QUATRIEME QUESTION, 2*3 I
fbrmes à proposer, c'étoit là le moment, la chose étoit mise en délibération : s'il s'agissoit d'affaires im portantes et qui demandassent du secret, les anciens seuls en prenoient connoissance : si elles requéroient célérité, ils s'enfermoient, quelquefois pendant plusieurs jours de suite, sans aucune communication au dehors, et comme les cardinaux dans le conclave : ou le roi venoit délibérer avec eux, ou il les envoyoit Ih. chap. 3',. consulter, ou il leur faisoit donner ses ordres après avoir reçu leurs avis.
S'il y avoit quelque opposition ou diversité d'intérêts entre les grands et le clergé, ces deux ordres délibéroient séparément, et on préparoi t toujours dans cette vue deux chambres séparées, soit que l'assem- Ib. cliap. 35. blée se tînt en pleine campagne, comme il arrivoit souvent dans la belle saison , soit qu elle se tînt dans quelque château royal,
Adnélard , dans la description qu'il fait de la manière dont les rois se communiquoient à leurs sujets dans ces assemblées, manière qui devoit varier selon le caractère de ces rois, paroît avoir eu particulièrement en vue l'affabilité de Charlemagne. Ce petit
tableau n'est pas sans agrément. Ipse pr inceps in
suscipiendis muneribus, salutandis proceribus , confabulando rarius visis , compatiendo senioribus, con? gaudendo junioribus occupatus erat.
Adhélard représente toujours les évêques et les grands comme séparés avec soin de la multitude, qui assistait aussi, mais en dehors, à ces assemblées. Les termes, reliqua multitude , cœtera multitude, souvent répétés dans cette description, pourroient faire croire que la nation entière étoit encore admise à ces assemblées; mais avec un peu d'attention, il est aisé de re-