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ctoit de suffire à tout, aux affaires, à l'étude, aux plaisirs. Ce prince , toujours occupé, n'en étoit pas moins un ardent chasseur, goût de race ou de nation, selon Eginard, qui donne la supériorité aux Français sur tous les autres peuples dans l'art de la chasse (0, Charlemagne voulut un jour donner aux ambassadeurs de Perse le divertissement dune chasse aux buffles dans la Forêt-Noire. Ce divertissement n'en fut point un pour eux. La fureur de ces fougueux animaux causa tant d'effroi à ces étrangers, qu'ils prirent la fuite. Charlemagne courut au plus furieux buffle pour lui abattre la tête d'un coup de sabre. Le buffle n'ayant été' que blessé, s'élance, tête baissée, sur le cheval du prince pour l'éventrer ; le roi eut à peine le temps de se de'toumer , ce qu'il ne put même faire si promptement que sa botte ne fût déchirée et sa jambe effleurée : le buffle alloit redoubler, lorsqu'un homme, qu'on n'atteudoit pas là, et qu'on fut très-surpris d'y voir, parut tout-à-coup comme s'il eût été envoyé du ciel pour sauver l'empereur , et perça le cœur de l'animal , qui mourut sur la place, Charles parut n'avoir point remarqué cet homme ; on n'en fut pas étonné. Tous les courtisans s'empressoient autour de Charles, et on étoit trop occupé de lui pour qu'il pût être occupé des autres. On vouloit lui ôter sa botte, visiter et panser sa jambe. Non, non, dit-il, je veux paroître en cet équipage devant la reine Hermengarde ; c'étoit | la femme de Louis son fils, Il rentre , il lui montre sa botte déchirée, sa jambe sanglante, la tête et les cornes effroyables du buffle. « Que croyez-vous, dit-il, que
<0 Quod illi gcntilitium erat , quia vix alla in Urris JYatio invenitur quœ in hdc arte Francis possit œquari.
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f< je doive à celui qui m'a tiré d'un tel péril ? — Ah ! « dit Hermengarde toute éplorée et toute effrayée, « que ne lui devons-nous pas tous ? — Eh bien ! dit «l'empereur, demandez -moi donc sa grâce, c'est « Isambard ». Ce seigneur français étoit tombé dans la disgrâce ; et sa faute , que les historiens ne spécifient pas, mais qui sembleroit, d'après les circonstances, avoir eu quelque rapport à Hermen garde, avoit paru assez grave pour que ses biens eussent été confisqués ; tout lui fut rendu , et de justes bienfaits signalèrent la reconnoissance de Charlemagne.
Il est parlé dans les œuvres d'Hincmar de certains bas-officiers de la Cour de Charlemagne, nommés Bersariens ou Bévérariens. Spelman croit que c'étaient des officiers des chasses ; que les Bersariens servoient à la chasse aux loups, et les Bévérariens à la chasse du castor ou bièvre, lever , d'où Beverarii, Bévèrariens > comme Bersariens vient de B ers are , qui, dans la basse latinité, signifie telis conjtgere, percer de traits.
Les jeux scéniques n'étoient sans doute alors que des farces indécentes, qui consistaient en chants, en danses , et en gesticulations.
Charlemagne , dans l'article 44 du premier capitulaire d'Aix-la-Chapelle, de l'année 789, parle des histrions, comme de gens notés d'infamie, et leur refuse le droit de pouvoir accuser en justice.
Par l'article i5 d'un autre capitulaire du même L'en et de la même année, il est défendu aux évêques, abbés et abbesses d'avoir chez eux des joueurs ou jongleurs , joculatores.
Sous le même prince, en 8i3, le neuvième canon
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du concile de Châlons , le dix-septième canon du second concile de Reims, le huitième canon du troisième concile de Tours, condamnèrent les jeux des
* histrions, et détendirent aux évêques, abbés et prêtres, d'y assister. On voit quels étoient les spectacles que proscrivoient ces conciles.
Charlemagne étoit presque le seul homme éclairé parmi des nations superstitieuses. En 810, une maladie contagieuse fit mourir une grande quantité de bestiaux dans les Etats de Charlemagne, surtout en Italie. Le roi d'Italie, Pépin, étoit en guerre alors avec Grimoald, duc de Bénévent; et les préjugés que la guerre fait naître et entretient parmi le peuple, firent accuser Grimoald de ce fléau. Il avoit, disoiton, fait répandre une poudre empoisonnée sur tous les pâturages des Français en Italie. Par un effet affreux et trop ordinaire de ces sortes de préjugés, on fit mourir beaucoup d'innocens soupçonnés, et qui parurent convaincus d'avoir répandu cette poudre chimérique. Il faut rendre justice à Charlemagne ; il fit tout ce qui dépendoit de lui pour arrêter ces injustes exécutions, et pour dissiper une erreur qui calomnioit son ennemi : mais tandis qu'il s'efforçdit de répandre autour de lui la lumière de la raison et le sentiment de la bienfaisance, il ne pouvoit empêcher qua l'autre extrémité de son trop vaste empire, l'innocence ne fût opprimée, et le fanatisme triomphant; il ne pouvoit empêcher que des peuples abrutis par
! l'ignorance, et aveuglés par la superstition, ne s'en prissent à leurs ennemis , des fléaux célestes et des ca-
I lamités physiques*.
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