LIVRE 3, CHkV. I. «àl
<fej Monnoies. Nous ne pouvons mieux terminer le tableau de cette grande époque du renouvellement de l'Empire d'Occident, et l'examen des droits qu'ont exercés à Rome les empereurs français, que par l'extrait d'une partie de cet ouvrage de Le Blanc. Il a pour titre : Dissertation historique sur quelques mon* noies de Charlemagne , de Louis le Débonnaire, de Lothaire, et de leurs successeurs, frappées dans Rome; par lesquelles on réfute l'opinion de ceux qui prétendent que ces princes nont jamais eu aucune auto* rité dans celte ville , que du consentement des papes* La fausseté de la prétendue donation faite par Constantin au pape Silvestre , est reconnue. Constantin et ses successeurs n'ont pas cessé d'être maîtres dans Rome. Constantin exila le pape Libère, çuis le rappela, et chassa le pape ou antipape Félix, qui avoit pris la place du pape Libère pendant l'exil de ce pontife.
L'empereur Honorius termina en maître le schisme d'Eulalius et de Boniface.
Odoacre , roi des Hérules , fut maître de Rome , ' comme étant substitué par la conquête aux empereurs romains. Il fit un édit pour régler l'élection des papes ; et, dans cet édit,. il défend d'élever qui que ce soit à la papauté sans son consentement : Non sine nostrâ Concil. 1. 10, consultalione cuiuslibet celebretur electio. p '
Théodoric termina le schisme de Laurent et de Thcopbane. Symmaque , et les rois goths furent les maîtres dans J^f^*^* Rom« , ainsi que l'avoient été les empereurs romains et Odoacre.
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Athalaric fit, pour l'élection des papes, des régie- Epist j5 . L * naens à peu près conformes à celui d'Odoacre. 9 , Epist. 16.
Après l'expulsion des Goths , les empereurs de Constantinople, et en leur nom les exarques, confirmoient l'élection des papes. L'empereur Maurice, gendre de Tibère, confirma celle de Grégoire I. L'exarque Isaac, lieutenant de l'empereur Héraclius, cons firma celle du pape Séverinus. L'abus même de vendre ces confirmations s'étoit établi ; ce qui prouve combien il étoit impossible de s'en passer, et combien les empereurs étoient les maîtres. L'empereur Constantin Pogonat, à la prière du pape Agathon , réforma cet abus; c'est peut-être ce qui a fait dire que ce prince s étoit démis du droit de confirmer l'élection des papes : on cite cependant une constitution de l'an 684, qui porte cette renonciation ; mais quelques savans la regardent comme supposée; et le pape Conon ayant été nommé deux ans après (en 686), son élection fut confirmée , ut mos erat, dit Anastase le Bibliothécaire, par l'exarque Théodore, lieutenant de Justinien II.
La souveraineté des empereurs grecs à Rome étoit universellement reconnue ; les papes étoient leurs sujets, et furent quelquefois traités en sujets rebelles. L'empereur Justinien et l'impératrice Théodora, sa femme, traitèrent ainsi les papes Syivère et Vigile, à tort où avec raison, n'importe; la preuve de l'autorité est toujours la même. Boniface TV voulut faire du Panthéon une église ; il fut obligé d'en demander la permission à l'empereur Phocas. Le pape Honorius n'osa enlever les tuiles d'airain du temple de Romulus, pour en couvrir l'église de Saint-Pierre, qu'après en avoir de même obtenu la permission de l'empereur Héraclius.