‹ Histoire de CharlemagneChapitre 33 sur 108 · LIVRE 3, CHAP. I · texte numérisé non relu

LIVRE 3, CHAP. I

corde du concile, Constantin cita, pour sa justification , quelques exemples de pareils choix ; il dit qu Etienne et Sergius, simples laïcs, avoient e'té faits, le premier, évêque de Naples, le second, archevêque de Ravenne. « Les évêques, indignés de cette insolence, « dit M. Fleury, le firent frapper sur le cou, et le « chassèrent de l'église ». Cette violence, surtout exercée sur un aveugle, étoit-elle bien décente? Si les faits qu'il alléguoit, étoient faux ou sans application, ne pouvoit-on le lui prouver doucement, et avec la pi tic que son état devoit inspirer ?

En général, quelle que fût Terreur de l'hérétique, ou l'obstination du schismatique , qu'on chassoit ainsi'

En 36o , concile de Constantinople, favorable aux Ariens, où saint Cyrille, évêque de Jérusalem , fut déposé; c'étoit pour la seconde fois.

En 36 1 , concile d'Antioche , favorable aux Ariens.

En 36q, concile d' Alexandrie , favorable aux catholiques.

En 363, autre concile d'Antioche, et.en 365, concile de Lampsaque, favorables aux Ariens.

En 370, trois conciles, à Alexandrie, en Illyrie, à Antioche , tous trois favorables aux catholiques, et qui confirmèrent le concile de Nicée.

C'est cette foule de décisions contradictoires qui servit de prétexte au changement de Julien : on sait que cet empereur, grand prince d'ailleurs , n'épargnoit à ceux qu'il appeloit par dérision les GaUlétns y ni les sarcasmes, ni les persécutions.

En 38o, sous L'empereur Théodose, concile de Constantinople, favorable aux catholiques.

Deux autres conciles, tenus successivement à Constantinople en 38a et 383, sous le même empereur, ne produisirent guère que des disputes entre les différens partis; mais Théodose fut favorable aux catholiques, et la doctrine de l'Eglise prévalut, parce qu'elle prévaut et qu ' lie prévaudra toujours. Cependant la plupart des empereurs furent Ariens, et Terreur avoit tellement gagné les puissances , qu'à la fin du cinquième siècle , et au commencement du sixième, Clovis éloit le seul prince catholique de toute la chrétienté.

J.| IJIàTOIltE DE CHARLEMAGHE.

de l'assemblée, un traitement plus doux lauroit peutêtre ramené ; cet affront l'aigrissoit -, il ne respiroit plus que la vengeance, et souvent il parvenoit à faire assembler un autre concile, où sa partie étant mieux liée, il prenoit sa revanche. Plus souvent on ne lui en laissoit pas le temps, on armoit contre lui le bras séculier ; les princes , toujours empressés de donner à ces disputes l'espèce d'importance qu'elles ne doivent point avoir , sembloient n'attendre d'un concile que le signal du meurtre et de la violence. Du temps de l'arianisme, on les voyoit tour à tour, et souvent les mêmes, frapper en sens contraire et les Ariens et les catholiques; cependant leur prédilection la plus marquée étoit pour les Ariens, ou plutôt leur fureur la plus acharnée étoit contre les catholiques; les évêques étoient déposés, exilés, emprisonnés, quelquefois assassinés^ les prêtres massacrés, le» vierges violées r les religieuses jetées toutes nues hors de leur cloître, les monastères saccagés. Encore si les cruautés eussent été abandonnées à l'hérésie, qui n'a de triomphes à espérer que par la violence! Mais, il faut l'avouer, les deux partis souffroient et persécutoient tour à tour au nom de l'erreur et de la vérité ; on faisoit à celle-ci l'outrage de la défendre avec des armes essentiellement consacrées à sa rivale ; les vrais chrétiens , les catholiques, dont le plus beau triomphe fut toujours dans le martyre, autorisoient leurs adversaires à s'arroger cette palme glorieuse.

Au reste, l'arianisme, et toutes ses différentes subdivisions ne furent pas la seule atteinte portée au mystère de la Trinité ; de la seconde personne , on

passa bientôt à la troisième, La divinité du Saint-Es-

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