‹ Histoire de CharlemagneChapitre 49 sur 108 · LIVRE 3, CHAP. 2. III · texte numérisé non relu

LIVRE 3, CHAP. 2. III

ration , furent réformés, soit par le capitulaire de 789, soit par le concile de Francfort, tenu cinq ans après. La réforme fut introduite parmi les moines, par les soins de saint Benoît, abbé d'Aniane, fils du comte de Maguelone, non moins célèbre que le fondateur des bénédictins. Charlemagne fit venir du Mont-Cassin une copie fidèle de la règle du premier saint Benoît, pour servir de modèle à tous les ordres religieux. Les chanoines eurent aussi leur part à la réforme ; le capitulaire de 789 leur enjoint expressément de vivre selon leur règle, dont ils s'étoient trop écartés. On voit, par ce capitulaire de 789, que Charlemagne y fait un grand usage du recueil des anciens canons, dont le pape. Adrien lui avoit fait présent au premier voyage que ce monarque avoit fait à Rome.

. Un des articles de ce capitulaire porte que ceux qui se sont une fois parjurés, ne pourront plus être admis à rendre témoignage, ni à prêter serment • en effet, sur quel fondement pourroit-on les y admettre? Tout homme parjure a fourni la preuve que les sermens ne sont rien pour lui.

Le même capitulaire contient une disposition trèsutile , et qui a été dans la suite la source de toute instruction. T^es évêques y sont exhortés à établir deux espèces d'écoles. Les unes, nommées les petites écoles, dévoient être fondées partout pour enseigner à lire et à écrire aux enfans ; les autres dévoient être ouvertes dans les cathédrales et dans les monastères , et Ton devoit y apprendre les psaumes, les notes, le chant, l'arithmétique , et la grammaire.. '

Charlemagne, au retour d'un voyage qu'il avoit fait en Italie, en 787, avoit emmené avec lui, de

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Rome y des maîtres de grammaire et d arithmétique. Ces maîtres en seign oient aussi le comput ecclésiastique; il les mit à la tête de diverses écoles qu'il fonda en plusieurs endroits de ses Etats , surtout à Paris, et que quelques-uns regardent comme l'origine de l'Université.

Il avoit emmené aussi de Rome plusieurs chantres romains, par le secours desquels il introduisit en France le chant grégorien : on sait que ce chant est ainsi nommé du pape saint Grégoire, qui, à la fin du sixième siècle, avoit réformé l'office de l'Eglise romaine , et avoit fondé à Rome une école pour le chant de cette Eglise : Charlemagne eut le même zèle pour Mézerai , le même objet : « // avoit fort a cœur cette chan-

nolog g * Chr °" K tene ^ ^ézerai. Il éprouva les plus grandes contradictions ; tant il est apparemment naturel de s'opposer à toute nouveauté ! Les chantres français prétendoient chanter mieux que les chantres romains; ces divers chantres se moquoient les uns des autres, se contrefaisoient, et surtout disputoient beaucoup, et se haïssoient fort. Charlemagne décida la querelle par la comparaison du ruisseau et de la source, Rome étoit la source, et elle devoit être plus pure. Des chantres romains furent donc établis en France pour instruire les chantres français , qui ne voulurent ou ne Monach.En- purent jamais les imiter parfaitement, la rudesse de fioliam. jj eur g OS j er ^ jij. j e mo i ne d'Angoulême, ne leur permettant pas de rendre certains tremblement et certaines délicatesses du chant des Italiens : ceux-ci apprirent aussi aux Français à toucher l'orgue, et cet instrument , inconnu en France jusqu'au temps de Pépin, et dont l'usage ne commença que sous Charle-

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