MORT DE CH1RIIMAGNE
Thegan, Lorsque Gharlemagne et Louis le Débonnaire s'éh * '* toient séparés après le couronnement de ce dernier, on avoit remarqué que leurs erabrassemens a voient été mêlés de beaucoup de larmes, comme si ces princes eussent prévu qu'ils se disoient le dernier adieu : cet attendrissement si marqué avoit été mis au nombre des présages de la mort de Charlemagne.
Le peuple ne croit pas que les grands hommes et les grands rois puissent mourir, sans que Tordre des élémens soit troublé, sans que des signes célestes annoncent cet événement. On renouvela, pour Charlemagne, l'histoire de tous les prétendus prodiges dont on veut que la mort de César ait été précédée, accompagnée, et suivie. « Ces prodiges, dit Mézerai en « parlant de ceux qui concernent Charlemagne, fuie rent capables d'étonner ceux même qui n'y ajoutent « point de foi ». On érigeoit tout en présage. Mais le présage le plus funeste étoit que ce corps si vigoureux connoissoit enfin les infirmités, fruit des fatigues et des guerres continuelles.
La durée de la vie tient à une si grande complication de causes cachées, qu'il est impossible de dire jusqu'où Charlemagne auroit pu pousser sa carrière, si une vie tranquille et un exercice modéré eussent entretenu en lui cette vigueur, qui sembloit lui promettre une longue et saine vieillesse ; mais nous avons