‹ Histoire de CharlemagneChapitre 63 sur 108 · LIVRE 3, CHAP. 3. l5l · texte numérisé non relu

LIVRE 3, CHAP. 3. l5l

L une des deux épîtres adressées à Paul Diacre, se trouve aussi dans le cinquième tome du Recueil des historiens de France, p. ^n. Elle commence par ces vers :

Parvula rex Carolus seniori Carmina Paulo, Dilecto fratré, mittit honore pio.

Noble hommage que la puissance rend au talent, du moins à ce qui étoit alors regarde' comme talent. L'autre épître exprime les mêmes sentimens de tendresse et de respect.

Aaron Rachid, rival en tout de Charlemagne, cultivoit, comme lui, les lettres, faisoit, comme lui, des vers, et aimoit Charlemagne autant qu'il en étoit aimé. Nous ne saurions nous lasser de répéter ce dernier point.

Charlemagne composa, pour la langue tudesque, une grammaire, qui a depuis été retouchée et perfectionnée par un bénédictin de l'abbaye de Weissembourg, nommé Otfride, disciple de Raban Maur. Par-là il éleva, en quelque sorte, ce jargon à la di- DeTorigin» gnitéde langue, et il tâcha de la fixer; il donna, dans dekS fwhi ngue, aux mois et aux vents, les noms quils R C naudot, portent encore aujourd'hui, du moins avec très-peu de Mém. de Litchangemens; il espéroit perfectionner assez le tudes- * e ™ l,t * t '* t que ou l'allemand , pour que les traités et les lois pussent être rédigés en cette langue, qui étoit alors la langue vulgaire ; rien ne lui paroissoit plus absurde que de rédiger, dans une langue savante, des lois faites principalement pour le peuple; il U ouvoit que c'étoit imiter cet empereur cruellement insensé (0,

(OCaliguia.

î 02 HISTOIRE DE CHARLEMAGNE.

qui faisoit écrire ses édits en caractères très-fins, et les faisoit afficher très-haut, afin que personne ne pût les lire, et que l'ignorance, multipliant les contraventions, fournît un pre'texte aux supplices. Les gens d'é- . glise, qui faisoient seuls leur étude du latin, dont on se servoit encore du temps de Charlemagne dans les actes publics, craignirent de devenir inutiles si ces actes étoient désormais rédigés en langue vulgaire ; ils traversèrent de tout leur pouvoir le projet raisonnable de Charlemagne. On continua d'employer le latin dans les lois, les traités publics , et même les contrats particuliers, et cet usage subsista jusqu'au règne deFran- TVlém. de çpisl, qui eut encore de la peine à l'abolir. Avant lui, i^p^ija. Louis XII, par une ordonnance de Tan i5i2, avoit tenté la même chose sans succès ; et la nécessité où se trouva François I, de renouveler, en 1 535, l'ordonnance qu'il avoit déjà donnée à ce sujet en iSao, prouve que cette première n'avoit pas eu toute son exécution.

On sait quel étoit le goût de Charlemagne pour l'astronomie. Pendant les nuits sereines, il se plaisoit à observer le ciel et à étudier le cours des astres. On trouve dans les annales de son règne , écrites par Eginard , des observations réputées curieuses pour le temps, concernant les éclipses, les conjonctions des astres, les aurores boréales, etc. Il avoit quelque connoissance des arts agréables; cette église d'Aix-la- Chapelle, si vantée par les auteurs du temps, fut, dit-on, bâtie d'après ses plans : « On sait, dit M. l'abbé « Le Bœuf, qu'il lisoit Vitruve, et qu'il s'entendoit en « bâtimens ».

Il favorisoit et facilitoit, de tout son pouvoir, les

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