‹ Histoire de CharlemagneChapitre 42 sur 108 · LIVRE 3, CHAP. I. g · texte numérisé non relu

LIVRE 3, CHAP. I. g

de déplaire aux empereurs précédens , et qui s'en

punit en se de'posant lui-même; ensuite, avec le se- Concil. t.

cours du patriarche Taraise, successeur de Paul, elle l* act# .'• p *

1 ï« • i • 5i et suiv.

parvint à rétablir pleinement le culte des images, xheoph. p. Elle voulut consacrer ce dogme par la solennité d'un 386-7, concile œcuménique , tenu dans le même lieu que le premier des conciles œcuméniques, celui où l'hérésie d'Arius avoit été foudroyée, et la vraie foi de l'Eglise sur la Trinité solidement établie, c'est-à-dire à Nicée en Bithynie ; elle écrivit en son nom , et au nom de l'empereur Constantin Porphy rogénète son fils, au pape Adrien , pour le prier d'assister au concile en personne ou par ses légats : elle manda aussi tous les patriarches; mais ils ne purent s'y trouver, et on ne put même parvenir jusqu'à eux pour leur porter les ordres de l'impératrice, par la crainte des Sarrasins, qui infestoient toutes les mers. Le pape fut représenté par deux légats , et les patriarches par des moines. Le concile se tint en 787. On établit le culte des images, et on en fixa les principes. On apporta une image de la vierge au milieu de l'assemblée ; elle y fut saluée par tous les évêques, et on brûla devant elle les écrits des iconoclastes. Le même concile tint ensuite une session publique, à Constantinople, dans le palais de Magnaure : on y lut à haute voix, en présence du peuple, les décrets faits à Nicée; ils furent souscrits par l'impératrice, et par l'empereur son fils. Le pape Adrien, très-content de ce concile, et de la part qu'il y avoit eue par ses légats , s'empressa d'en envoyer les actes à Charlemagne son ami. Sa surprise et sa douleur furent extrêmes de voir que Charlemagne, loin d'y applaudir, composa, ou fit composer

i| I HISTOIRE DE CHÀttLEMAGlîE.

par les évêques de sa domination , auxquels il avoit donné ces actes à examiner, un ouvrage, dans lequel il rejetoit les décisions du second concile de Nicée, comme contraires à l'usage et à l'opinion de l'Eglise d'Occident , et s'efforçoit de prouver que ce concile Concil. t. 7. n'étoit point œcuménique. Cet ouvrage que nouë FIciu-y ,1. 44. avons> e t qui est fort connu sous le nom de Livres Carolins, n'est ni sans fiel, ni même sans quelques légères erreurs. Il respire en plus d'un endroit la prévention et l'aversion contre les Grecs. L'auteur, quel qu'il fût, ne montre point toute l'érudition ecclésiastique nécessaire, lorsqu'il avoue qu'il ne connoît ni la personne ni les écrits de saint Grégoire de Nysse, dont l'autorité étoit réclamée par le concile de Nicée.

Au reste, l'erreur principale de Ciiarlemagne et de ses évêques , sur la doctrine de ce concile , étoit très-naturelle; elle venoit de l'impéritie du traducteur des actes. On y avoit lu , avec autant d'étonnement que de scandale, cette formule : « Je reçois et j'ho- « nore les images , et je leur rends la même adoration « que je rends à la sainte Trinité ». On jugea en France que la haine pour les iconoclastes avoit jeté les pères de Nicée dans l'idolâtrie. L'original grec poi toit au contraire : « Je reçois et j'honore les saintes u images ; mais je ne rends qu'a la seule Trinité « l'adoration de latrie ». Ce qui étoit conforme à la doctrine que l'Eglise avoit professée dans tous les temps.

Alcuin avoit aussi écrit , contre le second concile de Nicée, une lettre qu'il avoit fait approuver par les princes et les évêques d'Angleterre.

Jl paroît que l'erreur de Charlemagne ne fut pas

Page 1