‹ Histoire de CharlemagneChapitre 85 sur 108 · QUATRIÈME QUESTION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME QUESTION

conjecture , et on ne peut parvenir à rien de plus, sur la plupart de nos origines. Cet aveu coûte quelquefois aux savons; séduits par le goût des systèmes r ils cherchent à ériger leurs conjectures en certitudes. Encore un coup, ne feroit-on pas davantage pour la science, si Ton se contentoit d'en fixer bien précisément les bornes , de tracer la ligne où finit la certitude , et où commencent les conjectures ?

Dom Ruinait distingue, comme dom Bouquet, deux sortes d'assemblées, le Champ de Mars et le placite ; mais il en confond un peu plus les objets et même les noms, car il observe que les placites étoient quelquefois nommés Champ de Mars ; et quant aux * objets, il croit qu'on rendoit la justice dans les Champs de Mars ainsi que dans les placites. Illi porrb convenais Campus Martius , vel à Marte bellorum Deo, aut à Marlio mense qub Jîeri solebant , nuncupaban-

tur Nec dubium est , quin etiam , si inter aliquos

Francos lites aut jurgia forte oborta fuissent, in eisdem convenûbus finirentur. Hœc primiim facilia erant , sed dilatato posteà per plures provincias regno, prœler illum conventum gêneraient, alii, cum rerum nécessitas exigebat, à rege convocabantur ;

qui licet quandbque Campi Martii nuncupati fue-

rinl, ut plurimum tamen placitorum nomine apud veleres auctores soient designari.

Quand deux savans, aussi familiarisés avec les anciens monumens de notre Histoire que dom Bouquet et dom Ruinart, n'ont pu lever entièrement le voile qui couvre nos origines, n'espérons pas être plus heureux, et reconnoissons qu'on ne peut rien tirer de plus sur la première race, soit des anciennes lois des Francs , et des ordonnances et diplômes des rois

23o HISTOIRE DE CHARLEMAGNE.

mérovingiens, soit des écrivains, tels que Grégoire de Tours, Frédégaire, l'auteur des Gestes des rois francs , celui des Gestes de Dagobert , Âimoin et les auteurs de quelques Vies des saints.

Quant à la seconde race, Adhélard, abbé de Corbie, cousin - germain de Charlemagne, a décrit la forme des parlemens convoqués par Pépin , Charlema* gne et Louis le Débonnaire, Tordre qu'on y observoit, les matières qu'on y traitoit. Ce monument nousae'té Hincm.Rem. transmis par Hincmar, et il nous paroît prouver que E P i.prorcc- Charlemaerne navoit fait aucun changement essentiel

là novi ac x & , . 0 . . '

juvenis régis a cet égard. On y voit que la coutume étoit de tenir institutione , chaque année deux parlemens ou placites, dans le Corb^Abb! dernier desquels on arrêtoit les comptes et états; qu'à Carol.Magni ce dernier surtout se trouvoient tous les grands, tant beU^Ta ecc ^ s i ast i £ I ues <I ue laïcs, les anciens pour délibérer, 29 ' les jeunes pour consentir à ce qui avoit été résolu. In çuo placito generalitas universorum majorum, Cam clericorum quam laïcorum , convenicbal , seniores proptcr consiliwn ordinandum, minores propier idem consilium suscipiendum. On prenoit quelquefois l'a* Durfiesnc, vis, même des jeunes, mais ils n'avoient pas voix t. i, p. 849. délibéra tive ; ce qui se rapporte au conseil que saint tor.deFran- R em * donnoit à Clovis dans une lettre écrite vers ce.t.4,p.5i. l'an 507, cum juvenibm joca, curn senibus tracta.

A l'ouverture de chaque parlement , on rendoit compte de tout ce qui s'étoit passé depuis la tenue du dernier; chacun rapportoit ce qui pouvoit être venu Hincmar, à sa connoissance, ou ce qu'il croyoit avoir remarqué lap^G 1 * 10 ' deS dis P osition s, soit de l'intérieur du royaume, soit des nations voisines, tributaires ou ennemies. Si quelqu'un avoit des plaintes à faire, des droits à réclamer, des abus à dénoncer, des établissemens ou des ré-

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