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blessait ses regards. La conquête de l'Italie fit naître le goût des habits de soie, ornés de ces riches pelle- 1 teries que les Vénitiens rapportoient du Levant, et qui faisoient un des grands objets de leur commerce. Mém. de Un jour Charlemagne voyant ses courtisans ainsi pa- Liuérat * l * 6 rés, leur proposa une partie de chasse, et monta surle-champ à cheval, par la pluie et par la neige, couvert, selon son usa£e, d'une grosse peau de mouton attachée négligemment sur l'épaule, et qu'il tournoit à son gré du côté d'où venoit le vent et la pluie. Les courtisans n'osèrent pas ne le pas suivre*, leurs magnifiques pelleteries et leurs fragiles soieries furent déchirées par les ronces, et gâtées par la neige. Au retour de la chasse, transis de froid, et n'aspirant qu'au moment de réparer le désordre de leur habillement, ih voulurent se retirer ; Charles ne les en laissa pas les maîtres. « Séchons- nous », dit-il en Rapprochant d'un gmud feu, et en les exhortant à l'imiter. Il saumsoit de leur embarras; il ne paroissoit pas s'apercevoir que le feu, en séchant leurs habits, faisoit retirer et grimacer les bandes de peaux dortt ils étoient ornés, et achevoit de les mettre hors d'état de servir. En congédiant les chasseurs, il leur dit : Demain nous prendrons noire revanche , et avec les mêmes habits: Quand ils reparurent le lendemain avec ces habits 3 tout déformés et tombant en lambeaux, ils fournirent à la Cour un spectacle risible. Le roi, après les avoir beaucoup raillés, leur dit : « Fous que vous êtes, « connoissez la différence de votre luxe et de ma sim- » plicité. Mon habit me couvre et me défend. Si la fa- « tigue vient à l'user, ou le mauvais temps à le gâter,
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« vous voyez ce qu'il m'en coûte , tandis que le moin- « dre accident vous coûte des trésors (0 ».
Si Charlemagne eût toujours employé ainsi la plaisanterie sur ce point, il eût pu s'épargner l'appareil impérieux d'une loi , et en épargner la contrainte à ses sujets. Ses discours et son exemple auroient tout fait/ les fourrures seroient tombées d'elles-mêmes.
Charlemagne, par un capitulaire de l'an 808, défend et de vendre et d'acheter un sayon double plus de vingt sous , et un sayon simple plus de dix. « Que les « rois, dit Montagne, commencent à quitter ces dé- « penses, ce sera fait dans un mois, sans édit et sans « ordonnance ». On se presse trop de faire des lois. ToiB.i3,p. Raoul dePresles, dans son ouvrage intitulé Musa, »i7eisuiv. ^ j Qnt j£ L ance i ot a donné la notice dans les Mémoires de littérature, rapporte un autre trait d'économie, ou du moins de simplicité, assez singulier de la part de Charlemagne. Le voici dan$ les propres termes de M. Lancelot, dont quelques-uns sont empruntés de Raoul de Presles.
« Charlemagne, ayant essuyé une fort grosse pluie « dans un voyage qu'il faisoit à Metz, fit sécher au « feu son capuce , restant la tête nue. Son petit- fils, » Charles W, lui remontra poliment, à la manière « française, urbane, gallorum more, qu'il pourroit
(0 OstolidUsimi mortalium! quod pellicium moào pretiosius et utiiiits est, istud ne meurn uno soUdo comparatum, an Ma vestra, non solùm libris, sed mukis coempta talentis ? Monach. S. Gall.
(») Nous ne connoissons d autre petit-fils de Charlemagne, du nom de Charles, que Charles le Chauve , qui n'étoit pas né du vivant de ton aïeul. Mais Faine des fils de Charlemagne se nommoit Charles.