‹ Histoire de CharlemagneChapitre 104 sur 110 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

jeunes hommes de la race germanique; enfants, ils se trouvent aux batailles, c'est leur devoir; pour commander aux Francs, ils doivent braver tous les périls. Cliarleniagne a compris que ceux-ià étaient ses lieutenants naturels; qu'ils doivent entrer eu partage de sa pensée; mais il les fait surveiller; il craint toujours leur indépendance; il leur donne des tuteurs: des comtes francs marchent à leurs côtés; il leur écrit incessamment; aucun acte important ne se fait sans ses ordres. Dans des circonstances même il désapprouve leur conduite; il leur écrit en ternies dures et impératifs; Louis a nommé un comte qui lui déplaît, Clmrlemagne le destitue; Pépin ne se conduit pas selon son voeu, il lui nomme un tuteur; une autre Ibis, mécontent de la manière dont Louis administrait les finances du royaume d'Aquitaine, Cliarleniagne y envoya des commissaires pour recouvrer les biens du fisc. Un diplôme, daté de 795, fournit encore une preuve de, l'autorité que ce prince exerçait clans les Etats de ses enfants. Louis, roi d'Aquitaine, ayant concédé à un de ses leudes un terrain à défricher dans son propre royaume, le Franc lut obligé d'en obtenir la confirmation de Charleuiagiie, qui la lui accorda à la sollicitation du roi son fils. Partout ou voit apparaître cette surveillance de l'Empereur sur le gouvernement des siens; tous les esprits supérieurs sont ainsi faits;

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comme ils ont conçu une grande pensée, ils n'acceptent que rarement les conseils et jamais les résistances. Quand un homme sort du cercle d'idées qu'ils ont tracées, ils le brisent; quand une volonté s'élève contre eux, ils la secouent violemment. Toute grande intelligence ne vent que des instruments; elle ne supporte rien à côté d'elle et encore bien moins au-dessus d'elle.

Les filles de l'Empereur furent pins nombreuses que les (ils; elles habitaient dans ses palais sous sa garde, et Charlemagne se montra toujours très-tendre, très-affectueux pour ces jeunes femmes que les chroniques nomment ainsi: Rotrude, un moment fiancée à l'empereur Constantin Porphyrogénète , fut ensuite mariée à Horicon, comte du Maine; la seconde fut Berihe, qui épousa Angdbert*). On trouve encore dans les Chartres les noms de Théodrate et de Ihltrude, aussi fi 1 les de Charlemagne, abbesses d'Argenteuil et de Marmoulier. La plus célèbre parmi ces filles, celle qui a laissé de longues traces dans les souvenirs légendaires, lut [mina ou Emma, que la tradition donne pour amante et pour femme à Eginhard, l'historien, le chancelier de Charlemagne, le clerc attentif qui a recueilli les moindres actions de son seigneur.

*) Berihe fut la mère de l'historien Nilhard, qui a écrit les Annales de son temps.

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