soulever. Frédégonde produisit, sur cette conjuration, de faux témoins, que Prétextât confondit; mais les prélats de l'assemblée, séduits ou intimidés par Frédégonde , n'osoient ni condamner ni absoudre Prétextât. Grégoire de Tours fut Je seul qui se déclara hautement en sa faveur; on l'écouta en tremblant et sans lui répondre, et les prélats courtisans allèrent le dénoncer à Chilpéric. Frédégonde voulut acheter le suffrage de Tévêque de Tours; il fut incorruptible , ce qui lui attira dès-lors , et dans la suite , diverses persécutions. Enfin, des émissaires de Frédégonde insinuèrent à Prétextât que le roi vouloit seulement éviter la honte du personnage de calomniateur, et se ménager en public la gloire d'une grande action de clémence; qu'il falloit donc que Prétextât s'avouât
coupable de tous les crimes que le roi lui imputoit , et qu'il lui en demandât pardon; qu'à ce prix il devoit être sûr, non seulement de sa grâce, mais encore de toute la faveur du roi. Prétextât eut la foiblesse de les croire ; et au milieu de l'assemblée des évêques, se jetant aux genoux du roi, il avoua qu'il avoit attenté à sa vie et corrompu la fidélité de ses sujets. Sur cet aveu, Chilpéric , au lieu de prononcer sa grâce , demande justice aux évêques. Il n'étoit plus possible d'absoudre un accusé convaincu par sa propre bouche. Prétextât fut relégué dans un île duCotentin; et Mélance son ennemi, vendu aux fureurs de Frédégonde , fut mis à sa place sur le siège de Rouen.
Il restoit encore à Chilpéric un fils de la reine Audouère : c'étoit Glovis. Il en avoit aussi trois de Frédégonde : Samson, Clodebert et Dagobert; une maladie pestilentielle, qui ravageoit alors la France, les emporta tous trois [a]. Frédégonde, outrée de douleur, jalouse que Chilpéric eût encore un fils, tandis qu'elle perdoit tous les siens, alarmée d'ailleurs de quelques menaces imprudentes qui étoient échappées au jeune Clovis, résolut de le perdre [è]. Ce prince aimoit une des filles de la suite de Frédégonde; Frédégonde se fit rapporter que la mère de cette fille étoit sorcière, et qu'à l'aide de ses maléfices Clovis avoit fait périr les trois jeunes princes [c]. Sur ce rapport elle fit arrêter cette malheureuse fille, la fit attacher à un poteau devant Fappartement de Clovis, et fouetter cruellement fin sa présence ; elle fit appliquer la mère à la question ,
[a] 579. [b] 58o. [c] Greg. Tur. tôto lib. 5.
DE CHARLEMAGNE. gi
€t la lui fit donner si rigoureuse , qu il fallut bien qu elle chargeât Clovis de tout ce qu'on vouloit lui imputer. Frédégonde demanda vengeance à Chilpéric, qui, ne sachant pas lui résister , lui abandonna son fils unique: elle le fit arrêter , et, après l'avoir accablé d'ignominie , elle l'envoya enchaîné à Noisy-sur-Marne, où on le trouva mort d'un coup de couteau dans le flanc; en même temps la reine Audouère, sa mère, fut étranglée dans son couvent; Basine, sœur de Clovis, fut déshonorée par les sateUites du roi son père, qui renfermèrent ensuite dans un couvent à Poitiers. Les Romains, avant d'envoyer une vierge au supplice , lui faisoient ravir sa virginité par le bourreau (i) : c'étoit une horreur, et elle faisoit partie du supplice, mais du moins c'étoit une espèce d'hommage rendu à la virginité. On ne voit pas bien poui^quoi il falloit ôter la virginité à une fille pour en faire une religieuse; mais il ne s'agit pas de raisonner sur ces atrocités , il suffit de les exposer : mille autres cruautés furent exercées sur les amis de Clovis. Cette femme, à qui les tortures avoient arraché une accusation calomnieuse contre lui , n'en fut pas moins brûlée vive.
Frédégonde eut un autre fils, nommé Thierry ; elle le perdit encore, et encore, à ce qu'elle crut ou feignit de croire, par des sortilèges : il en coûta la vie à plu-
(i) L'exemple de la fille de Séjan est connu. Celte malheureuse en* fant n'avoit mérité ni d'être déshonorée, ni d'être égorgée. Ce n'étoit pas sa flmte si elle avoit reçu la naissance d'un homme qui , après avoir été dans la plus grande faveur, étoit tombé dans la disgrâce. En combien de manières l'humanité a été outragée, quelquefois même par les lois.