‹ Histoire de CharlemagneChapitre 60 sur 108 · LIVRE 3, CHAI». 3. 1.J · texte numérisé non relu

LIVRE 3, CHAI». 3. 1.J

teur d'une hymne dont on chante encore le commencement à la procession du dimanche des Rameaux :

Gloria, laus et honor ùbi sit, Rex Christe Jtedemptor,

Ge n'est pas ainsi que Santeuil, ni même CofEn, ont fait des vers pieux; mais on peut dire :

Quisquis scripta voles conferre, et sœcula confar.

* Si vous comparez les rers, comparez les siècles ».

Ces savans, parmi lesquels nous comptons Charleraagne lui-même, sont justement célèbres encore par les élevés qu'ils ont formes. Le fameux Hincmar, archevêque de Reims, étoit disciple d'Hilduin ; Agobard, . archevêque de Lyon, qui a écrit contre les épreuves ou jugemens de Dieu, qu'il condamne par la seule autorité de l'Ecriture (heureux effet des lumières que Uiarlemagne avoit répandues , mais qui n'éclairoient encore que quelques esprits privilégiés); Raban, archevêque de Mayence, auteur du Feni Creator, qu'on regardoit alors comme un titre littéraire, étoient disciples d'Alcuin. Eginard peut passer pour avoir été l'élève de Charlemagne , aussi bien que les deux Amalaire : l'un , nommé AmalariusFortunatus, archevêque de Trêves, prélat des plus illustres de ce temps, avoit dédié à Charlemagne un Traité du baptême, qui a été imprimé sous le nom et parmi les Œuvres d'Alcuin. Charlemagne, à l'exemple duquel François I, dans la suite, employa si souvent les gens de lettres dans les affaires, Charlemagne envoya cet Amalairc en ambassade auprès de Michel Curopalate, empereur d'O- •

nent, successeur de Nicéphore.

L'autre Amalaire, prêtre de l'église de Metz, abbé,

puis corévêque , composa un Traité des Offices ecclésiastiques, ouvrage encore précieux à ceux qui veulent s'instruire des antiquités de l'Eglise. Agobard a écrit contre cet ouvrage. Nous avons encore du second Amalaire, des lettres qui roulent toutes sur des points de discipline ou des usages de dévotion : dans Tune il expose la manière dont il faut écrire le nom de Jésus : dans une autre, il examine s'il est permis de cracher aussitôt après la communion. Telle étoit la théologie et même la littérature du temps.

Les académies sont pour l'instruction de 1 âge mûr, ce que les universités sont pour l'instruction de la jeunesse.

Charlemagne fonda d'abord pour celle-ci, et fit fonder, par les évêques et les monastères, des écoles que FUniversité de Paris peut regarder comme son berceau. En France, les abbayes de Corbie, de Fontenelle, de Ferrières, de Saint-Denis, de Saint-Germain de Paris , de Saint-Germain d'Auxerre , de Saint- Benoît-sur-Loire ; en Germanie, celles de Prom, de Fulde, de Saint -Gall; en Italie, le Mont-Cassin, devinrent célèbres par leurs écoles. Charlemagne établit aussi une école pour le grec à Osnabruck. Dans la lettre circulaire qu il écrit aux métropolitains et aux abbés pour l'établissement de ces écoles, il dit expressément : « Il vaut mieux, sans doute, faire le « bien que de le connoître ; mais on le fait plus sûre- « ment, quand on le connoît.... Des soldats de l'Eglise « tels que vous, ajoute-t-il, doivent être des hommes et pieux et savans ; nous souhaitons surtout que vous « viviez bien , mais nous souhaitons aussi que vous parce liez bien ».

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