‹ Histoire de CharlemagneChapitre 56 sur 108 · LITTÉRATURE · texte numérisé non relu

LITTÉRATURE

L'Histoire des lettres, sous Charlemagne, est, plus encore que celle de la législation, nécessairement liée avec l'Histoire de l'Eglise, et parce que la plupart des études se rapportoient à la religion, et parce que presque tous les gens de lettres étoient des ecclésiastiques. Cet état étoit même pour eux un moyen de fortune, et nous voyons les principaux dentre eux pourvus des plus riches bénéfices, par la faveur du yoi; car quoique les anciens canons, renouvelés seulement dans la fameuse assemblée de la Faculté de Théologie, tenue en 1238 sous saint Louis, par Guillaume III, évêque de Paris, aient défendu l'accumulation des bénéfices, et mis en danger le salut die ceux qui en possèdent plusieurs, il fout avouer que dans tous les siècles il s'est trouvé de grands bénéfkiers qui ent bien voulu en courir les risques. Théodulfe, sous Charlemagne, possédoit à la fois l'évêché d'Orléans et Fabbaye de Fleury ou de Sain t- Benoît-sur-Loire , et d'autres encore. Leidrade, que Charlemagne fit archevêque de Lyon, avoit encore d'autres bénéfices. Hilduin, un des savans de ce temps, avoit Fabèaye àe Saint-Denis, celle de Saint-Germain-des-Prés, et celle de Saint-Médard de Soissons. Alcuin réuaîssoit les abbayes de Ferrières, de Saint-Loup de Troyes, de Saint-Josse-sur-mer, et de Saint-Martin de Tours : les terres de ces abbayes étoient peuplées de serfs,

Page 1