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l'empereur plus Imposante par le contraste de leur pauvreté, est au moins d'un mauvais goût. Les ambassadeurs furent admis à l'audience de l'empereur dans le palais de Seltz en Alsace; on les fit passer par quatre grandes salles superbement ornées , et oh la pompe alloit toujours en croissant de salle en salle. Dans la première, qui étoit consacrée au faste militaire, une foule de guerriers et d'officiers, revêtus, les uns d'habits somptueux, les autres de riches armures, environnoient avec respect un trône élevé, sur lequel étoit assis un roi devant qui les ambassadeurs alloient se prosterner, lorsqu'on les avertit que cet honneur devoit être réservé à l'empereur, dont ils ne voy oient là que le connétable. Dans la seconde salle, le comte du palais rendoit la justice (0, et joignoit à la magnificence dont il étoit environné, un appareil imposant de grandeur et de puissance. Le maître, de la table du roi, qui, dans la troisième salle, sembloit étaler tout le luxe de la Cour, étoit encore effacé en magnificence par le grand chambellan qui présidoit dans la quatrième salle; partout nouvelle surprise, nouvelle, erreur, nouvelle envie de se prosterner de la part des ambas-
(0 Ordinairement la Cour de justice de nos rois siégeoit à rentrée du palais (Mémoires de Littérature, t. 3o, p. 590); peut-être même dans la cour, quand le temps le permet toit , pour que l'audience contint plus de monde; chei les Juifs, les jugemens se rendoient à la porte des villes- « Chez nos ancêtres , dit M. Fleuri ( Mœurs des Israé- « lues ) , les vassaux de chaque seigneur s'assembloient dans la cour « de son château, et de là sont venues les Cours des Princes. En Le- « vant, comme les princes sont plus enfermés, les affaires se font à la « porte de leur sérail. De là le nom de la Porte donné à la Cour otto- « mane, et le nom de Cours donné aux demeures des rois et aux divers « tribunaux ».
4» HIST0II1E DE CHÀRLEM ACNE.
sadeurs, saisis d'admiration et de respect. Le moine de Saint-Gall dit qu'on chassoit ces ambassadeurs de chaque salle, en leur donnant des soumets, cum colaphis propellerenlur : ne peut-on pas ici se dispenser de croire le moine de Saint-Gall? Deux des plus grands seigneurs de la Cour vinrent ensuite recevoir les ambassadeurs , et au fond d'un appartement encore plus riche, ils trouvèrent l'empereur tout éclatant d'or et de pierreries, au milieu des rois ses enfans, des princesses ses filles, et d'une multitude de prélats et de ducs , auxquels il paroissoit se communiquer avec une dignité paternelle et une àuguste familiarité.
de l'évêque Hetton, auquel il afTectoit de prodiguer les marques de considération , comme pour le venger des dégoûts qu'il avoit essuyés à la Cour de Constantinople. Les ambassadeurs reconnurent aisément dans Charlemagne le roi de tous ces rois, le prince que la nature et la fortune sembloient avoir fait pour être le monarque du monde ; ils se prosternèrent devant lui avec une espèce de vénération religieuse, non sans quelque confusion de retrouver dans la plus haute faveur auprès d'un tel souverain et dans une telle Cour, ce même évêque Hetton, pour lequel Hs savoient qu'on avoit eu à Constantinople fort peu d'égards. L'empereur les releva, les rassura, et leur dit avec un mélange imposant de sérénité et de fierté : Hetton vous pardonne , et je vous pardonne à sa prière; mais désormais respectons la personne des évéques et des ambassadeurs. La leçon étoit utile. Quant à cette petite recherche, et, s'il est permis de s'exprimer ainsi, cette débauche de représentation,