‹ Histoire de CharlemagneChapitre 64 sur 108 · LIVRE 3, CHAP. 3. l · texte numérisé non relu

LIVRE 3, CHAP. 3. l

expériences de médecine et de physique. Un capitula ne, donné à Thionville en 8o5, recommande expressément l'étude de la médecine , et veut qu'elle fasse partie de l'éducation. Il y avoit dans le palais un édifice consacré à cette science , sous le titre Hippocraùca tecta. Charlemagne avoit à sa Cour les plus habiles médecins de son temps ; mais on a observé qu'il en faisoit peu d'usage pour lui-même, et que son unique remède dans ses maladies, d ailleurs peu fréquentes, étoit la diète.

Alcuin dit de Charlemagne, « que c étoit un évêque « dans les choses de la religion , un philosophe dans « les sciences profanes (0 ». Il mérita, comme Constantin, ce titre d'évéçue extérieur , qui convient à tout prince chrétien , et qui , mettant à part les droits de la théologie, n'annonce qu un zèle légitime pour le maintien de la discipline et pour les progrès de la morale.

Ce que dit de lui Théodulfe, donne une assez juste idée de son amour pour Tordre dans tous les genres : « Ce grand prince ne cessoit de porter les évêques à « l'étude de l'Ecriture sainte , le clergé à l'obser- « vation de la discipline, les moines à la régularité, « les grands aux bons exemples et aux bons conseils, k les juges à la justice , les supérieurs à la raison , « les inférieurs à l'obéissance, tous à la vertu et à la « concorde ».

Tels sont les fruits ordinaires de la culture des lettres ; elles enseignent tous les devoirs, et montrent à tous les hommes l'intérêt qu'ils ont de les remplir.

(■) Pontifex inprœdicatione Phihtophus in UberaMus tludiis.

Vers le même temps, les Arabes faisoient de grands progrès dans diverses sciences, sous leur calife Aaron, l'ami de Charlemagne , et son rival en tout genre de gloire. Ce fut, dit-on, sous son règne, qu'ils inventèrent l'algèbre.

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