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rapporte à Vannée 791 , que ce prince, âgé alors d'environ treize ans, fut armé solennellement au château de Rensbourg par Charlemagne, qui lui ceignit lepée, ibique ense accinctus est. C'étoit un reste d'un ancien usage des Francs et des Germains, qui faisoit, du moment où l'enfant recevoit avec les armes le droit de défendre la patrie, une des grandes époques de la vie; et ce fut le commencement d'un autre usage, si célèbre depuis sous le nom de chevalerie.
Sous la première race de nos rois, les armées n'étoient presque composées que d'infanterie ; sous Charlemagne , la cavalerie et l'infanterie étoient presque en nombre égal. Les machines de guerre étoient à peu près les mêmes qui avoient été en usage chez les Romains.
La machine politique étoit vaste, mais simple. Dans «ne nation presque toute militaire, il n'y a que deux Etats, l'Eglise et la guerre. Quant au gouvernement ecclésiastique, le clergé y pourvoyoit, et Charlemagne surveilloit le clergé. Quant au gouvernement politique ou militaire, chacun des Etats de la domination de Charlemagne étoit divisé en un certain nombre de gouvernemens particuliers-, ou duchés , composés chacun de douze comtés (0; les ducs et les comtes avoient, dans leur district, et le commandement des troupes et l'administra tion de la justice; ils étoient tous révocables, et ils étoient rarement révoqués. Les tournées des Missi Dominici servoient à les retenir dans le devoir, et à réparer quelquefois leurs torts.
(«ï On distinguent trois diflerens ordres de comtes ; Comité* majores oufortiores, Comités médiocres , Comités niinores.
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L'entretien des ouvrages publics , tels que les ponts et chaussées, les navires servant au passage des rivières, etc. ëtoient à la charge des comtes, et ils y em- Mon. San- ployoient leurs préposés, que le moine de Saint-Gall gall. de Ec- appe ii e i eurs vicaires et leurs ofliciaux, per vicarios M.Iib. i, c. et officielles suos : mais quand il sagissoit dune cons- 32 et 33. truction nouvelle, ni duc, ni comte, ni évêque, ni abbé, n'étoit dispensé de contribuer à cette dépense.
L'ordre du roi étoit que les ouvriers fussent bien nourris, bien vêtus, bien payés, et qu'on leur fournît abondamment toutes les choses nécessaires à leur tra* vail; ce qui s'exécutoit, dit le moine de Saint-Gall, quand le prince étoit présent ou dans le voisinage : il parle d'un principal officier de la maison du roi , qui, en faisant faire des travaux publics loin des yeux du prince, avoit amassé des sommes immenses aux dépens des ouvriers, qu'il laissoit manquer de tout. Rec.cîesHis- Il paroît par la chronique de Verdun, et par dit
t°5 p%ra fe' rens diplômes de Charlemagne, que les impôts consistoient principalement alors dans une multitude de douanes et de péages, et par terre et par eau, qui dévoient gêner beaucoup le peu de commerce qui se faisoit alors. On payoit tant par voiture, tant par bête de somme, tant au passage des ponts (pontaticum) y tant pour le tort que les roues pouvoient faire aux chemins (rotaticum) , tant pour la poussière qui s'élevoit des pieds des chevaux et des roues dés voitures (pulveraticum) , tant pour traverser certains lieux {trava evectio) y tant pour l'échange ou la vente des marchandises {mutalicum)\ il paroît que les passages étoient très-obstrués , et qu'on ne cherchoit à faciliter ni le transport ni le débit des denrées.
livre 3, chàp. 4- ibg Les monnoies donnèrent de l'occupation à Charlemagne, et furent un des principaux objets de sa légis* lation.
La plus ancienne ordonnance qui nous reste sur les monnoies, est celle qui fut faite en 755, par Pépin le Bref, dans un parlement tenu à Verneuil -, Pépin ordonne « que les sous d argent ne seront plus taillés « que de vingt-deux à la livre de poids, et que de ces « vingt- deux pièces, le maître de la monnoie en re- « tiendra une, et rendra les autres à celui qui aura « fourni l'argent ». La pièce retenue étoit ou pour les frais de la fabrication , ou pour le droit du roi sur les monnoies, connu dans la suite sous le nom de droit de seigneuriage, ou pour ces deux objets réunis. Cette ordonnance étoit une réforme : il paroît que Pépin rendit les sous d'argent plus pesans, et qu'avant lui il y en avoit plus de vingt-deux à la livre de poids.
Charlemagne et Carloman firent d'abord faire leur monnoie d'argent du même poids qu'avoit fait leur père; mais bientôt après elle fut plus pesante, il n'y eut plus que vingt sous d'argent dans une livre de poids. Nous n'avons pas, à la vérité, l'ordonnance qui réduisit les sous d'argent à ce nombre, « et qui « établit en conséquence la livre de compte, compact sée de vingt sous, dont nous nous servons encore « aujourd'hui, et que presque tous les autres peuples « de l'Europe ont prise de nous » ; mais Le Blanc en rapporte l'établissement à Charlemagne.
Les guerres continuelles, les voyages qu'elles entraînoient, les longues et fréquentes absences qui en étoient la suite, faisoient naître plus d'abus que la vigilance du roi n'en pou voit corriger ; les monnoies,
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depuis Tannée 779, avoient été altérées dans leur poids et dans leur titre. En 794, Chaiiemagne fit à Francfort un règlement pour les rétablir dans leur .ancienne valeur intrinsèque.
Dans la suite encore les désordres causés par les feux monnoyeurs donnèrent lieu aux capitulaires de 8o5 et de 808, qui ordonnèrent qu'on ne fabriqueroit plus la monnoie que dans le palais de Tempereur. On trouve sur plusieurs des monnoies de Charlemagne, cette inscription : Palatina moneta.
On observe principalement deux choses dans les monnoies de ce règne; l'une que, selon la remarque de dom Mabillon, le nom de Charlemagne y est presque toujours écrit par un C y au lieu que les autres rois de la seconde race, qui ont porté le nom de Charles, l'écri voient toujours par un K y ce qui s'observoit aussi sur leurs monnoies; l'autre est, que la suite des monnoies de Charlemagne offre des progrès sensibles dans l'art monétaire , et que les lettres des dernières monnoies sont beaucoup mieux gravées et beaucoup mieux rangées que celles des premières.
Charlemagne, par une ordonnance faite en 789 à Aix-la-Chapelle, établit l'égalité des poids et des mesures dans toutes les villes et les monastères. Il se Le Blanc, fonde, selon l'esprit du temps, sur l'Ecriture sainte; Traité his- il c ite le Lévitique, chapitre 9, où il n'est question ni Monnoks^e de P oids ni de mesures ; il cite les Proverbes , cha- France,pag. pitre 20, où Salomon dit, selon lui : Pondus et pan* c)3ct8uiv. dus, mensuram et mensuram odit anima mea. Une citation plus exacte n'eût point affaibli son argument. Le verset 10 du chapitre 20 des Proverbes, porte expressément : Pondus et pondus, mensura etmensura;