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solécismes ne sont pas rares dans ses lettres latines : nous en avons une de lui, à Fastrade sa femme, dans laquelle il lui annonce qu'on a fait, pendant trois jours consécutifs (lundi, mardi et mercredi), des prières publiques dans l'armée : Litaniam fecimus , dit-il , id est nonis Septembris, quod fuit lunis die incipientes , et Martis et Mercoris. Les substantifs et les adjectifs ne s'accordent pas ici en genre, en nombre et en cas. Le style de la plupart des diplômes de Charlemagne est de la même incorrection.
Grégoire de Tours dît que, dès le sixième siècle Greg.Turon. (vers l'an 5$o), on ne s'astreignoit plus dans le htin JJj£ règles de grammaire qui regardent les cas et les p. 711.,
genres. Du temps de Charlemagne , la corruption du ktin étoit beaucoup plus grande , et alloit jusqu'au barbarisme , par le mélange des idiomes. Dans des litanies écrites vers l'an 780, et publiées par dom Ma- Mabillon. billon, dans ses Analectes, on trouve partout la for- Analeot mule : Tu lo juva, pour tu illum juva.
Le style d'Eginard est plus pur que celui de Charlemagne et des autres auteurs contemporains ; ce qui a fait croire à quelques savans que son histoire avoit été retouchée après coup par les éditeurs.
M. Schminck, le meilleur de ces éditeurs, impute àEginard d'avoir cherché avec affectation, non-seuleroent à imiter Suétone dans le style, mais même à le copier dans les faits.
Le style de Charlemagne étoit plus correct en vers qu'en prose JLi'épitaphe qu'il fit du pape Adrien n'est pas sans quelque mérite; elle a été insérée au tome 11, Cancil. Gall. p. 309 > et dans le tome v du Recueil des
j5o HISTOIRE DE CIÎAItLEMÀGWE.
historiens de France, p. £12. En voici quelques vers : il y en a trente-huit en tout.
Post patrem lacrymans Carolus hœc carmina scripsi.
Tu mihi dulcis amor : te modo plan go , pater...*. JYomina jungo simul titulis, clarissime, nostra :
Adrianus, Carolus; Rex ego, tuque pater..,., ' Twn memor esto tui nali, pater optime, posco y
Cum pâtre die natus pergat et iste tuus.
« C'est la douleur de la mort d'un père, qui ma « « dicté ces vers. Vous étiez l'objet de ma tendresse,
« vous êtes maintenant le sujet de mes larmes Pour
« marquer l'union de nos cœurs, je joins ensemble nos ce noms et nos titres : Adrien, Charles, le père et le « roi... Ole meilleur des pères, souvenez-vous de votre « fils! obtenez qu'il aille se réunir à son père ».
Charlemagne, en envoyant au même pape un Psautier en lettres d'or, comme le pape lui avoit donné à Rome le Recueil des canons, l'avoit accompagné de vingt vers latins, aussi hexamètres et pentamètres, qui servent de dédicace, comme l'acrostiche d'Adrien en avoit servi au Recueil des canons.
Pàbliot Med. On peut voir dans Fabricius deux épîtres en vers
Unit l*$ 3 " ^ U m ^ me P r * nce y adressées à Paul Diacre, et quelques vers sur la mort de Roland , ou , comme le conjecture Leiïmiu Leibnitz, sur celle du prince Charles, mort en 81 1 :
Epist.t.i,p. ma - s 0 bservons que cette conjecture de Leibnitz suppose qu'il n'étoit pas détrompé sur le compte du faux Turpin. Ces vers ne sont en effet, ni de Charlemagne ni de l'archevêque Turpin, mais du faussaire, qui f dans des temps bien postérieurs, a pris ce dernier nom, et qui les fait attribuer à Charlemagne par Turpin.