CHAPITRE XVI
le Bossu; enfant, il avait une face admirable, des cheveux blonds, un regard (in et noble qui indiquait son origine; mais il était mal fait de corps et tout contourné. Intrépide et trèsactif, il se jeta dans les plus hardies entreprises; comme il craignait de ne pas avoir sa part d'héritage, Pépin prépara une conjuration contre son père. Charlemagne , au retour de ses guerres en Pannouie, devait passer l'hiver en Bavière, lorsqu'il apprit que Pépin s'était uni de complot avec quelques grands de bi cour pour usurper sa couronne et obtenir partage. Cliarlemagne avait trop besoin de faire respecter son pouvoir encore contesté, pour ne pas punir un projet aussi hardi; Pépin, rasé dans une cour plénière, dut embrasser l'état ecclésiastique au monastère de Prtiym, tandis que ses complices, condamnés à l'exil, eurent les yeux crevés, comme cela se. pratiquait à la cour de Constantinople.
I,a grande lignée de Cliarlemagne se composa désormais de. trois (ils, tous trois associas à son oeuvre, et qui le secondèrent clans le développement 'le sa pensée politique. L'aîné est ce Charles ou Chariot dont parlent les chroniques et les romans de chevalerie; les barons cherchèrent à le rendre ridicule et odieux, parce qu'il fut le fils chéri du suzerain et un digne et fort soutien de Cliarlemagne ; sa vie fut courte, mais laborieusement occupée. Quelques documents le (ont (ils d'Uiklegarde,
CH ALLEMAGNE
d'autres disent que Charles fut seulement le bâtard de l'Empereur, issu d'une concubine. Il était né en 772, et à peine avait-il atteint sa douzième année qu'on le voit déjà suivre son père dans la guerre contre les Saxons. C'était le devoir de ces jeunes Francs, après leducation les batailles; il n'y avait point d'âge pour eux. Cet enfant lut de bonne heure glorieux; car, chef d'un corps d'Austrasiens qu'il menait de sa personne , il battit les Saxons. Pendant cinq ans il disparaît de la scène militaire, et les chroniques ne parlent de lui qu'alin de rappeler que sou père l'envoya dans le Maine pour régir ces peuples.
Maintenant le jeune Charles reparait dans les expéditions militaires; il suit Charletnague dans ses guerres contre les Huns : en Bavière, en Saxe constamment à coté de son père, partageant le repos de ses cours plénières et les fatigues des guerres, toujours le (ils de prédilection du suzerain, il l'accompagne à Rome, lorsque Charleinagne va recevoir la couronne impériale. Le pape le sacre roi comme il a oint la tète de l'Empereur. Désormais le jeune Charles prend ce titre. Partout dans les grandes missions ce (ils Charles est désigné, c'est lui qui va au-devant du pape Léon; Alcuin , le grand conseiller de toute la famille carlovingienne, lui écrit: „Ayez pour lidèles et leudes des gens sages, habiles, pieux, craignant Dieu, qui soient gouvernés par la vérité, non par