LIVRE 3, CHÀP. 3. l4l
à lui-même : l'éloge qu'il s'y donne est d'avoir été un voyageur célèbre.
Famosus in orbe viator.
Du reste, elle ne contient que les moralités communes du sujet.
Çuoâ nunc es fueram ,
£t quod nunc ego sum, tuquefuturux eris.
Delicias mundi casso se-clabar amore •
iVw«c flûiîf tt puL is, vermibus atque cibus.
« J'étois ce que vous êtes, vous serez ce que je suis. « Je recherchois avec une vaine ardeur les délices « du monde. Maintenant je suis cendre et poussière, « et la pâture des vers ».
Quelques martyrologes donnent à Àlcuin le titre de Bienheureux, et la chronique de Tours l'appelle Saint.
Il eut pour successeur, dans l'école du palais qu'il avoit formée et long-temps gouvernée, un certain Clément, qu'on nommoit Scot, parce qu'il étoit Ecossais, et dont Théodulfe disoit que le c étoit une faute d'orthographe dans ce nom de Scot.
Nous ne savons quel cas il faut faire d'un conte qui se trouve dans le moine de Saint-Gall, de deux savans hibernois ou écossais, qui ne trouvèrent pas d'autre moyen de se produire auprès de Charlemagne, que de crier à haute voix, au milieu des rues : Science à vendre. Présentés à ce prince t d'après cette singularité qui auroit pu les faire enfermer comme des fous , ils furent en effet trouvés très-savans , et on les mit à la tête de l'école du palais. Clément étoit un de ces savans. .
14a HISTOIRE DE CHÀRLEMÀGXE.
Les ouvrages de The'odulfe se rapportent à la religion comme ceux d'Alcuin. Un des plus considérables de ces ouvrages, est une instruction pour son clergé. On voit qu'il se plaint comme d'un abus déjà ancien, de l'usage d'enterrer les morts dans les églises, et de faire, dit-il, de celles-ci des cimetières. Il proscrit cet usage , et n'admet d'exception que pour les prêtres ; à la bonne heure , cette exception est sans équivoque ; mais il ajoute, et les personnes distinguées par leur vertu, et dès-lors chacun peut y prétendre pour les personnes auxquelles il s'intéresse. Tant il importe de bien spécifier les exceptions, ou plutôt tant il importe d'en admettre peu !
Divers articles de cette instruction font foi de certains usages du temps. Nous y voyons, par exemple, qu'on ne faisoit alors, même dans les grandes villes, comme Orléans , qu'un seul office solennel le dimanche, et que tous les curés et les fidèles dô la ville et des faubourgs se réunissoient dans la cathédrale, pour assister à cet office. Nous y voyons l'hospitalité recommandée de manière à faire croire qu'il n'y avoit point encore alors d'hôtelleries publiques. Il y est dit aussi que le jeudi, le vendredi, le samedi saints , et le jour de Pâque, sont des jours de communion générale. Cette loi mérite d'être remarquée, au moins par rapport au vendredi saint , qui n'est plus à présent un jour de communion, même particulière. Enfin il est défendu aux femmes d'approcher de l'autel , même pour aller à l'offrande ; elles resteront à leurs places , et le prêtre ira recevoir leurs offrandes.
Les poésies de Théodulfe passent pour les meilleures du temps, et ne sont pas bonnes. Il est l'au-