‹ Histoire de CharlemagneChapitre 53 sur 108 · LIVRE 3, CUAP · texte numérisé non relu

LIVRE 3, CUAP

en Fair les voix des démons, qui se vantoient de les avoir dévorés en punition de la négligence des peuples à payer la dîme (0.

Les capitulaires de Charlemagne, relatifs au droit civil et aux affaires temporelles, n'ont pas moins de sagesse que ceux qui règlent la discipline ecclésiastique.

Les Mis si Dominici, envoyés royaux , dont l'établissement se rapporte au règne de Charlemagne, commissaires du roi fort utiles au peuple , étoient pour un temps à peu près ce que les intendans de provinces sont aujourd'hui d'une manière plus fixe; ils ont servi dans la suite de modèle pour l'établissement de ces intendans, et pour la tenue des grands jours dans les provinces. Leur fonction principale étoit de réformer les jugemens iniques , et de réparer les torts avérés. Charlemagne avoit soin de choisir , pour cet emploi, des hommes que leur état, leur caractère et leur fortune missent au-dessus de tout soupçon et de toute tentation de vénalité. Ces espèces de censeurs tenoient quatre fois par an, dans leur province, des Etats particuliers, où lesévéques, les abbés, les comtes, les seigneurs, les avoués des églises, les vicaires des comtes, tous ceux en un mot qui avoient une portion d'administration, soit spirituelle, soit temporelle , étoient obligés d'assister ou en personne, ou par des représentans. On traitoit, dans ces assemblées, de toutes les affaires de la province ; on exa-

(0 Expérimente enim didicimus in anno, quo Ma valida famés irrepsit, ebullire vàcuas annonas à Dœmonibus devoratas, et voces exprobrationis auditas, etc. Baluze , Capital, p. 367 , art. a3.

VlH » HISTOIRE DE CHÀRLÈMÀGNE.

minoitla conduite des magistrats , et les besoins tant M. l'abbé publics que particuliers ; on punissoit les prévaricade Mably, t eurS j i es magistrats, qu'on observoit, apprirent à se

Observations ai • x

snrrHist.de respecter eux-mêmes, les mœurs se corrigèrent, et France, 1. 1 , l'amour du bien public , uni à la liberté, la rendit de p. 14a, 143. j Qur en j Qur pj ug a gj ssan t e e i pi us salutaire.

Mais un point bien important, sur lequel les historiens ne nous ont pas assez instruits , est de savoir si Farrivée des commissaires royaux, dans les provinces, étoit inattendue, si on en ignorôit le temps et le lieu; c'est là ce qui tient en haleine, et ce qui prévient les abus. Partout où on a le temps de s'arranger, les abus disparoissent , c'est-à-dire qu'ils se cachent pour un moment , et qu'ils renaissent aussitôt que l'œil de l'inspecteur s'est détourné. Il faudroit que les voyages des rois dans les différentes provinces de leur Empire , que l'arrivée des censeurs et des magistrats -inspecteurs fût une chose toujours promise et jamais annoncée; il faudroit que les peuples pussent toujours l'espérer, et les prévaricateurs toujours la craindre.

Observât. M. l'abbé de Mably met dans un beau jour la posorrHist.de litique habile de Charlemagne envers ses sujets, et les iT™***** égards. délicats qu'il eut toujours pour la liberté. Il* ne tenoit qu'à lui d'être despote ; les conquérans sont toujours despotes , quand ils le veulent ; ils le veulent presque toujours, et c'est ce qui les perd. Charlemagne conçut le danger de l'être, et la sottise de le parôître; il le conçut par ses propres lumières, sans être aidé par les lumières de son siècle. Quoique ses volontés fussent véritablement à lui, et qu'il fût bien plus l'auteur de ses lois, que tant de monarques qui

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